Home Faits Divers le meurtre d’un notaire place Napoléon

le meurtre d’un notaire place Napoléon

51
0


Au commissariat de police de Cherbourg, un passant prévient la brigade de nuit qu’un homme gît sans connaissance sur le trottoir de la place Napoléon, en face de l’église de la Trinité.

A l’hôpital Pasteur où les policiers et les pompiers ont emmené le blessé, l’interne de garde diagnostique une fracture du crâne et de nombreuses lésions sur le corps. Le lendemain matin, constatant l‘aggravation de l’état de l’homme, les médecins cherbourgeois décident de le faire évacuer en hélicoptère vers le CHU de Caen.

De leur côté, les policiers cherbourgeois interrogent le témoin qui les a prévenus la veille pour tenter d’en savoir plus. Car pour l’instant, l’identité de la victime reste un mystère. Quant on l’a relevé sur le parvis de la Trinité, il n’avait pas de papiers, pas d’argent, pas de bijoux sur lui. Juste un trousseau de clés de voitures et un ticket de cinéma. Rien qui permette de l’identifier.

Direction le Cercle naval, devant l’entrée duquel les agresseurs se trouvaient quand ils ont aperçu Jacques Lauvrières. © Archives La Presse de la Manche

Enfin identifié

Au commissariat de police de Cherbourg, le téléphone retentit. Une habitante de Saint-Sauveur-le-Vicomte s’inquiète de la disparition de son fils. Aux policiers qui l’interrogent, elle répond que son fils, Jacques Lauvrières, notaire à Saint-Sauveur, 39 ans, est allé la veille à Cherbourg mais qu’il n’est pas rentré : elle commence à s’inquiéter.

Les policiers font vite le rapprochement avec la victime de l’agression de la place Napoléon. Sachant le modèle, la couleur et le numéro d’immatriculation de la voiture du notaire (grâce aux renseignements donnés par sa mère), ils patrouillent en ville et retrouvent la voiture garée rue Albert-Mahieu, portières fermées. Les clés retrouvées sur le corps de l’homme de la Trinité, permettent de les ouvrir. On vient enfin d’identifier Jacques Lauvrières.

Jacques Lauvrières succombe à ses blessures

A Saint-Sauveur et Cherbourg, les enquêteurs reconstituent alors soigneusement l’emploi du temps de Jacques Lauvrières. Il a travaillé le matin à son étude de Saint-Sauveur, puis a pris sa voiture pour se rendre dans l’après-midi à Cherbourg où il a fait quelques achats. Il est revenu dîner chez lui à Saint-Sauveur, puis est reparti à Cherbourg pour aller au cinéma. Il a ensuite bu un verre dans un bar du quai de Caligny avant de se retrouver place Napoléon.

La suite de l’histoire, on la connaît… sauf que pour l’instant, on ne sait pas encore qui a agressé Jacques Lauvrières et pourquoi ? Une agression requalifiée en meurtre : dans la journée du 2 février au CHU de Caen, Jacques Lauvrières est mort de ses blessures.

Place Napoléon, le film de la reconstitution du meurtre de Jacques Lauvrières, avec ses deux agresseurs.
Place Napoléon, le film de la reconstitution du meurtre de Jacques Lauvrières, avec ses deux agresseurs, photographiés à la sortie du « panier à salade ». © Archives La Presse de la Manche

Un duo d’agresseurs

Mais au cours de l’enquête qu’ils mènent dans les bars et restaurants de Cherbourg, les policiers cherbourgeois sont appelés en urgence rue de la Paix. Devant le bar Le Domino, une bagarre vient d’opposer plusieurs jeunes hommes : un fusilier-marin a été sérieusement blessé de deux coups de couteau à l’aisselle et l’abdomen.

François, son agresseur, jeune homme de 20 ans, est rapidement arrêté de même que plusieurs autres protagonistes de la rixe. Lors des vérifications d’usage, les policiers découvrent par hasard au poignet d’un des acolytes de François, une gourmette au nom de Jacques. Et les policiers savent que qu’on a volé à Jacques Lauvrières sa gourmette. La garde à vue est prolongée… et au bout de quelques heures, le jeune François lâche le morceau. Oui, c’est lui qui a agressé Jacques Lauvrières, en compagnie de Pascal, 19 ans, marin d’État.

Pour « s’amuser »

Que s’est-il passé exactement ? Le notaire s’est vraisemblablement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, tombant sur la bande de François et Pascal, désœuvrés, plus ou moins imbibés d’alcool, et qui avaient envie de “s’amuser” (c’est le terme qu’ils emploieront devant les policiers).

Roué de coups par François, Jacques s’est effondré rapidement sur le trottoir. Puis François est revenu à la charge accompagné de Pascal, et les deux voyous ont continué à massacrer Jacques et à le détrousser.

Huit ans de prison…

A quelques mètres de là, aux premières loges du spectacle, le reste de la bande (même âge que les deux autres, marins ou appelés) n’a pas levé le petit doigt pour dire stop et mettre fin au calvaire de Jacques. Et en conclusion de ses aveux aux policiers, François enfonce le clou : « j’étais content de l’avoir séché »

Aux Assises, on découvre une bande de jeunes oscillant entre petite délinquance, inconscience et violence. François prendra 8 ans de prison, le reste de la bande des peines avec sursis pour non-assistance à personne en danger.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here