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Marseille. Des remous autour du chantier de Notre-Dame-de-la-Garde, la mairie ciblée

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Le financement de travaux lancés pour la rénovation de la « Bonne-Mère » fait débat. Les collectivités, dont la Ville de Marseille, ont mis la main au portefeuille pour ce symbole de la cité phocéenne. La France insoumise, elle, s’insurge que de l’argent public soit consacré à cet édifice religieux, propriété du diocèse.

On fait le point.

40 t d’échafaudages et 30000 feuilles d’or

Le chantier, lancé en février, est prévu pour durer jusqu’à la fin de l’année. La fameuse Bonne-Mère qui surplombe toute la ville de Marseille est désormais ceinturée par 40 tonnes d’échafaudages. Entre autres travaux, un total de 30000 feuilles d’or va être utilisé pour redonner son éclat à la statue de la vierge à l’enfant.

Un chantier titanesque qui agite aujourd’hui la cité phocéenne. Son financement, en majeure partie par de l’argent public, est remis en question par La France insoumise.

1,7 million d’euros sur 2,8 au total

Des donateurs privés, des particuliers, mais aussi l’armateur CMA CGM du milliardaire Rodolphe Saadé, l’Olympique de Marseille ou encore le groupe Pernod Ricard ont mis la main à la poche pour ce symbole de la cité phocéenne. Mais sur les 2,8 millions d’euros nécessaires à sa rénovation, 1,7 million vient aussi des collectivités.

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Selon une délibération de la métropole Aix-Marseille-Provence du 14 novembre 2024, le plan de financement de ces travaux prévoit des subventions de près de :

  • 500000 euros de la part de la Métropole
  • 500 000 euros de la part du Conseil régional
  • 400 000 euros de la part du Conseil départemental
  • 300 000 euros de la part de la Ville de Marseille

Les « fonds publics » pour les « besoins de la population »

Une hérésie selon la branche marseillaise de LFI, pour qui « les fonds publics doivent aller à l’école, au logement, au transport, à la réponse aux besoins de la population ».

Et le maire de Marseille, la présidente de la Métropole et du conseil départemental ainsi que celui de la région en prennent pour leur grade. Jérôme Payan, Martine Vassal et Renaud Muselier sont accusés dans un communiqué de faire « pleuvoir l’argent public » sur cet édifice religieux qui n’est « ni classé, ni un bâtiment public ».

La basilique étant « la propriété du diocèse catholique ».

Basé « sur une loi du gouvernement de Vichy »

En l’état, « rien n’oblige donc à verser le moindre argent public […] alors que les besoins de la population […] sont immenses », souffle le parti des députés Manuel Bompard et Sébastien Delogu. En tout cas pas « la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État » sur laquelle la municipalité s’appuierait pour justifier sa subvention, selon LFI.

« Celle du 25 décembre 1942, du gouvernement de Vichy, collaborationniste avec les nazis, antisémite et raciste », poursuit le communiqué, permet bien, en revanche « le versement d’argent public pour le financement de ‘réparations aux édifices affectés au culte public qu’ils soient ou non classés monuments historiques’». « C’est donc une loi datant des heures les plus sombres de l’histoire », qui est utilisée, toujours selon le parti.

« Dans le cœur de chaque Marseillais »

De quoi déclencher une polémique à laquelle Martine Vassal n’a pas tardé à répondre : « Classée ou non », la basilique Notre-Dame-de-la-Garde « est inscrite dans le cœur de chaque Marseillais, de toutes les communautés, femmes, hommes et enfants », tranche la patronne LR de la Métropole et du département, dans un post sur X.

En attaquant la Bonne Mère, ce sont les Marseillais que vous attaquez. Votre communautarisme est écœurant. Vous ne respectez ni Marseille, ni la France.

Martine Vassal, s’adressant aux députés LFI

« L’annonce de la rénovation parlait initialement d’un financement de 100 % par des fonds privés. Il n’y avait donc pas besoin de financement public », rétorque Manuel Bompard sur le même réseau, tout en s’insurgeant des choix de l’élue.

« Pendant que Madame Vassal lance des accusations infamantes, le département vient de refuser l’augmentation légale du RSA sur la base de l’inflation. Et elle refuse d’assumer ses obligations vis-à-vis des mineurs isolés », pointe-t-il. Les coups fusent.

La question du « patrimoine de Marseille »

Du côté de la mairie, interrogée par actu Marseille, la subvention de 300000 euros « sera utilisée pour les travaux de rénovation et de mise en sécurité des espaces accessibles au public, s’inscrivant » bien, selon elle, « dans le cadre de la loi de 1905 ».

La somme « permettra de contribuer à la sauvegarde de la terrasse des 4 anges ainsi que la consolidation des terrasses basses », décrit-elle encore dans le détail, expliquant qu’elle est « engagée pour la préservation de son patrimoine culturel et historique ».

C’est là que LFI n’est pas d’accord : « Si l’on considère que la basilique fait partie du patrimoine de Marseille, alors le ministère de la Culture doit la classer comme monument historique », tranche Manuel Bompard. Si tel était le cas, il n’y aurait pas eu de polémique.

La Bonne-Mère classée en 2026 ?

En visite dans la cité phocéenne, le 16 janvier dernier, Rachida Dati avait bien fait des annonces en ce sens. La Bonne-Mère faisant partie d’une liste de 50 édifices marseillais dont le classement devrait être obtenu d’ici à 2026.

Sauf qu’à l’époque, le diocèse de Marseille ne semblait pas vraiment emballé par l’idée, un classement au titre des monuments historiques obligeant à respecter de nombreuses règles supplémentaires. « Aucune décision n’a encore été prise, soit pour accepter la proposition d’inscription ou pour la décliner », avait-il précisé.



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