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Près de Nantes, le dealer à la trottinette électrique condamné avec deux caïds

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Âgé de 31 ans, un homme était soupçonné d’être impliqué dans un trafic de cocaïne, d’héroïne, d’ecstasy et de cannabis : un individu « se déplaçant en trottinette électrique rouge et noire » avait été remarqué pour faire des allers-retours « souvent entre 18 h et 21 h ».

Les gendarmes avaient ainsi pu observer « trois transactions sous un porche » de la route de Clisson, à Vertou, non loin de l’appartement du prévenu. Ils étaient donc montés au premier étage de ce petit immeuble, où la porte était « entrouverte », et avaient arrêté ses trois occupants.

Un pistolet, de l’argent et de la drogue saisis

Un « marteau présentant des traces blanchâtres », des « pinces à épiler » et une « compteuse à billets » avaient été placés sous scellés, mais aussi « un coffre-fort » : ils l’avaient ouvert grâce à la clé se trouvant sur un jeune de 29 ans qui vit dans le quartier des Dervallières à Nantes.

À l’intérieur se trouvaient « des Post-it avec des chiffres et des surnoms », 75 grammes de cannabis, un pistolet de calibre 6.35 et ses munitions, « quatre liasses de billets de 1 500 € chacune » et de la cocaïne. La perquisition menée chez le troisième occupant, âgé de 30 ans et qui vit pour sa part à Rezé, avait permis de mettre la main sur « une effriteuse » ou encore « une balance de précision », a précisé le président de la chambre des comparutions immédiates à la lecture des pièces du dossier.

Les investigations avaient aussi permis de découvrir que le garçon des Dervallières avait fait des achats de bitcoins chez Ledger, la « nouvelle crypto-licorne française », et la banque allemande en ligne Trade Republic. Une pratique « légale », a rappelé son avocate, mais qui avait intrigué les enquêteurs puisque l’intéressé touche l’allocation aux adultes handicapés (AAH).

Ils touchent des allocations

Lors de son procès, son client a pourtant certifié qu’il ne s’agissait pas de « blanchiment » de l’argent du trafic de stupéfiants mais de ses simples « économies ».

Je mets un petit billet de 100, 150 ou 200 € quand la crypto n’est pas chère. Pour moi, c’était un investissement sur le long terme.

Le Nantais aux trois juges

Il était alors apparu aux enquêteurs que le premier des trois prévenus, l’homme à la trottinette, était en réalité d’abord un ancien « client » des deux autres du temps où il s’approvisionnait dans le quartier du Château de Rezé : quand le toxicomane avait dû déménager à Vertou, ils lui avaient « proposé » de « vendre pour eux ».

Pour eux, c’est moins dangereux et c’est facile : moi, je suis quelqu’un de dépendant à l’héroïne.

Le dealer.

Cet allocataire du revenu de solidarité active (RSA) ignorait toutefois que ses deux complices avaient déjà été condamnés pour trafic de stupéfiants et qu’ils avaient normalement interdiction de se recontacter. Cet homme de 31 ans a donc mieux compris pourquoi ils avaient « délocalisé » leur trafic chez lui, comme le lui a expliqué la procureure.

Du sursis pour l’un, de la prison ferme pour les autres

Le néo-Vertavien qui a fait « des activités de menuiserie » et de « la mise en rayons » avant d’être au chômage, n’était toutefois pas inconnu de la justice puisqu’il avait été condamné à deux reprises, comme ses deux compères.

Dans ces conditions, Corentin Roger, l’avocat du garçon à trottinette, avait sollicité l’indulgence du tribunal correctionnel de Nantes pour cet « exécutant dépendant et repentant » : la « petite main » du trafic est le seul à s’être exprimé au cours des débats, les deux autres faisaient valoir leur « droit au silence » de façon plus ou moins constante. Théo Barrière, l’avocat du Rezéen, « cuisinier en intérim » mais qui veut se reconvertir comme « forgeron », s’était toutefois dit « navré » de « ne pas croire à l’addiction » du toxicomane de Vertou : cette thèse n’était « pas assez crédible » à ses yeux.

Ce dernier a finalement écopé de douze mois de prison avec sursis probatoire, ce qui l’obligera à suivre des soins pendant deux ans. Le Nantais, le plus jeune a lui écopé de trente mois de prison ferme et le Rezéen de trois ans de prison ferme. Les deux derniers, qui ont fait l’objet de mandats de dépôt, ont aussi vu des sursis antérieurs révoqués en partie ou en totalité. Ils devront également payer une amende de 4 000 € chacun au Trésor public et auront interdiction de se recontacter, à nouveau, pendant les trois prochaines années.

Pratiquement tous les objets placés sous scellés ont été confisqués, y compris la « trottinette rouge et noire » du toxicomane de Vertou et les placements en cryptomonnaies de son co-prévenu de Rezé.



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