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Mohamed Amra saisit la justice à Caen

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C’est l’un des détenus les plus célèbres de France. Mohamed Amra, arrêté le 22 février en Roumanie, près d’un an après son évasion qui avait coûté la vie à deux surveillants pénitentiaires, au péage d’Incarville (Eure), le 14 mai 2024, est incarcéré depuis le 26 février à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne). « Il se trouve en quartier disciplinaire pour trente jours », souligne Pascal Vion, le directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Ouest. Il doit quitter ce quartier de haute sécurité ce jeudi 3 avril.

Il saisit le tribunal administratif de Caen

Lundi 31 mars, Mohamed Amra a saisi le tribunal administratif de Caen (Calvados). L’audience en référé (urgence) s’est tenue ce mercredi 2 avril 2025. Prétendant avoir été agressé par des surveillants, une semaine plus tôt, il réclame que les images de vidéo-surveillance soient conservées. Aussi bien celles situées dans les coursives de la prison que celles des caméras-piétons des surveillants. « Celles-ci ne sont encore en fonction, a précisé Florence Petit-Dequeker, la cheffe de mission droit et expertise juridique de l’administration pénitentiaire, devant le juge caennais. Les formations pour les surveillants sont en cours ». 

Quartier disciplinaire et régime individualisé

Outre son placement à l’isolement, Mohamed Amra fait aussi l’objet d’une « gestion individualisée » au vu de son profil et des faits qui lui sont reprochés. À ce titre, il doit être menotté dès qu’il met un pied hors de sa cellule. Ce jour-là, l’incident serait survenu au retour de la promenade.

Au moment de rentrer dans sa cellule, il a refusé que les surveillants lui enlèvent les menottes. Ils ont donc dû entrer dans la cellule pour les lui ôter, mais il s’est rebellé. Ils ont dû le mettre au sol pour le démenotter.

Pascal Vion, directeur interrégional des services pénitentiaires

Selon la version de l’administration, Mohamed Amra se serait volontairement tapé contre une porte, avant de se plaindre de douleurs à la cheville et au bras. Le médecin de l’établissement n’a pas constaté de fracture mais lui a, par précaution, prescrit une attelle puis un plâtre en résine au niveau de la cheville.

Il estime que c’est « une atteinte grave à un droit fondamental »

Mohamed Amra et son avocat, qui n’étaient présents ni l’un, ni l’autre devant le tribunal administratif de Caen, estiment que la « non-réponse » de la part de la direction de l’établissement ornais à leur demande représente une « atteinte grave à un droit fondamental ».

« Les images sont à sa disposition »

L’administration, de son côté, s’estime dans son bon droit. « Il n’a pas fait cette demande auprès de nous, mais auprès du juge d’instruction qui suit son dossier, explique Florence Petit-Dequeker. Quand nous en avons eu connaissance, nous avons extrait les images pour les conserver ». En temps normal, les images des caméras de la prison de Condé-sur-Sarthe sont écrasées au bout de 96 heures. Cette fois, elles ont été enregistrées sur un disque dur externe, entreposé dans un coffre-fort. « Elles sont à disposition de M. Amra et de son avocat ».

Le juge des référés, comme c’est le cas dans ce type de procédure, doit rendre sa décision « le plus vite possible ». 

« Il est dans la provocation »

Pour Pascal Vion, ce recours n’est que le premier d’un « processus », intégré dans la « stratégie » de la défense de Mohamed Amra. « Il sature de son régime individualisé et est incité par d’autres détenus à provoquer des incidents. Il a une démarche de provocation vis-à-vis du personnel », avance le directeur des services pénitentiaires du Grand Ouest. 

Une stratégie qui n’étonne pas l’administration, alors que la prison de Condé-sur-Sarthe a été retenue pour accueillir, à partir de la mi-octobre 2025, les narcotrafiquants les plus dangereux.



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