Mardi 25 mars 2025, Carlos*(44 ans) a comparu en correctionnelle pour y rendre compte de violences sur mineurs par ascendant de 2017 à 2024 à Moulins-en-Bessin, près de Bayeux (Calvados).
Carlos et Audrey* se séparent en 2001. Une garde alternée est mise en place pour leurs deux jeunes garçons. L’enquête débute en janvier 2024 lorsque Mathéo*(10 ans) se confie à son enseignante. « Papa est dangereux. Il tape le chien avec un rouleau à pâtisserie. Nous aussi il nous tape et puis il avait déjà tapé maman ».
L’enfant ajoute que son frère et lui seraient souvent punis, qu’ils recevraient coups de pied et claques, qu’une fois leur père aurait pris la tête d’Arthur* et l’aurait claquée sur la table. Ils seraient fréquemment mis au coin, à genoux, punis quand il les entend rire. « Des fois, on doit rester assis toute la journée. Papa dit des gros mots », poursuit l’enfant.
Son frère aîné, Arthur, va confirmer ces confessions. Jusque-là, ils craignaient tant leur père qu’ils n’avaient pas osé parler. « Un soir, il a frappé le chien, le lendemain, il n’était plus là ».
Des années de violence et d’humiliation
« J’ai été élevé comme ça », sera la seule explication donnée par ce père qui toutefois regrette de ne pouvoir revenir en arrière. Les conséquences de ces « méthodes éducatives » seraient des cauchemars, un sentiment de peur, des idées noires. Pour Mathéo, qui présente d’importantes difficultés scolaires, 15 jours d’ITT sont prescrits.
Le procureur qualifie ces faits d’une gravité particulière. « Ce sont plusieurs années de violences physiques et d’humiliation alors que d’un père, on attend protection et stabilité ». Il note qu’il y a une prise de conscience de toute cette violence, mais cependant pas de la nécessité de soins.
Carlos écope de 12 mois avec sursis assortis de 24 mois de sursis probatoire avec injonction de soins, interdiction de contact avec les deux enfants excepté par décision du juge aux affaires familiales. Il y a retrait de l’autorité parentale. Il devra dédommager chaque enfant à hauteur de 2 000 euros et leur mère de 500 euros. Les frais de justice s’élèvent à 1 000 euros.
*Prénoms d’emprunt
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