Mardi 25 mars 2025, Gabriel*, un homme de 35 ans, a dû rendre compte de deux délits à la barre du tribunal correctionnel de Caen (Calvados) : corruption de mineure (de 2012 à 2013) et détention d’images à caractère pédopornographique (de 2004 à 2024), ceci à Mondeville et à Hérouville Saint-Clair.
L’affaire est peu banale. Elle débute par une plainte pour viol qui n’aboutit pas, mais qui donne lieu à une perquisition et à l’exploitation du matériel informatique de Gabriel. De nombreux fichiers à caractère pédopornographique y sont découverts.
« Rapports sexuels virtuels »
Au début des années 2010, Adèle* (16 ans) et Gabriel (23 ans) se rencontrent sur un forum et commencent par discuter de jeux vidéos. Puis des liens se seraient créés, jusqu’à ce qu’ils parlent sexualité. Adèle confie :
On a commencé à avoir des échanges sexuels virtuels. On se masturbait en se filmant par webcam. On l’a fait très souvent.
En 2015, Adèle a 18 ans et se sent mal dans sa peau. Elle désire rencontrer Gabriel pour avoir une discussion. Restant dormir chez lui, elle aurait été réveillée par la main du jeune homme dans sa culotte. « Je ne sais pas ce qui a pu se passer quand je dormais ». La jeune femme finit par porter plainte en 2022. Si le viol n’est pas avéré, Adèle réalise qu’elle a été par le passé victime de pédopornographie.
Importantes répercussions psychologiques
« Cette étape de l’audience pénale est nécessaire pour que la victime puisse se diriger vers la réparation, déclare l’avocate de la partie civile. Leurs rapports, c’était de la pédopornographie car elle était lycéenne et il ne pouvait ignorer sa minorité. Il avait instauré une domination sexuelle« . Adèle présenterait des répercussions psychologiques importantes avec de la culpabilité et des manifestations psychosomatiques. Une expertise est sollicitée avec une provision de 8 000 euros.
Le procureur rappelle que, lorsqu’ils se rencontrent en 2015, elle est âgée de 18 ans.
Elle était donc mineure avant. Même si on est amoureux, on n’a pas le droit de faire n’importe quoi avec une mineure quand on est un adulte. L’inciter à la masturbation, c’est de la corruption.
« Dans corruption, il y a corrompre »
L’avocat de la défense rebondit en plaidant la relaxe. « Dans corruption de mineure, il y a corrompre, avance-t-il. Or ici, la relation a évolué petit à petit jusqu’à des échanges à connotation sexuelle« . Quant à la pédopornographie, pour l’avocat, son client est « tombé dessus sans qu’il y ait eu recherche », il s’agissait surtout de pornographie adulte.
Si l’homme est finalement relaxé pour corruption de mineure, il écope de huit mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques et a interdiction d’activité avec des mineurs durant trois ans. Il n’y a pas inscription au FIJAIS, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles, étant donné l’ancienneté des faits et le comportement désormais sans problème du mis en cause. La demande d’indemnisation de la plaignante est donc rejetée.
*Prénoms d’emprunt.
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