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la réalité dans les petites communes de la Manche

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Le débat de savoir si la femme est l’avenir de l’homme n’est toujours pas complètement tranché. Celui de savoir si elle doit être son égal, oui.

Pour cela, parce qu’il est parfois plus simple de changer la loi que les mentalités, les candidats sont tenus de se présenter en binôme homme-femme dans les cantons, les listes pour les régionales sont paritaires, comme elles le sont dans toutes les communes… à part les plus petites jusqu’ici.

Pour « répondre à la crise de l’engagement local » et « favoriser le respect de la parité » dans les conseils municipaux, la proposition de loi étend aux communes de moins de 1 000 habitants le mode de scrutin de liste paritaire, aujourd’hui appliqué dans les communes de 1 000 habitants et plus. Le Sénat a voté en faveur du texte en première lecture. 343 communes sont concernées dans la Manche.

« C’est déjà difficile de remplir une liste municipale de 15 noms… »

« La parité, cela fait 20 ans que nous la réclamons, commente Juliette Hurlot, maire de Clitourps et présidente de l’association Femmes et élues de la Manche. Pour l’an prochain, le sujet porte sur la possibilité d’engager des citoyens. Dans ma petite commune, nous avons beaucoup de jeunes actifs, qui n’ont pas forcément le temps d’être élus, entre l’activité professionnelle et les enfants. »

Il y a le principe, sur lequel tout le monde convient, de la vitalité démocratique. Et la réalité telle que racontée dans les toutes petites communes.

« C’est déjà difficile de remplir une liste municipale de 15 noms… », rappelle Hubert Collas, maire de Bricquebosq, où siègent au conseil huit hommes et sept femmes. Il y a l’idée que plus la commune est petite, plus une contrainte, quelle qu’elle soit, est difficile à mettre en musique.

La réalité n’est pas la même dans un gros village de 900 âmes qu’à Taillepied, par exemple, où sont recensées 17 personnes. La future loi, elle, ne fait pas de différence, mais autorise le dépôt de listes incomplètes.

16 communes manquaient de candidats en 2020

Il y a cinq ans, lors du scrutin municipal, certains candidats de communes de plus de 1 000 habitants disaient avoir dû renoncer, ne parvenant pas, selon leurs dires, à trouver des femmes pour compléter leur liste. « Nous ne faisons pas de différences lorsque nous recherchons des candidats, juge Gérard Vansteelant, maire de Brillevast.

On va simplement vers les gens pour leurs compétences, leur envie de s’impliquer, leur disponibilité. S’il y avait plus de femmes que d’hommes, pas de problèmes ! Simplement, il y a encore des freins à l’engagement. Plutôt qu’une obligation, je pense qu’une forte incitation aurait été plus en phase avec notre réalité.

Gérard Vansteelant, maire de Brillevast

Selon un rapport sénatorial, « 38 % de femmes » sont titulaires d’un mandat municipal dans les communes de moins de 1 000 habitants. Pourquoi une telle réalité ? « Parce que les femmes ne veulent pas se présenter. Certaines ont intériorisé le fait qu’elles n’étaient pas compétentes », a longtemps répété, inlassablement, Huguette Legros, militante de la cause féminine en politique depuis de longues années dans le département.

« Cela va sans doute pousser à faire plus de porte-à-porte au moment de la constitution des listes pour convaincre de s’engager », indique Alexandrina Le Guillou, maire de Canteloup. En 2020, dans cette commune, il n’avait pas été possible de réunir onze personnes sur la liste. Seules dix avaient été candidates.

Cinq hommes et cinq femmes, mais c’est vraiment le hasard. On ne s’était pas posé la question.

Alexandrina Le Guillou, maire de Canteloup

Signe, aussi, que les choses avancent. « Dans le canton de Saint-Pierre-Église, il y a quatorze communes. Il y a sept femmes maires et sept hommes maires, détaille Juliette Hurlot. À Clitourps, lorsque je me suis engagée il y a 18 ans, nous étions deux femmes. Aujourd’hui, nous sommes quatre sur onze. Et bientôt, peut-être, cinq ou six. »

La proposition de loi instaurera le scrutin de liste, à la proportionnelle, dans les quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants. Ce sera donc la fin du scrutin plurinominal avec possibilité de panachage, et possibilité pour les électeurs de rayer des noms.



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