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Des interrogations après le feu de bâtiment agricole à La Bellière

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Le feu a détruit totalement un bâtiment agricole et 240 tonnes de fourrage à La Bellière, dans l’Orne, dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 mars 2025, au lieu-dit Le Château.

À quelques dizaines de mètres, la maison d’habitation « n’a rien. Il n’y avait pas d’animaux dans le bâtiment », se console le propriétaire exploitant, alerté à 4 h 45 « mais c’était déjà tout embrasé ».

Il a été prévenu par son voisin, René Geslin, qui a d’abord appelé les pompiers.

Le voisin réveillé « par le chien qui hurlait », pendant l’incendie de La Bellière

René Geslin s’est séparé de cette exploitation mais y a conservé son habitation. « J’ai été réveillé par le chien qui hurlait et le bruit impressionnant des plaques qui explosaient.

Il y a souvent des gens qui traînent, il y a eu des cambriolages, j’ai eu du fioul de volé, du bois, des pommes de terre.

Alors je me lève souvent la nuit quand les chiens aboient. Quelquefois, je fais le tour du bâtiment, je vois surtout des renards, des chevreuils, des chats… »

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Sur l’origine du feu, « on ne peut rien affirmer »

Les deux hommes regardent le feu qui se consume. Et se questionnent sur l’origine. Le fourrage qui chauffe ? « Ça aurait brûlé plus tôt », en été.

Un rôdeur ? « On ne peut rien suspecter de criminel pour le moment », remarque le propriétaire.

Toutefois, « il n’y avait pas d’engin, pas d’électricité (« on s’était fait voler les câbles électriques il y a une dizaine d’années. On n’avait pas remis le courant dans le bâtiment ») ». Alors, « ça exclut quand même pas mal de choses. Mais on ne peut pas affirmer ».

Le maire, Eric Renouard, s’est déplacé. Les gendarmes aussi pour commencer leur enquête.

Le bâtiment détruit, « ça fait mal au cœur, j’ai tout fait à la main »

La perte est importante et l’exploitant ne sait pas encore comment il sera couvert par les assurances.

Mais, « ce n’est qu’une partie de la récolte. Le hangar était plein, mais j’en ai d’autres qui le sont encore plus. Le fourrage est destiné à ma consommation personnelle. Le surplus on le vend pour des haras ».

René Geslin (ancien maire et maire honoraire) regarde aussi avec désolation ce qui reste du bâtiment, pas récent mais qui était « encore en bon état. Ça fait mal au cœur, le bâtiment, je l’ai construit dans les années 1990, j’ai tout fait à la main ».

Cinq centres de secours mobilisés

Une vingtaine de pompiers de cinq centres de secours est intervenue sur le feu de bâtiment agricole à La Bellière. ©Maryline TROQUET

Du côté des pompiers, « au plus fort de l’intervention, on avait une vingtaine de pompiers des centres de secours de Mortrée, Écouché, Argentan, Rânes. Et Mortagne-au-Perche avec un véhicule spécifique pour l’alimentation en eau », détaille le lieutenant Éric Morin, commandant des opérations de secours.

« On a toujours le gros souci, sur des interventions comme celle-là, de trouver l’eau suffisante. Il y a un ruisseau qui passe à 500 m, ce qui nous a permis d’aller puiser dedans au lieu de pomper dans le réseau d’eau potable. Et d’alléger le dispositif ».

Coupure de courant pour 150 habitants

« Le gros risque, c’était la ligne haute tension qui passe juste derrière. Un rayonnement sur une section de câble aurait pu présenter un danger électrique. On a été obligé de faire couper le courant », poursuit le lieutenant Éric Morin (qui commandait déjà les opérations une semaine plus tôt lors de l’incendie qui a détruit une maison d’habitation et un local agricole à Ménil-Gondouin).

« L’alimentation était prévue pour revenir vers 9 heures. Ça a impacté environ 150 habitants de La Bellière, Francheville et le Grais ».

Par chance, « on avait du vent favorable qui poussait les flammes vers les champs plutôt que vers l’habitation ».

« On risque d’avoir des fumées pendant deux jours »

Il prévient « qu’on risque d’avoir des fumées pendant deux jours. Le but, en accord avec l’exploitant, c’est de laisser brûler pour diminuer le tas. Parce que ça ne sert plus à rien qu’on arrose.

On a fait une grosse reconnaissance tout autour, je suis allé voir des habitations au loin parce qu’il y avait des chevaux. Il n’y a pas de risque.

La seule problématique qu’on pourrait avoir, c’est un changement de vent. On fera un point météo vers midi ».

Une surveillance est prévue jusqu’à ce soir, « et peut-être une ronde cette nuit.

Après ce sera la surveillance du propriétaire. Si besoin, on reviendra. Mais il faut qu’on mette aussi les engins disponibles pour d’autres interventions ».




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