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qui est Antoine Pellion cet homme de l’ombre du Gouvernement ?

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À 41 ans, Antoine Pellion va quitter son poste au Gouvernement à compter du 31 mars. Véritable homme de l’ombre, le haut fonctionnaire, originaire de Nogent-le-Rotrou, en était pourtant un membre éminent.

Antoine Pellion : un Nogentais va quitter le Gouvernement de François Bayrou

Membre du cabinet du Ministre de l’Intérieur sous Élisabeth Borne et Gabriel Attal, Antoine Pellion était également secrétaire général à la planification écologique. Un véritable optimiste sur un sujet fondamental : la transition écologique. Interview avec Antoine Pellion, le ‘vert’ à moitié plein.

L’Action-L’Echo : Antoine Pellion, vous venez de quitter le Gouvernement ! Quel y était votre rôle ?

Antoine Pellion : Formellement, je suis encore secrétaire général à la planification écologique auprès du premier ministre jusqu’à la fin du mois. C’est une petite équipe qui est placée auprès du premier ministre et dont l’objectif est d’arriver à assurer le pilotage de toutes les politiques publiques qui traitent des questions d’environnement. À la fois, le sujet des gaz à effet de serre mais aussi le sujet de l’accès à la ressource en eau, les matières premières, les questions aussi de protection de la biodiversité, les enjeux d’adaptation au changement climatique. Tout ça, ce sont des enjeux qui touchent toutes les politiques publiques à la fois l’écologie mais aussi la politique du transport, de l’aménagement, du logement, de l’industrie etc. Notre rôle, c’est de conseiller le Gouvernement pour avoir à la fois un plan d’action qui permet d’atteindre nos objectifs écologiques mais aussi économiques, tout en s’assurant qu’en fait, toutes ces politiques publiques sont bien pilotées. L’écologie n’est pas uniquement une contrainte, c’est aussi quelque chose qui apporte des bénéfices concrets aux Français et aux entreprises.

« Le bon moment pour passer la main »

A-E. : Pourquoi avez-vous décidé de quitter ce poste aujourd’hui ? Il n’était plus en adéquation avec vos valeurs ? Était-ce une opportunité ?

A. P. : Il y a plusieurs choses. J’ai créé ce secrétariat général en 2022 à la suite de ce qu’avait annoncé Emmanuel Macron au moment de sa campagne. On a fait pas mal de choses, on a franchi plusieurs étapes. Maintenant, il y a un bilan, un actif, et donc c’était normal de se poser la question en disant maintenant que tout ça a été fait, est-ce que c’est moi qui continue ou quelqu’un d’autre ? Cette structure, ce n’est pas la structure d’Antoine Pellion, c’est quelque chose qui est utile sur le long terme. Donc c’est important que ça ne soit pas seulement moi qui l’incarne, mais une continuité de gens qui prennent la relève. C’est le bon moment pour moi de passer la main pour que justement on pérennise cette structure. Et puis, ça fait quasiment dix ans que je suis dans les cabinets, c’est important aussi de changer un peu de métier de point de vue régulièrement. On vit une période de transition écologique où ce n’est pas seulement l’État qui doit faire les choses, il y a beaucoup à faire aussi du côté des entreprises, des collectivités locales et c’était important pour moi, dans mon parcours personnel aussi, d’aller voir de l’autre côté quelque part.

A-E. : La suite s’écrit chez Idex ! Quelle est cette entreprise et quel rôle aurez-vous ?

A. P. : C’est un des gros acteurs de la production et de la distribution de l’énergie propre énergie décarbonée. À la fois sur les réseaux de chaleur dans les villes, mais aussi dans les entreprises, les usines pour remplacer le fuel, le gaz par des énergies propres. Je serai le directeur général adjoint en charge du développement. Maintenant, après avoir fait les règles du jeu côté pouvoir public, c’est comment concrètement on sort les projets, on avance et on bouge les lignes. C’est aussi des objets plus concrets là où sortir un texte, une loi… c’est intéressant mais ça peut apparaître un peu abstrait. Là, on est sur des vrais projets tangibles.

Il reste engagé politiquement

A-E. : Vous êtes l’ancien directeur général du parti En Marche, il y avait un gros engagement politique avec votre ancien poste au Gouvernement. Quid de votre avenir en politique ?

A. P. : Je reste engagé, je dirais doublement. J’ai fondé une association qui s’appelle « La planification écologique » qui vise à mobiliser pas mal de citoyens engagés sur ces sujets-là. Par ailleurs, je continue aussi une implication dans les discussions politiques. Je participe dans le parti Renaissance. On débat sur les idées d’un futur programme, et je pilote notamment le groupe sur la transition écologique avec un eurodéputé.

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A-E. : Vous êtes restés deux ans et demi à ce poste de secrétaire général, et vous avez eu le temps de connaître quatre premiers ministres. Cette instabilité politique et gouvernementale a-t-elle pu perturber votre travail ?

