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les auteurs de 80 cambriolages en fuite avant leur procès

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C’est un procès-fleuve qui se tenait ce jeudi 3 avril 2025 au tribunal judiciaire de Vannes. 79 vols ou cambriolages tous opérés par un duo de Géorgiens dans le centre Morbihan entre juillet et octobre 2022.

Malheureusement, notamment pour les victimes, au moment de commencer l’audience, la présidente est obligée de constater que les deux hommes… ne sont pas là.

79 affaires, 56 victimes

Alors qu’ils ont déjà fait un an de prison préventive entre octobre 2022 et octobre 2023, ils ont ensuite été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès. Et ont disparu dans la nature…

En leur absence, donc, au grand dam des victimes présentes sur les bancs du tribunal (voir encadré), l’affaire va être jugée. Il faut bien une grosse demi-heure à la présidente pour égrener le nom des victimes et les différentes affaires. Les deux hommes de nationalité géorgienne, prénommés Samsoni (28 ans) et Levan (52 ans) ont écumé le Morbihan et les Côtes-d’Armor : Pleugriffet, Colpo, Radenac, Evellys, Saint-Jean-Brévelay, Réguiny, Locqueltas, Moréac, Bignan, Muzillac, Guilliers, La Croix-Helléan, Loudéac, Plœuc-l’Hermitage, Merdrignac, La Trinité-Porhoët, Les Forges-de-Lanouée, Guillac, Trémorel, Josselin… Au total, 56 victimes ont été identifiées.

Ils dérobent des bijoux dans une chambre où dort une femme

À chaque fois le mode opératoire est le même : seul ou à deux, ils entrent par effraction et volent tout ! Télé, cafetières, denrées alimentaires, vaisselle, vêtements, téléphones, ordinateurs, alcool… Sur place ils mangent et boivent ce qu’ils trouvent, dégradent les lieux et siphonnent les réservoirs des voitures présentes.

« On se sent violée »

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Pire, ils n’hésitent pas à pénétrer dans les maisons même quand les propriétaires y sont. À plusieurs reprises ils sont mis en fuite par un chien ou un habitant. Une nuit ils déroberont même des bijoux dans la chambre d’une femme malentendante pendant qu’elle dort…

« Maintenant on a peur »

« On se sent violée » témoigne en pleurs à la barre une femme dont la maison de sa mère, décédée peu avant, a ainsi été dépouillée et souillée. « C’était comme si ma mère était morte une deuxième fois ». « Maintenant on a peur », confie une autre victime.

C’est en septembre 2022 que les gendarmes se lancent sur la piste des deux malfrats. Suite à une série de cambriolages (cinq dans la même nuit !) à Pleugriffet, un témoin a photographié la plaque d’immatriculation d’une Peugeot 406 suspecte. Elle est enregistrée au nom d’Evan et les enquêteurs commencent alors une investigation minutieuse.

« Ils ont tout pris et ils ont vidé le congélo »

« J’aurais bien voulu les voir ». Maryvonne est venue avec son mari au tribunal pour mettre un visage sur ces deux voleurs qui ont pillé leur maison. « Je me souviens très bien, on était parti un jour et demi et, quand on est arrivé je me suis dit : c’est bizarre le portail est ouvert ».

Dans leur maison de Pleugriffet, c’est le capharnaüm. « Ils ont tout pris. Des blousons en cuir, un vélo, un sèche-cheveux, la télé, les ordis, des bouteilles, tous les bijoux de ma mère, des boutons de manchette en or… Et ils ont vidé le congélo ! »

Et les cambrioleurs ont mangé sur place. « Des glaces ! Et ils ont bu des bières et du whisky. Mais surtout ils ont pris le costume de notre gars ». Le costume de leur fils qui venait de se marier. « Ils ont même piqué le jogging de mon mari avec le logo de son club de foot ».

Après la longue enquête de gendarmerie, Maryvonne a été convoquée chez les gendarmes. « Il y avait deux garages entiers remplis d’affaires volées. Mais on n’a rien retrouvé à nous sauf une chemise… »

Aujourd’hui Maryvonne a peur. Le couple de retraité a fait installer une alarme. « C’est cher et on a une petite pension ». Le tribunal leur a accordé 2 000 euros au titre du préjudice moral.

Traces ADN

Le téléphone du suspect est tracé et au fil des endroits où il a borné les gendarmes listent des précédents cambriolages. Rapidement ils identifient le second complice et poursuivent leur surveillance grâce à laquelle ils mettent à jour deux lieux où les cambrioleurs stockaient une partie de leur butin.

Le 19 octobre 2022 c’est la fin de l’aventure pour les deux hommes qui sont interpellés et placé en garde à vue. Après avoir nié les faits, ils avouent rapidement leurs vols, confondus par leurs téléphones et les traces d’ADN qu’ils ont laissé un peu partout.

L’enquête, confiée à un juge d’instruction, va prendre du temps au vu de l’épaisseur du dossier. De ce fait, après un an de détention provisoire, les deux cambrioleurs sont libérés et placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur procès. Mais très vite ils ne répondront plus à leurs obligations et disparaissent.

« On est face à deux étrangers venus en France pour piller », dénonce la procureure qui réclame 4 ans de prison ferme avec un mandat d’arrêt.

Le tribunal les condamnera finalement à 3 ans ferme assortis d’une interdiction de territoire de dix ans. Les juges ont également fixé des indemnités, de quelques centaines à quelques milliers d’euros, au titre du préjudice moral des victimes. Ils pourront réclamer cette somme au Fonds de garantie des victimes qui devra se retourner vers les deux condamnés, si on les retrouve.



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