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Venu de Rennes voler un éleveur de l’Eure, un des « trois Averell Dalton » s’enfuit en chaussettes

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Vendredi 24 janvier, à 4 h du matin, trois hommes cagoulés font irruption au cri de « Police » dans la chambre de Fabrice*, un éleveur porcin bien connu de Sainte-Marie-d’Attez (Eure). Le fracas d’une massette contre un mur et les hurlements ajoutent à la sidération du moment. Surpris de trouver Rick *, un deuxième homme dans le lit de leur victime désignée, ce trio d’assaillants un peu bancal va vite regretter son expédition.

Un agresseur prend la fuite en chaussette

Rick* dort, harnaché d’un masque respiratoire contre l’apnée du sommeil. L’un des malfrats se rue sur lui pendant que les deux autres essaient d’immobiliser Fabrice avec des colliers de serrage tout en le menaçant d’une massette et d’un pied de biche pour lui faire avouer où est l’argent.

Dans un moment de relative accalmie, Rick obtient d’enfiler un pantalon pour guider les malfrats vers la porcherie où serait caché le pactole. Dans la confusion, il en profite pour sortir par une fenêtre afin d’alerter les gendarmes.

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Voyant la situation virer au fiasco, le plus grand des agresseurs sort de la pièce. La victime, au physique de lutteur, s’empare d’un portemanteau à la façon d’une lance et met en fuite le deuxième forban. Quant au dernier, il s’enfuit en chaussettes, ayant perdu ses chaussures dans la bagarre.

Mais où est donc passée la voiture ?

Voilà nos trois voleurs en déroute, perdus dans une campagne qu’ils ne connaissent pas. L’un parti à l’est, l’autre à l’ouest et le troisième en chaussettes au milieu de nulle part. « Là il n’y avait plus de plan », avouera Guy en garde à vue. Tous trois sont incapables de retrouver la voiture supposée les attendre et qu’une patrouille de gendarme a mis en fuite. L’équipe de Pieds nickelés est arrêtée quelques instants plus tard.

Pris à la gorge, il accepte le coup

Lundi 24 mars 2025 au tribunal d’Evreux (Eure), depuis le box des prévenus, Robert, 41 ans, le crâne hérissé de tresses minuscules en petits tire-bouchons et cerveau autoproclamé de l’affaire, explique être sorti de prison en octobre 2024. Jusqu’à la fin janvier, il reste à purger au Rennais trois mois sous bracelet électronique.

Sans travail et sans argent, il est pris à la gorge lorsqu’un ami gitan lui présente une affaire. Dans l’Eure, il se dit qu’un éleveur de porcs vend des cochons au noir. Avec ce trafic, il se ferait beaucoup d’argent, aux dires de l’indicateur. Ce qui n’est que pure supputation. L’idée fait son chemin dans le cerveau en fusion de Robert.

Un commando avec massette, pied de biche…

Le plan est simple. Un coup de pression et on s’empare du magot. L’éleveur n’osera pas porter plainte, puisque c’est de l’argent illégal. CQFD. Il faut faire nombre. Anthony, 44 ans, entre dans la boucle. Issu de la communauté gitane, l’homme, au RSA, a besoin d’argent. Il est vrai que sa fille de 14 ans a des goûts dispendieux. Avec Guy, 48 ans, 1,90 m, un ancien des forces spéciales qui a fait l’Afghanistan, l’affaire est dans le sac, pense le stratège.

Finalement, dans la nuit du 23 au 24 janvier, le commando armé d’une massette, d’un pied de biche et des colliers de serrage fait route depuis Rennes jusqu’à Sainte-Marie-d’Attez à bord d’une Peugeot 208 conduite par une certaine Virginie. Un périple de 300 km pour un résultat pitoyable.

« Ça aurait fini en carnage »

Les victimes ne sont pas prêtes à sourire. « Nous avons été terrorisés. Le chef de la bande, ce Robert, il était à califourchon sur moi », explique l’éleveur à la barre.

Avec la massette, il me donnait des petits coups sur la poitrine puis l’appuyait sur mon masque et le visage. J’ai des marques. Il hurlait, ‘Où est l’argent ? Où est l’argent ?’ L’ancien militaire, c’était le plus calme. Il était en retrait. Sans lui, ça aurait fini en carnage, Heureusement que je me suis enfui par la fenêtre pour alerter les gendarmes

Rick*

Lorsqu’il revit à la barre la scène à la barre, on le sent encore très traumatisé.

« Un complot qui ressemble à une commande »

En garde à vue, Robert, semblait, lui, désolé de ce fiasco. « Je suis très déçu par Guy. Il m’a laissé tomber. Avec Anthony, c’est des incapables. » Avec le recul, Guy ne s’explique pas comment il a pu se retrouver embarqué dans cette histoire. Il n’a pas besoin d’argent.

Une succession de mauvaises décisions, conclut-il. J’ai honte

Robert

Selon le parquet, les prévenus ne sont que la partie émergée « d’un complot qui ressemble à une commande ». Le substitut du procureur, Théo Touzeau, ne croit pas un instant à une escapade improvisée. Sans état d’âme pour des agresseurs qui encourent dix ans de prison et vingt en récidive. Il requiert huit ans de prison ferme pour Robert, six ans pour Anthony et cinq ans pour Guy, jamais condamné, dont le rôle est plus effacé.

Les trois Averell Dalton restent en prison

Me Jérémy Kalfon trouve la note un peu salée pour les trois compères, qu’il compare à trois Averell Dalton, ce personnage de bande dessinée un peu neuneu. Il est vrai qu’en ce qui concerne le cerveau autoproclamé de la bande, la comparaison est tentante. Pour Me Mehdi Mokhtari, ce sont Les Pieds Nickelés, Croquignol, Filochard et Ribouldingue.

Après délibération, les prévenus sont jugés coupables. Robert est condamné à six ans de prison ferme, Anthony à quatre ans et Guy à trois ans. Le maintien en détention s’applique pour les trois. De son côté, Virginie court toujours.

* Il s’agit de prénoms d’emprunt.



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