À 9 h ce mercredi, Guy Pérez est dans son bureau en compagnie de stagiaires. Dans les couloirs, on peut l’entendre prodiguer ses conseils. « Je suis toujours au boulot », nous sourit l’octogénaire, né au Guilvinec en 1943.
Il montera assez tôt dans le nord (Finistère) pour rejoindre Landerneau puis Brest. Il vivait dans un des HLM de Quéliverzan. En 1986, c’est en face, rue Dupuy de Lôme, que le créateur d’entreprises ouvrira la première de ses huit boulangeries actuelles appelées Le Fournil des provinces.
« À l’époque, la boulangerie de Quéliverzan s’appelait Le Feu de bois, je m’étais associé avec Jean-Yves Corre, rembobine Guy Pérez. Auparavant, j’avais travaillé à la boulangerie d’Yves Didou rue Anatole-France, dans l’entreprise d’Yves Calvez à Tréornou, à la boulangerie Le Guen… » Jusqu’à ouvrir sa première boulangerie, donc.
Bien d’autres suivront, « nous en avons eu jusqu’à 17 en France, mais nous avons arrêté, nous nous sommes concentrés sur Brest et Landerneau ».
Dans la cité du Ponant, ses sept boulangeries sont toutes situées dans des quartiers populaires.
17 nationalités dans les 8 boulangeries
L’une des fiertés de cet ancien adhérent au PSU (Parti socialiste unifié) est d’avoir formé 600 apprentis au cours de sa carrière. Dont beaucoup de mineurs isolés. « Nous leur offrons un emploi et une opportunité d’avenir. » Deux Cambodgiens, embauchés en 1986, sont toujours à ses côtés. D’autres sont eux-mêmes devenus des chefs d’entreprise, en France ou à l’étranger.
Aujourd’hui, le Fournil des provinces compte 17 nationalités différentes sur 120 salariés.
C’est pour cet engagement en faveur de la jeunesse qu’il a reçu les insignes de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques. La cérémonie a lieu ce jeudi à la CCI du Finistère.
Cette dynamique perdure et perdurera dans l’entreprise familiale avec son fils Ronan, aujourd’hui PDG. Julien et Alexandre, petits-enfants de Guy, y travaillent également. « Ils ont fait des études supérieures mais ont ensuite passé leur CAP boulangerie et pâtisserie. C’était indispensable pour bien gérer une boulangerie que de connaître le métier », glisse Guy Pérez.
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