Les perceuses sifflent et les bancs disparaissent peu à peu, emportés par des groupes d’ouvriers. Ce mardi 18 mars 2025, le chantier bat son plein dans le palais de la cité à Paris. En cause, le démontage de la salle « grands procès », bâtie pour accueillir le procès du 13 novembre 2015. Derrière ce chantier d’envergure, une volonté de moderniser le lieu âgé de plusieurs siècles.
Un « recyclage » de la salle dédiée aux procès d’attentats
La salle d’audience spéciale pouvant accueillir 550 personnes avait été bâtie en 2021, afin de permettre l’ouverture du procès « V13 ». Les années qui ont suivi, le lieu, dont la construction a coûté 10 millions d’euros, a continué à être utilisé. L’espace provisoire a vu des douleurs durables défiler à la barre, allant de l’assassinat de Samuel Paty aux attentats de Nice.
D’ici à l’automne 2025, le lieu ne sera plus. Tout va être démonté, indique Marion Daubersies, de l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (Apij) : « La déconstruction va être tout aussi précautionneuse que l’installation. La salle avait pour contrainte de ne pas s’enfoncer dans le sol, au vu de la préciosité de la structure ». Une entreprise spécialisée a ainsi été appelée pour gérer le chantier.
Le matériel de la salle va de son côté être réutilisé en partie au sein de la cour d’assises. « La régie son et les outils multimédia vont servir à créer une nouvelle salle de retransmission de 50 places lors des procès qui se dérouleront dans la salle Voltaire, mais aussi dans la première chambre civile et la salle Georges Vedel. Les éléments du mobilier iront dans d’autres juridictions, notamment à Toulouse ». Certains objets symboliques, comme la balance de la justice trônant au-dessus du siège de la présidence, seront donnés au futur Musée-Mémorial du Terrorisme à Suresnes (Hauts-de-Seine).
Un vieux bâtiment remis aux normes
Ce démontage est le coup d’envoi d’une réhabilitation de la salle des pas perdus. Datant du Moyen Âge, la gigantesque nef, surnommée « Notre-Dame de la chicane » par Balzac, avait été reconstruite en 1871 après un incendie ravageur durant la Commune. Plus de 150 ans après, la construction commence à dater, comme l’explique Marion Daubersies : « Les fondations médiévales ne sont pas aux normes, et le bâtiment reconstruit possède des désordres structurels importants ».
Une réfection d’envergure est ainsi prévue pendant les cinq prochaines années. Un échafaudage de 17 mètres sera installé afin de rénover les voutes de cette salle de 2000 m² et 17 mètres de haut. Les fenêtres seront équipées de systèmes d’ouverture pour permettre un désenfumage en cas d’incendie.
Plus largement, c’est tout le fonctionnement de cet espace imposant et austère qui va être repensé. Des renforcements géothermiques vont être effectués pour que la froideur judiciaire soit un peu plus tiède. L’accessibilité est aussi prise en compte, puisque des escaliers devraient être reconstruits et des ascenseurs créés.
Une augmentation du nombre de salles
À plus long-terme, l’ensemble du palais de justice devrait bénéficier d’un lifting. Selon le Ministère de la Justice, le nombre de salles d’audiences publiques devrait être augmenté pour atteindre le nombre de 46. Sur le côté sud du bâtiment, l’aile du Quai des Orfèvres devrait être réhabilitée d’ici à 2026. Dans les prochaines années, le vestibule de Harlay devrait aussi être vidé de ses aménagements, mis en place durant le procès du 13 novembre.
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