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des hommes cagoulés ont pénétré chez lui

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Une image vaut mille mots, c’est pourquoi Jordan n’a pas réfléchi très longtemps avant de passer un cap courageux : poster son visage tuméfié sur le réseau social X. C’est ainsi, défiguré, que l’ont laissé les trois hommes qui ont pénétré chez lui dans la nuit du 26 mars à Lille (Nord). Quelques heures auparavant, l’un d’eux avait tout mis en oeuvre pour gagner la confiance de Jordan, dans le but d’être invité dans son appartement. Le piège s’est refermé sur le Lillois, âgé de 30 ans, qui dit avoir pourtant toujours fait preuve d’une grande prudence, en raison de son homosexualité. Il le sait, il est plus exposé au danger, mais il n’aurait jamais cru un jour être le réceptacle d’une telle violence. L’un des agresseurs présumé a été appréhendé. Récit d’une nuit de terreur.

Jordan, agressé chez lui à Lille : « Il y avait trois individus cagoulés qui étaient entrés »

Le 25 mars dernier, Jordan rencontre cet homme à Lille, à qui il fait confiance. Tous deux se rendent dans son appartement, mais l’invité part précipitamment, laissant le jeune homme confus. C’est en allant se coucher qu’il se rend compte qu’il a perdu, dans la soirée, son téléphone et ses clés.

Pensant que ses effets personnels ne sont pas bien loin, il s’assoupit. En réalité, et c’est là que le guet-apens s’est enclenché, c’est le fameux inconnu de la soirée qui a tout emporté avec lui. Dans le but de revenir, et avec des complices. « Deux, trois heures plus tard, j’ai été surpris dans mon sommeil« , se remémore courageusement Jordan, à qui l’on a aujourd’hui diagnostiqué un choc post-traumatique.

Il y avait trois individus cagoulés qui étaient entrés chez moi. Ils ont décroché tous mes cadres, en me demandant où était le coffre. Ils étaient persuadés que j’avais un coffre, comme dans les films.

Jordan, victime d’une agression dans son appartement à Lille

Réalisant qu’ils se méprennent sur l’existence d’une telle planque, les intrus se mettent à convoiter son téléphone. « Ils ont commencé à me frapper, et à me lancer des ‘Donne le code, pédé‘ », relate le trentenaire. Il crie à l’aide, malgré la pluie de coups qu’il reçoit exclusivement au visage, et heureusement son cauchemar tourne court. Ses voisins l’entendent, les individus prennent la fuite, le téléphone et le code pour le déverrouiller en leur possession.

« Comme s’ils étaient motivés par la haine »

Les pompiers et la police ne tardent pas à arriver sur les lieux. Jordan détaille tout ce qui lui est arrivé. Le fait que ses agresseurs ne lui parlaient pas beaucoup, si ce n’est pour lui proférer des injures à caractère homophobe, ni se parlaient entre eux, comme pour laisser le moins d’indices possible sur leurs identités.

Le Lillois en est en tout cas convaincu : il a été pris pour cible, dès le départ par le premier homme qui l’a abordé, parce qu’il était homosexuel. Sans doute le groupe s’attendait-il à ce qu’il oppose une résistance moindre, « cela véhicule les clichés j’en suis conscient, mais je le pense ».

Ils ont vraiment insisté sur le visage quand ils m’ont frappé, comme s’ils étaient motivés par la haine. Alors que le code de mon téléphone, je leur aurais donné facilement, ils étaient trois, je ne pouvais rien faire contre eux.

« L’homophobie du quotidien, elle existe toujours »

Très rapidement, le matin qui suit la nuit de l’agression, l’un des trois agresseurs présumé est interpellé. Il a été géolocalisé grâce au portable de Jordan qu’il avait gardé sur lui. Il a depuis été déféré devant le tribunal de Lille. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ses deux complices seraient toujours dans la nature.

Jordan consulte l’historique bancaire sur l’application dédiée et apprend qu’une tentative de virement – échouée – a été faite en direction de l’Espagne. 3 000 €, autrement dit une fortune pour le jeune homme. Puis des dépenses, bien prises en compte celles-là, d’une centaine d’euros dans des établissements lillois.

C’est une fois rentré chez lui, après être passé aux urgences et avoir fait toutes les démarches auprès des autorités, qu’il a comme un électrochoc. « Je me suis vu dans le miroir, et j’ai décidé de publier un message sur ce que ça pouvait faire, d’être homosexuel en France en 2025. » Le post enflamme X, et fait l’objet, sans trop de surprise, de récupération de part et d’autre du spectre politique. 

« Ce n’est pas une démarche militante, précise Jordan. Il y a beaucoup de gens qui m’ont soutenu, d’autres qui m’ont dit que ça ne me serait pas arrivé si j’avais ‘bien’ voté. » Il préfère ne pas répondre à ces derniers internautes, qui entachent tout à fait la portée du message qu’il a voulu envoyer. « Ce que j’ai voulu dire avec ma photo, c’est que l’homophobie du quotidien, elle existe toujours, malgré les combats gagnés ces dernières années, comme le mariage. »

L’enquête se poursuit pour retrouver les deux autres agresseurs.



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