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Philippe, multiple champion de France, en route vers les USA

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Ce matin-là, il n’y a presque personne au complexe sportif de Portets, en Gironde. Deux employés municipaux travaillent. Tout de jaune fluo vêtus, ils nettoient la piste d’athlétisme à coups de grands jets d’eau. Un peu plus loin, vers les tribunes, une troisième silhouette se détache. Cette silhouette élancée n’est autre que celle d’un récent champion de France : Philippe Urie. La semaine précédente, il a réalisé un saut de 12 mètres 70. Ou plutôt trois. Sa discipline ? Le triple saut bien sûr. Cette performance lui a permis de décrocher un titre de champion national, catégorie Master 50 (athlètes de plus de 50 ans). Un de plus dans une carrière riche en titre, mais aussi en frustration, et encore en construction avec un nouvel objectif

Du football à l’athlétisme

L’histoire entre Philippe Urie et l’athlétisme débute un peu tard. Au Havre. À l’âge de 15 ans. Le jeune athlète est encore un footballeur « pas assez bon pour le haut niveau ». Son professeur d’EPS lui dit alors de venir faire de l’athlétisme. « Il entraînait mon cousin. J’ai été curieux et j’y suis allé. » Le début d’une belle relation.

Le futur champion de France Masters de triple saut en salle ne démarre pourtant pas la compétition avec son domaine de prédilection.

Au début, je faisais des épreuves combinées type heptathlon ou décathlon.

Phillippe Urie

Une pluralité d’épreuves lors desquelles le Havrais saute en longueur, court, lance, mais ne pratique pas le triple. Avant le début des 1 500 mètres, une épreuve d’endurance, il se cache même dans les vestiaires pour ne pas y aller.

Le triple saut est la discipline phare de Phillippe Urie, champion de France cette année. L’athlète s’entraine au club de Portets, en Gironde. ©Edwin Bleunven / Le Républicain Sud-Gironde

Le début de carrière canon de Philippe Urie après un coup de poker

Et puis, son destin change. « J’ai démarré ma carrière triple saut sur un coup de poker », dévoile Philippe Urie. Pour dépanner, un entraîneur le lance dans le (triple) grand bain. Résultats ? Il finit deuxième avec un saut à plus de 14 mètres.

Deux ans après, il est champion de France UNSS (l’Union nationale du sport scolaire est la fédération française de sport scolaire du second degré). Cette performance lui ouvre le pôle France et le club des 10 meilleurs de sa génération.

Mais il reste au Havre et ses parents ne veulent pas le voir partir à l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Sa carrière ne décolle jamais assez en seniors malgré certains titres…

Une longue pause et une autre voie professionnelle en Gironde

En 2004, il prend une décision radicale. Il arrête l’athlé et commence à travailler. En emploi jeune au Stade bordelais. Un an après, une autre voie professionnelle s’ouvre à lui. Il commence à promouvoir le sport dans le monde du handicap.

Finalement, je suis devenu éducateur auprès de personnes atteintes d’autisme.

Phillippe Urie

Mais sa parenthèse hors du triple saut n’est pas définie pour durer. À 35 ans, Philippe Urie reprend. Les entraînements et la compétition. Cette fois en catégorie Master (Ancien vétéran). Il retrouve la forme grâce à une hygiène et une nutrition adaptées à ses objectifs.

Le petit verre de vin de temps en temps, c’est fini. Et le petit déjeuner, c’est flocon d’avoine.

Phillippe Urie

Ce nouveau rythme, couplé à des entraînements physiques et techniques, le relance.

Depuis trois ans, c'est sur la piste du club de Portets, en Gironde, que Philippe Urie s'entretient.
Depuis trois ans, c’est sur la piste du club de Portets, en Gironde, que Philippe Urie s’entretient. ©Edwin Bleunven / Le Républicain Sud-Gironde

Philippe Urie à la recherche de sponsors

« J’aimerais valoriser ma médaille. » Phillippe Urie aime l’athlétisme. En plus de demander un investissement physique et temporel important, sa pratique implique un engagement financier conséquent. Car son sport n’est pas « vendeur ». En effet, trouver des sponsors s’avère très compliqué. Pour son voyage en Floride par exemple (championnat du monde), une majeure partie des frais vient d’un apport personnel. L’athlète est donc à la recherche de différents sponsors afin de l’aider dans ses objectifs.

Un retour plein de succès avant les mondiaux en Floride aux États-Unis

Son retour est remarquable. Il obtient la médaille d’argent au championnat d’Europe à Gand en 2011. Alors, il écume les compétitions. Et ça lui réussit. Depuis cette renaissance fracassante, il compte un titre européen et neuf titres nationaux en triple saut. Jusqu’au dernier en date, en ce mois de mars 2025.

Ce saut de 12,70 mètres le place d’ailleurs dans les trois meilleurs performeurs de l’année dans sa catégorie. Il lui ouvre les pistes des championnats du monde à Gainesville, en Floride (23-30 mars). Là-bas, une petite idée lui trotte dans la tête.

Je vais essayer de battre le record de France. Je sens que j’en suis capable.

Phillippe Urie

Alors après les entraînements techniques à Bruges et les entraînements physiques à Portets, la gloire viendra-t-elle des États-Unis ? Réponse en fin de semaine.



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