Home Faits Divers suspecté d’être un vendeur, un homme finalement relaxé

suspecté d’être un vendeur, un homme finalement relaxé

15
0



Trois individus ont été interpellés au cours d’une opération anti-stups, lundi 24 mars, dans le quartier de Perseigne à Alençon (Orne). L’un n’a pas fait l’objet de poursuites, un autre a été condamné pour port d’arme blanche, et le troisième était jugé, vendredi 28 mars, par le tribunal correctionnel d’Alençon. L’homme âgé de 28 ans était suspecté d’être un vendeur depuis plus d’un an.

Arrêté dans un appartement de repli

Dans l’immeuble situé au 9 rue Victor-Hugo, l’un des points de deal du quartier, une saisie « sans précédent » de crack a été réalisée. Au premier étage, un chien de l’équipe cynophile en a déniché 315 grammes dans un petit local technique.

Juste à côté, dans un logement squatté, les policiers ont arrêté le prévenu, identifié comme l’homme qui avait pris la fuite à leur arrivée et tenté de freiner leur progression en jetant un charriot. Il portait une cagoule et a d’abord décliné une fausse identité. « J’ai eu peur des policiers. Je suis sans papiers », a-t-il justifié dans un français approximatif, accompagné durant l’audience par une interprète. Il est arrivé de Tunisie en 2022.

Il venait chercher sa conso

Des pipes à crack, des emballages vides et un couteau ont été récupérés à l’intérieur de l’appartement. « Tout l’attirail d’un charbonneur », dixit Romuald Dano, président de l’audience. Mais, selon le prévenu, ces affaires ne lui appartenaient.

L’homme de 28 ans, habitant du quartier de la Croix-Mercier, a prétendu être au mauvais endroit au mauvais moment. Consommateur de régulier de cannabis, il aurait fait le déplacement pour « gratter » un peu de drogue. À l’arrivée des policiers, alors qu’il se trouvait dans le hall de l’immeuble, il aurait paniqué. « J’ai entendu crier. J’ai couru dans les escaliers et j’ai essayé de me cacher dans l’appartement. Je ne savais pas ce qu’il y avait dedans. »

Vidéos :

Pour le Parquet, cette histoire ne peut pas être une pure coïncidence. « Il se trouvait à l’entrée du point de deal et, comme par hasard, il ne se replie pas dans le premier logement venu mais dans un lieu dédié au conditionnement », a estimé Amandine Bogaert, substitut du procureur.

« C’est impossible qu’il soit capable de subvenir à sa consommation importante de stupéfiants. Ses seules ressources sont celles de sa compagne », a-t-elle poursuivi, s’appuyant également sur les photos d’hommes cagoulés avec des liasses de billets retrouvées sur le téléphone du mis en cause. Pour elle, le prévenu, sans être le « chef d’un réseau », reste un « maillon indispensable » d’un trafic.

« Le bouc émissaire parfait »

Mais, à l’exception de sa tentative de fuite et des photos douteuses, peu d’éléments incriminent le prévenu. Que ce soit sur lui ou lors de la perquisition à son domicile, aucune quantité de drogue ou d’argent n’a été découverte.

Pour Me Hemaz El Moujaddide, avocat de la défense, le dossier est « bancal sur le fond et la forme ». « C’est une opération coup de poing pour montrer que l’État et la justice poursuivent leurs actions pour freiner le trafic. Mon client est le bouc émissaire parfait. On ne sait pas s’il y avait d’autres individus à l’arrivée des policiers.»

Le prévenu présentait jusqu’ici un casier judiciaire vierge. « Ça fait trois ans qu’il habite à Alençon, il n’a jamais été vu dans le quartier », a abondé Me Hemaz El Moujaddide, alors que son client était poursuivi pour des faits de détention, offre, acquisition et usage de stupéfiants entre le 1er janvier 2024 et le 24 mars 2025.

Condamné uniquement pour usage de stupéfiants

Le Ministère public a requis une peine d’un an de prison avec mandat de dépôt. Le prévenu a été finalement relaxé pour les faits de détention, offre et acquisition. Condamné pour usage de stupéfiants, il a désormais l’interdiction de paraître dans le quartier de Perseigne durant trois ans.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here