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Pris sur le point d’envoyer des colis par drones dans la prison d’Annœullin, il s’explique devant le tribunal

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Il a mis ça sur le compte des « mauvaises fréquentations », de « l’inconscience ». Un jeune homme de 23 ans a été jugé au tribunal de Lille (Nord) ce jeudi 20 mars 2025, au lendemain de son arrestation près de la prison d’Annœullin. Il a été surpris par les forces de l’ordre, avant d’envoyer des colis illicites par drones à des prisonniers. Le juge a mis le multirécidiviste face à ses actes de délinquance répétés.

Des opérations anti-drones pour stopper le transport illicite vers les prisons

On l’a notamment vu l’an dernier aux abords de la prison de Douai sur le secteur. Et ce n’est pas un cas isolé. Les envois de colis illicites par drones sont devenus une priorité pour le ministère public. En ce sens, des opérations de surveillance sont très souvent menées aux abords des prisons. C’est ce qui a été fait près Annœullin, le mercredi 19 mars, dans une opération conjointe de l’Eris, Equipes régionales d’intervention et de sécurité, avec la gendarmerie. Ceci alors que Rémi* participait à une opération d’envoi de colis.

Le jeune homme de 23 ans originaire de Wingles raconte avoir été contacté sur Snapchat et s’être vu proposer cette « mission » pour 300 euros. Il indique ne pas avoir accepté tout de suite, mais avoir cédé, ayant besoin d’argent. Il assure qu’il ne connaissait pas la personne qui lui a proposé, et avoir reçu des vidéos pour expliquer le déroulé, avant d’être emmené sur place. 

Le jour des faits, les gendarmes ont repéré une camionnette blanche, à l’arrêt et avec une fenêtre ouverte, à quelques kilomètres du centre pénitencier. Ils se sont approchés de l’endroit et ont appelé un homme, vu avec un sachet, au contrôle. Ce dernier s’est enfui et a, dans sa course, jeté un sac au sol. Il y sera retrouvé six petits sacs conditionnés, avec des produits stupéfiants (herbe et résine de cannabis), du matériel téléphonique (smartphones, chargeurs et cartes SIM), ainsi que deux drones.

L’homme, rattrapé par les gendarmes, a été interpellé sans difficulté et conduit en garde à vue. Il ne donne aucun nom d’autres personnes ayant participé à l’opération. Il décrit « d’autres gars », qu’il ne connait pas. Tout comme les destinataires de ces colis.

« On devait juste me guider »

« On devait juste me guider : gauche, droite, c’est tout. Je ne sais pas pour qui c’était, j’avais pas commencé », a-t-il assuré face au tribunal. Il avoue qu’il avait l’intention d’envoyer ces colis, qu’il savait qu’ils contenaient des produits stupéfiants, mais pas quelle quantité.

Le gros soucis dans cette affaire, comme l’a souligné la présidente, c’est la densité du dossier judiciaire de Rémi, du haut de ses 23 ans. Le jeune homme enchaîne les peines depuis plusieurs mois. Sa dernière condamnation remonte à janvier 2025, par le tribunal de Béthune. Il avait déjà, en mars 2023, était condamné pour session et détention de stupéfiants.

Six mentions à son casier judiciaire, dont une liée au trafic de stupéfiants

La procureure met en avant six mentions à son casier judiciaire, dont une pour trafic de stupéfiants. Une combine pensée « avec un ami, pour payer une voiture » explique le jeune homme dans le box.

La présidence énumère l’enchaînement de comparutions devant la justice : port d’arme et détention de stupéfiants en 2023, conduite sous l’emprise de l’alcool en 2024… « Comment vous retrouve-t-on, si jeune, avec autant de mentions judiciaires ? », a soulevé la présidente. Le prévenu évoque des « mauvaises fréquentations et de l’inconscience. »

Dans votre tête, vous êtes loin d’être en prison, apparemment. Mais vous avez été condamné, en janvier monsieur, à Béthune. Là, clairement, c’est 300 euros versus votre liberté ! C’est ça, qu’il fallait vous dire, monsieur, avant d’accepter de participer à cette opération, très grave.

Présidente de l’audience, au tribunal de Lille.

Un profil ambivalent

L’avocate du prévenu mettra en avance l’ambivalence du profil de Rémi. Un jeune homme qui n’a pas de travail fixe, mais assure des missions d’intérim. « Il n’est pas fainéant. Il est en ultra disponibilité, fait des heures », souligne la représentante de ce diplômé d’un CAP en métallurgie. « On a aussi un jeune homme qui ne sait pas encore totalement dire non », un maillon de la chaîne pour les commanditaires de ce type de trafic. « Pour eux, monsieur est un ‘fusible’, qui peut sauter, la preuve en est qu’il est dans le box aujourd’hui. » 

« Pas en mesure de respecter une décision de justice »

La procureure insiste sur le fait que le prévenu n’est pas digne de confiance : « Sa dernière condamnation remonte à janvier dernier, il y a moins de deux mois. C’est la 2e révocation de sursis probatoire. Monsieur n’est pas en mesure de respecter une décision de justice. » En ce sens et pour son passif lié aux stupéfiants, la procureure a requis une peine de 12 mois d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt, et la confiscation des biens saisis.

Face à cette demande, l’avocate du prévenu demande « un quantum plus adapté », insistant sur la nécessité de donner sa chance à son client de s’insérer dans la société. Lui le déclare au tribunal, il est à la recherche d’un travail stable, mais n’a pas encore trouvé l’entreprise qui lui donnerait sa chance, en manutention. Il semble assez perdu, quand il s’agit d’évoquer ses projets. Son avocate reprend les mots de la procureure, affirmant que son client est « en mesure de respecter sa peine. Tout à l’heure, il va l’entendre, il va encaisser ce qu’il doit encaisser, et s’en servir. » 

*Le prénom a été modifié.



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