Dimanche 30 mars, les plus de 55 700 électeurs et électrices inscrits sur les listes de la deuxième circonscription du Jura sont appelés aux urnes pour élire leur député, après l’annulation, prononcée en février, par le Conseil constitutionnel de l’élection de Marie-Christine Dalloz en juillet 2024 face à un candidat du RN inéligible.
Une situation ubuesque
Le scrutin avait en effet été marqué par une situation ubuesque dans le Haut-Jura, après que la presse ait révélé l’inéligibilité de Thierry Mosca, placé sous curatelle renforcée. En dépit des confirmations officielles de l’incapacité du candidat à être élu, les instances du RN avaient maintenu sa candidature.
Thierry Mosca était arrivé en deuxième position au premier tour avec 32,76 % des suffrages et 34,98 % au second tour le 7 juillet 2024, face à Marie-Christine Dalloz, après le retrait de la candidate du Nouveau Front populaire Evelyne Ternant du second tour.
Six mois plus tard, les Sages ont finalement raison à la candidate du Nouveau Front Populaire, Evelyne Ternant, à l’origine de ce recours en annulation. Le Conseil constitutionnel a en effet estimé que le maintien d’un candidat inéligible avait altéré la sincérité du scrutin législatif, et annulé l’élection de Marie-Christine Dalloz.
Retour aux urnes
Une élection législative partielle a donc été convoquée, dont la date a été fixée au dimanche 30 mars 2025 pour le premier tour et au dimanche 6 avril 2025, pour le deuxième tour. Dans les communes des neuf cantons de la circonscription, les maires s’activent pour la mise en place des panneaux électoraux et l’organisation des bureaux de vote.
« C’est l’exercice de la démocratie, nous les élus, on fait notre boulot », explique Roland Frézier, maire de Côteaux du Lizon. L’édile regrette cependant un surcoût pour le citoyen, qui aurait pu être évité si toutes les vérifications avaient été faites sur l’inéligibilité du candidat en cause.
L’inconnue de l’abstention
Les inquiétudes portent sur le taux de participation, une élection partielle ne bénéficiant pas de la même médiatisation qu’un scrutin régulier. Pour une élection partielle, aucun sondage n’est réalisé et ne permet donc d’établir des prévisions sur l’issue de ce vote.
La base d’analyse est celle des résultats de la dernière élection législative en juin 2024, le contexte national, international et leurs répercussions locales ont cependant changé en moins d’un an.
« Cette élection permettra de voir si les électeurs qui se sont tournés vers le Rassemblement National aux élections de juin dernier restent convaincus par les promesses de ce parti en dépit des revirements au niveau national », glisse le candidat de Lutte Ouvrière, Christian Marchet.
Les candidats battent la campagne sans relâche depuis le 17 mars, date officielle du début de la campagne. Le candidat de Lutte Ouvrière, Christian Marchet, à la sortie des usines du territoire. La députée sortante Marie-Christine Dalloz (LR) multiplie les rencontres publiques dans les salles des fêtes. Evelyne Ternant (NFP) bat le pavé sur les marchés, les manifestations, à bord des TER de la ligne hirondelles. Le candidat du RN, Gilles Guichon, plus discret, a rencontré les militants lors de réunions publiques sur inscription et débattu dimanche 23 mars avec la candidate de gauche sur le plateau de France 3 Bourgogne Franche-Comté.
Un scrutin scruté à la loupe
S’il ne passionne pas les foules et bouscule le calendrier des manifestations locales, ce scrutin sera scruté à la loupe par les partis au niveau national, à l’heure où l’équilibre de la majorité est toujours précaire à l’Assemblée nationale et alors que la dirigeante du Rassemblement National, Marine Le Pen, saura dans une semaine si elle est condamnée à une peine d’inéligibilité immédiate ou non, dans le cadre du procès des assistants parlementaires du Rassemblement national.
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