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Découverte d’armes, nombreuses violences… Le préfet ordonne la fermeture temporaire du 1988 à Rennes

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C’est dans un communiqué succinct, transmis à actu Rennes, à 17 h, vendredi 21 mars 2025, que la boîte de nuit de la dalle Colombier a annoncé sa fermeture administrative pour un mois. Peu avant 19 h 30, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a confirmé cette annonce motivée par plusieurs événements, notamment la nuit de violences du dimanche 9 mars, où une free party a eu lieu au sein de l’ancien Cinéville. Usage de gaz lacrymogène, découvertes d’armes non autorisées, nombreuses plaintes… La préfecture révèle de nouveaux faits.

La sécurité a « outrepassé sa mission »

Pour mémoire, le 1988 Live Club est sous le feu des projecteurs depuis deux semaines. Tout commence, samedi 8 mars. Après la manifestation pour le droit des femmes, un groupe de personnes décide de poursuivre les festivités lors d’une free party, soit une soirée illégale.

Les fêtards décident donc d’entrer au sein d’un bâtiment de la dalle du Colombier pour y installer leur matériel et faire la fête jusqu’au petit matin. Seulement voilà, les locaux choisis sont ceux de l’ancien Cinéville et, bien que désaffectés depuis plusieurs années, ils se situent au sein des mêmes murs que la boîte de nuit.

Les teufeurs sont entrés dans le Cinéville en forçant les entrées à l’arrière du bâtiment. L’entrée du 1988 se situe de l’autre côté, sur la dalle. (©Clémence Pays/actu Rennes)

C’est à 2 h 38, puis à 2 h 41, dimanche 9 mars, que le personnel du 1988 avise les services de police qu’une rave party est en cours.

« Le service de sécurité a pris la décision d’outrepasser sa mission de sécurisation de l’accès à la boîte de nuit en tentant d’empêcher les jeunes ravers de pénétrer dans le cinéma, ce qui a généré de vives tensions », retrace la préfecture dans son arrêté du vendredi 21 mars.

En effet, des heurts avaient éclaté entre les agents de sécurité du 1988, menés par le Jarl (videur et co-directeur de l’établissement), et les teufeurs. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient notamment un jeune homme maintenu à terre, se faire cogner la tête ou encore une jeune femme gazée à bout portant à coup de lacrymogène. Une bataille médiatique avait alors démarré sur les réseaux sociaux, entre le Jarl et le syndicat étudiant Union Pirate.

Une perquisition fructueuse

La préfecture reproche également aux agents de sécurité de l’établissement de nuit d’avoir pénétré dans l’ancien cinéma et d’y avoir fait usage de gaz lacrymogène « ainsi que le démontrent d’une part, des vidéos postées sur les réseaux sociaux […], d’autre part l’odeur de gaz lacrymogène constatée par la suite par les forces de l’ordre ».

Des vidéos largement diffusées montrent que les agents de sécurité ont fait usage de conteneurs lacrymogènes à l’encontre de personnes ne présentant aucune animosité.

Préfecture d’Ille-et-Vilaine

Suite à ces événements, trois enquêtes ont été lancées par le procureur de Rennes, Frédéric Teillet. L’arrêté préfectoral indique qu’une perquisition a bien été menée au sein du 1988 Live Club.

Les enquêteurs ont découvert « plusieurs armes détenues sans autorisation, en l’occurrence deux lanceurs de balles de défense (de type gomme cogne) et des conteneurs de gaz lacrymogène ».

Des violences à répétition

« Ces faits de violence s’ajoutent à ceux pour lesquels l’établissement s’est signalé à de nombreuses reprises en 2022, 2023, 2024 et début 2025 », complète la Préfecture.

En 2022 et 2023, six plaintes ont été déposées par des clients pour des violences infligées par le service de sécurité de l’établissement avec usage de gaz incapacitant.

Préfecture d’Ille-et-Vilaine

En 2023, le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité) a révélé « des manquements à la réglementation des activités de sécurité privée », dont certains ont fait l’objet de sanction.

L’arrêté préfectoral liste également une série de faits précis mettant en lumière des actes violents commis par le personnel du 1988, entre mars 2024 et février 2025. Coups occasionnant une fracture de l’épaule et 45 jours d’ITT, client poursuivi jusqu’à sa voiture, utilisation de gaz lacrymogène, coups de poing, fouille illégale d’un véhicule… Les exemples ne manquent pas.

Des violences qui ne datent donc pas d’hier, comme le révélait déjà actu Rennes par le biais de plusieurs témoignages d’anciens clients de la boîte de nuit.

« L’ensemble des faits sus-évoqués constituent une atteinte à l’ordre public et à la tranquillité publique en lien avec les conditions d’exploitation de l’établissement », conclut la Préfecture.

« Une reprise d’activité dans un climat serein »

Le 1988 Live Club ne rouvrira donc pas ses portes avant jeudi 24 avril. Portes fermées depuis jeudi 13 mars, à l’initiative de Sébastien Bétin, dirigeant de l’établissement. Il avait alors expliqué, par cette décision, souhaiter « protéger [s] es clients, [s] on personnel et sécuriser les lieux ».

Dans le communiqué adressé à la rédaction, cette fois-ci, le message est porté par un attaché de presse. Plus question, semble-t-il de s’exprimer par les réseaux sociaux, ou par la voix du controversé videur et co-directeur de l’établissement connu sous le nom du Jarl.

Au-delà des mesures qui ont d’ores et déjà été prises depuis les faits, il [Sébastien Bétin, N.D.L.R] va mettre ce temps à profit pour assurer une reprise d’activité dans un climat serein et entend d’ores et déjà donner rendez-vous aux amoureux de la culture musicale rennaise le jeudi 24 avril 2025.  

Communiqué de presse du 1988 Live Club

Cette fois-ci, pas de piques lancées à l’encontre des teufeurs ou de l’Union Pirate. Sébastien Bétin « prend acte de la fermeture administrative ». Au passage, le communiqué souligne, que monsieur Bétin est bien « l’unique dirigeant du Club 1988 à Rennes », une manière de remettre les points sur les « i » et d’éloigner la figure du Jarl qui plane sur le club ?



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