Il faisait peine à voir l’an passé dans les sentiers de la Hague (Manche). Boitillant, la foulée heurtée et le visage décomposé, Thibaut Lécuru avait traîné sa misère tout au long des six heures de course.
Comme un symbole, il s’était fait chiper la dernière marche du podium par Christophe Lozac’h dans le dernier tour…
Une opération en septembre
C’est à la suite de cet épisode douloureux physiquement et mentalement qu’il a pris la décision de passer sur le billard pour en finir avec ce syndrome d’Haglund (irritation du tendon d’Achille au niveau de son insertion calcanéenne), qui lui empoisonnait sa vie de sportif de haut niveau depuis déjà trop longtemps.
La douleur était devenue insupportable.
Opéré en septembre 2024, désormais « tatoué » à vie avec une cicatrice de 12 centimètres de long du talon jusqu’à la cheville, il a repris la course seulement trois mois plus tard, quand les prévisions les plus optimistes tablaient sur une demi-année.
Le samedi 29 mars 2025, c’est avec une foulée encore hésitante mais un grand sourire retrouvé qu’il fera ainsi son retour sur la Diabolik de Ragnar, une course qu’il a remportée à deux reprises.
Une nouvelle opération est prévue cet hiver
Si le tendon est solidifié, que le risque de rupture a disparu, il a toutefois préféré jouer la prudence en s’alignant en relais, avec con compère Yvan Garderes.
« Je suis loin d’être encore à 100 %. Normalement, il faut attendre un an pour retrouver un état normal. Il me manque du rebond, je n’ai pas récupéré ma vitesse, les appuis ne sont pas encore assurés, je ne suis pas serein en descente, mais ça progresse doucement. Je peux enchaîner les bornes », positive cet ingénieur chez Naval Group, déjà délesté des 5 kg pris durant sa convalescence.
Après trois mois sans rien faire, j’avais tout perdu. J’étais vite essoufflé. C’est quand même dur de relancer la machine…
Heureux de constater ses progrès semaine après semaine, il espère être de nouveau pleinement compétitif pour la Bri’zeuse (50 km), le 24 mai, et lorgne un gros résultat en juillet sur son « gros morceau » de la saison, l’ultra01 (170 km, 9 000 m D).
En décembre, il repassera par la case infirmerie pour soigner son autre pied, afin d’être « totalement débarrassé » de ses douleurs parasites.
« Je préfère faire ça maintenant pour être tranquille. Je me dis qu’il me reste encore quelques belles années devant moi. En vieillissant, je sais que j’irai de moins en moins vite, mais tout le temps que je peux courir, je continue. Ça fait partie de ma vie. On est nombreux à être drogués à ça. Mais moi, peut-être encore plus que les autres… »
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