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Le gestionnaire d’une crèche à Agen mis en examen après le décès du petit Baptiste âgé de 5 mois

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Près de 2 ans et demi après le décès du petit Baptiste, alors âgé de 5 mois, au sein de la crèche Yakari à Agen, en Lot-et-Garonne, le 25 juillet 2022, l’affaire a connu une avancée significative sur le plan judiciaire.

Le 29 novembre 2024, l’Union départementale des associations familiales (UDAF 47), gestionnaire de l’établissement situé à côté de l’hôpital d’Agen, a été mis en examen pour homicide involontaire par un juge d’instruction.

Des « responsabilités en cascade » dans la mort du petit Baptiste à Agen

« C’est une avancée majeure », reconnaît Sylvia Goudenege, avocate chargée de la défense des parents. « Cela veut en effet dire que le juge d’instruction reconnaît qu’il y a des indices graves et concordants justifiant cette mise en examen. » 

Depuis le décès de leur bébé, Marie Arderiu et Jean Champion n’ont cessé de pointer des manquements dans la surveillance des enfants au sein de la crèche. « Pour nous, il y a plusieurs responsabilités en cascade« , poursuit l’avocate. « Que le juge parte du haut de la chaîne des responsabilités, c’est un signe fort. » 

Pour les parents, qui s’avouent « détruits » par la mort de leur enfant, il s’agira avant tout d’obtenir des réponses aux questions qu’ils posent depuis maintenant 2 ans et demi, alors que l’autopsie concluait à la mort subite du nourrisson. « On s’est battus pour en arriver là mais le chemin est encore long », souffle Jean Champion, le père de Baptiste. 

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Le médecin urgentiste qui était intervenu auprès de leur fils, avait déjà pointé des dysfonctionnements. « Quand l’enfant a été retrouvé, il était mort depuis une heure ou deux« , rappelle maître Goudenege. « Comment personne ne s’en est aperçu avant ? Comment s’est-il retrouvé sur le ventre ? »

Le petit Baptiste n’aurait pas été nourri par la crèche la matinée de son décès

De nouveaux éléments sont également apparus au cours de l’enquête. « À 9h, Baptiste n’avait pas été nourri alors qu’il aurait dû l’être », affirme l’avocate. « Après le drame, nous avons eu le témoignage d’une mère qui nous a dit que son bébé de 8 mois n’avait pas été nourri de la journée. » 

Pour Marie Arderiu, mère de Baptiste, le déroulement de la matinée reste flou. « J’ai été contacté à 10 h 56 car j’avais demandé un changement de planning. J’en ai profité pour demander des nouvelles mais on n’a pas su me dire s’il avait mangé et à quelle heure il avait été recouché. Ils sont allés le voir peut-être 2 minutes après. C’est peut-être mon ressenti de mère qui a demandé cet appel. » 

Baptiste faisait ce jour-là son retour à la crèche, après 15 jours d’absence. « Est-ce qu’on se souvenait qu’il était là ? Depuis 6 h, quand il est arrivé, jusqu’à 9 h, on ne sait pas trop qui a fait quoi dans la crèche. Les enfants étaient surveillés uniquement par baby-phone, ce n’est pas comme cela que ça doit fonctionner. » 

Selon les parents et les avocats, c’est une question de « conscience professionnelle », les effectifs de 4 auxiliaires du puériculture étant suffisants pour encadrer les 9 enfants présents ce jour-là. « Les formations précisent bien qu’il faut aller voir les enfants toutes les 15 minutes. Et la loi impose que des fiches de surveillance de sieste soient remplies pour en attester. » 

La gestion des crèches déjà pointée dans plusieurs affaires

Ces fiches auraient été mises en place après le drame. Bien évidemment trop tard pour les parents de Baptiste qui veulent désormais que « des gens reconnaissent leurs fautes et leurs défaillances. » 

L’actualité récente a remis le sujet de la surveillance en crèche sur le tapis. Publié en septembre 2024 par Victor Castanet, le livre « Les Ogres » avaient révélé des défaillances dans des crèches privées. Ce 22 janvier 2025, un procès se tenait à Lille après la mort d’un nourrisson dans son sommeil, survenue en 2013. 

Les parents de Baptiste, eux, ne veulent pas servir d’exemple. « On se bat pour Baptiste avant tout. Si les gens veulent ensuite faire avancer les choses c’est tant mieux », martèle Marie, soutenue par son compagnon : « Ce qui me met en colère, c’est que les gens qui étaient là ce jour-là, sont encore en activité. Personne n’a été mis à pied. » 

Parents et avocats espèrent maintenant que la chaîne de responsabilités puissent découler vers de nouvelles mises en examen avant, l’espèrent-ils, la tenue d’un procès. Le petit Baptiste, lui, aurait eu 3 ans le 11 février 2025.



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