A. P. : Forcément, il y a eu un impact. Notre mission est justement d’inscrire le temps long dans l’action politique. On garantit que ces politiques publiques sur l’environnement continuent, quels que soient les différents changements. Quand il y a eu des nouvelles équipes, elles disaient ce qu’elles reprenaient, ce qu’elles arrêtaient, mais il y a une forme de continuité. C’est ça aussi notre job. Donc on a eu beaucoup d’activités à ce regard au cours de la dernière année. Mais ça n’a jamais remis en cause l’importance du sujet transition écologique. Un sujet traité par le ministre de l’intérieur d’abord par Elisabeth Borne, on a continué avec Gabriel Attal, puis Michel Barnier et aujourd’hui François Bayrou. Par ailleurs, je partageais les mêmes locaux que François Bayrou quand il était haut commissaire au plan, nos bureaux étaient quasiment voisins.

Il se rêvait pilote d’avion

A-E. : Comment vous êtes-vous retrouvé à ce poste très stratégique ? Quel a été le parcours ?

A. P. : Si je prends chronologiquement, je suis un Nogentais. J’ai fait mon collège à Nogent, mes parents y vivent toujours. Et je suis parti relativement tôt puisque j’ai fait ensuite mon lycée à La Flèche (en Sarthe, ndlr) au Prytanée Militaire. Je voulais être pilote d’avion depuis que j’étais petit. Mais j’ai été rattrapé par des lunettes… Donc, je me suis dirigé vers un parcours d’ingénieur. J’ai intégré l’école des Mines à Paris. Et assez vite, je me suis intéressé aux questions d’énergie. D’abord sous un angle technique. Je suis ensuite rentré au corps des mines, un poste de haut fonctionnaire. Toujours sur des questions d’énergie et puis, j’ai commencé à travailler pour les ministères. J’ai travaillé pour le ministère de l’énergie et en 2014, je suis rentré pour la première fois dans un cabinet ministériel qui était à l’époque celui de Ségolène Royal et la directrice de cabinet était Élisabeth Borne. Là, commence l’aventure plus politique. En 2017, j’ai rejoint le cabinet d’Emmanuel Macron à l’Élysée, je m’occupais des questions d’énergie, d’environnement et de transport. On était trois à faire ça et maintenant j’ai une équipe de trente personnes. Ç’a pris de l’ampleur. J’ai alors dirigé pendant un an et demi le parti politique la République en marche. Puis, j’ai rejoint le cabinet du premier ministre, donc Jean Castex en 2020 quand il est arrivé à Matignon et j’y suis resté. J’étais au cabinet du premier ministre en même temps que ce poste de SGPE (secrétaire général à la planification écologique). Ensuite, Michel Barnier n’a pas souhaité continuer, et moi non plus. Donc je ne suis plus au cabinet du premier ministre.

« Un côté vertigineux »

A-E : D’où vous vient votre sensibilité écologique ?

A. P. : Elle vient forcément de notre territoire, le Nogentais, qui est proche de la nature. Cela vient progressivement des métiers que j’ai faits. Mes premiers métiers étaient beaucoup sur des questions de gestion des sols pollués, des déchets dans différentes régions. Je suis venu à l’écologie progressivement mais mon point d’entrée, c’était beaucoup les questions de gestion de l’énergie. Ensuite, je suis beaucoup plus rentré dans les sujets écologiques au sens propre et en alignant aussi mon engagement personnel.

A-E. : L’écologie est une sacrée cause, et qui fait largement parler. Cela ne vous a jamais fait peur de vous lancer dans cette aventure à l’échelle gouvernementale ?

A. P. : Il y a un petit côté vertigineux, ça c’est certain. Après, il y a un côté aussi où ça donne beaucoup de sens à ce que l’on fait. Du coup, on sait pourquoi on le fait. Donc il faut garder beaucoup d’humilité parce que tout ça c’est énorme et c’est beaucoup d’acteurs mais il y a la conviction que c’est utile et qu’il faut qu’on soit plus nombreux à participer à cet effort.

Il revient à Nogent régulièrement

A. E. : Justement parfois, il n’y avait pas aussi l’impression de se battre dans le vide quand on voit certains lobbys, d’autres pays qui ne jouent pas le jeu ?

A. P. : Il y a deux choses là-dessus. Franchement, je pense que je suis d’un caractère assez optimiste. On voit toujours le fait que ça reste possible. Et puis, il faut être conscient que c’est quelque chose de long. Il y a quelques batailles qu’on perd parfois mais du coup ce n’est pas pour autant qu’on perd la guerre. Donc il faut arriver à rester mobilisé.

A. E. : Vous êtes de Nogent et fier de votre Perche, revenez-vous dans votre ville de temps en temps ?

A. P. : Assez régulièrement. Je viens une fois par mois ou tous les deux mois. J’ai mes parents encore ici.



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