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Peut-on parler de « submersion migratoire » comme l’insinue François Bayrou ? Ce que disent les chiffres

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« Le sentiment d’une submersion. » La phrase de François Bayrou prononcée à propos de l’immigration sur LCI lundi 27 janvier 2025 continue de faire parler.

Depuis, les réactions fusent. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a condamné ces propos. Le PS a stoppé les négociations sur le budget pour marquer son désaccord.

Le Premier ministre avait également déclaré le même soir : « Les apports étrangers sont positifs pour un peuple, à condition qu’ils ne dépassent pas une certaine proportion. » Si l’on parle de proportion, on parle de chiffres. Pas de sentiment. Alors que disent les chiffres de l’immigration en France ? actu.fr s’est penché sur la question.

10,7 % de la population française est issue de l’immigration

En août 2024, l’Insee a publié ses dernières statistiques sur les chiffres de l’immigration en France, qui se fonde sur les données de 2023.

En 2023 donc, la France comptait 7,3 millions d’immigrés, soit 10,7 % de la population totale. Parmi eux, 2,5 millions ont acquis la nationalité française.

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Ensuite, on peut parler de la population étrangère, soit les immigrés n’ayant pas la nationalité française ainsi que les personnes nées en France de nationalité étrangère. Cela représente 5,6 millions de personnes, soit 8,2 % de la population totale.

Dans le détail, on compte 4,8 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et 800 000 personnes nées en France de nationalité étrangère.

La population immigrée augmente, car il y a plus de femmes

C’est un fait, depuis le début des années 2000, la population immigrée augmente en France, comme le montrent ce graphique.

Si le graphique ne s’affiche pas correctement, cliquez ici

Mais cette évolution n’a pas été régulière et dépend d’éléments extérieurs. Par exemple, jusqu’au milieu des années 1970, l’immigration était majoritairement une immigration de travail, et ce sont majoritairement des hommes qui arrivaient en France.

Depuis cette date, la part des femmes parmi les flux d’immigration a crû, qu’il s’agisse de regroupement familial ou de migrations pour d’autres motifs (suivre des études, trouver un emploi, etc.). En 2023, 52 % des immigrés vivant en France sont des femmes, contre 44 % en 1975 et 45 % en 1946.

Insee

Une population concentrée en Île-de-France et dans les départements frontaliers

En bon homme du Centre, François Bayrou avait voulu temporiser ses propos. Il avait alors dit que ce « sentiment de submersion » ne concernait que certains quartiers, certaines villes. Et il avait notamment insisté sur Mayotte et la Guyane.

Ça tombe bien, l’Insee recense aussi comment est répartie sur le territoire la population immigrée. À noter que cette enquête a été faite en excluant Mayotte. D’autres territoires d’Outre-Mer n’y figurent pas « pour des raisons de précision » : « Les départements où les effectifs enquêtés sont insuffisants ne sont pas diffusés. »

Ceci étant dit, selon les conclusions de l’Insee, « les immigrés sont surreprésentés dans les grandes agglomérations urbaines, en particulier en Île-de-France ».

En moyenne sur les années 2020 et 2021, alors qu’à l’échelle nationale, 10 % de la population est d’origine immigrée, ils représentent 20 % de la population parisienne, et près d’un tiers de la population de Seine-Saint-Denis.

Insee

Les départements frontaliers comptent aussi une plus forte proportion d’immigrés que la moyenne nationale. Tandis que « les départements du nord-ouest et du centre de la France comptent une proportion d’immigrés plus faible ».

Alors oui, la population immigrée en effet plus concentrée que la population totale : « 13 départements (les plus denses) regroupent la moitié de la population immigrée, alors qu’il en faut 23 (les plus denses) pour regrouper la moitié de la population nationale », chiffre l’institut de la statistique.

La France, loin derrière ses voisins européens

Dans de nombreux domaines, on aime se comparer. Notamment à nos voisins européens. Alors, c’est ce que l’on va faire pour se rendre compte de ce que représente la part de l’immigration dans la population totale en France.

On trouve cela dans les données d’Eurostat, l’institut européen de la statistique. Il a publié une enquête sur « la diversité de la population de l’Union européenne selon la nationalité et le pays de naissance », en se fondant sur des chiffres de 2022.

On y apprend que la part de population immigrée dans la population totale de l’Union européenne est de 11,4 pour 1 000 habitants.

La France se situe en dessous de la moyenne européenne, avec 6,3 pour 1 000 habitants. Elle se situe en 25ᵉ position sur 27 États.

À titre de comparaison, la plus faible proportion revient à la Slovaquie, avec 1 pour 1 000 habitants. La proportion la plus haute revient à Malte, avec 65,8 pour 1 000 habitants.

Et comme on se compare souvent à notre voisin germanique, l’Allemagne compte une proportion de population immigrée dans sa population totale de 24,7 pour 1 000 habitants. Soit en 9e position.



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