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Strasbourg. Isolé et mis sous pression par un chef, il se suicide au travail : l’entreprise condamnée

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Jugée pour n’avoir pas assuré le suivi de son employé, la société de consulting Objectware a été condamnée le 20 mars à 70 000 euros d’amende pour homicide involontaire après le suicide de l’un de ses employés.

Il y a presque quatre ans, Adam P. mettait fin à ses jours en se jetant du dixième étage de l’entreprise strasbourgeoise dans laquelle il travaillait depuis quelques mois en tant que consultant informatique.

Isolé et mis sous pression par un chef d’équipe

En novembre 2020, Adam P. 62 ans arrive du Val-d’Oise et s’installe dans un Airbnb pour une nouvelle mission chez Euro Information Développements (EID), filiale technologique du Crédit Mutuel. Rapidement, la situation se dégrade.

Arrivé en pleine période de confinement, le consultant externe n’a pas l’autorisation de télétravailler et se retrouve esseulé dans l’open space situé au Wacken.

À cet isolement, s’ajoutent des relations tendues avec le chef d’équipe de son entreprise d’accueil que le sexagénaire qualifie de « despotique » auprès de sa famille. Une altercation dans la matinée du drame signera le point d’orgue de cette collaboration.

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Objectware reste la seule responsable du bien-être de ses salariés

Si la société détache ses employés auprès de ses clients, la boite de consulting, dans laquelle Adam P. travaillait depuis 2014, reste la seule responsable de leur bien-être.

« On n’avait pas connaissance que les relations étaient tendues avec le client », s’est défendue la société qui compte 750 salariés. « Les risques psychosociaux n’existent pas chez nous, nos salariés sont chouchoutés, gâtés. On a même été nommé dans le classement Best Workplace du Figaro », a expliqué à la barre le PDG de la société jugée.

Le ministère public reproche notamment à Objectware une absence de contact avec Adam P., malgré des difficultés d’intégration rapportées par le client.

Des manquements « en lien direct avec le décès »

Dans son rapport, l’inspection du travail a pointé des manquements « en lien direct avec le décès ». « Le suicide est multifactoriel, mais ceux liés aux conditions de travail sont indéniables », a ajouté l’inspectrice.

« On a le sentiment que vous êtes passé à côté de certaines choses », a plaidé la défense. Elle a dénoncé responsabilité du chef d’équipe « harcelant » et a questionné la prise d’antidépresseurs de l’employé.

En plus de s’acquitter de l’amende, l’entreprise devra publier dans les colonnes du Figaro et sur la page d’accueil de son site durant un mois la motivation de la décision du parquet.

Olivia Kouassi



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