Pas de souvenir. Le trou noir. Cette ligne de défense n’est pas l’apanage des auteurs de violences conjugales. Vendredi 14 mars 2025, il a été employé par une femme, 46 ans, jugée au tribunal de Quimper (Finistère).
Empoignade, bousculades
Le couple vit à Plonéour-Lanvern. Sa dernière condamnation pour des faits identiques remonte à novembre 2024. Rebelote, le 3 février dernier en début de soirée. Toujours sur fond d’alcool.
Son mari a de nouveau été pris pour cible. « Monsieur rentrait au domicile quand il vous a aperçu avec votre copain de boissons. Entre vous, il y a eu une altercation et vous l’avez bousculé », a rapporté Lucile Chaussade, la présidente.
Madame avait 1,5 g d’alcool par litre de sang, deux heures après son placement en garde à vue.
Sous contrôle judiciaire
Après cet épisode, la prévenue était sous contrôle judiciaire. Entre eux, une procédure de divorce est engagée. « En un peu moins d’un an, il y a eu une quinzaine d’interventions des gendarmes », a précisé la présidente.
La dernière en date : le 12 mars peu avant 19h. L’intervenante sociale de la gendarmerie était en ligne avec Monsieur. Elle a entendu des cris, lui a conseillé de se réfugier chez son voisin avant d’alerter les secours.
Alcoolisations massives
Ce soir-là, il y a eu une nouvelle empoignade et des bousculades. Le matin même, Madame était sortie de cellule de dégrisement. Au moment des violences, elle se trouvait dans « un état XXL » sans donner davantage d’explications. Elle titubait, tenait des propos incohérents.
Pour Monsieur, cette situation, c’est l’enfer sur terre. Il subit les alcoolisations massives de Madame. Pour autant, ses trous sont à géométrie variable. Elle ne se souvient pas des violences mais peut dire combien de bières elle a bu.
Huit mois de prison ferme
L’interpellation a été émaillée de coups de pied à un gendarme et d’insultes. « Les menottes étaient trop serrées. J’ai eu très mal », s’est-elle défendue. Son avocat, Me Ronan Garet, a évoqué sa maladie et ses traitements sur lesquels « se greffent des problèmes d’alcool ».
Elle a quatre mentions au casier. Ne travaille plus depuis près de 20 ans en raison de son invalidité. Le ministère public a souligné les violences à répétition et avait requis deux ans d’emprisonnement dont un ferme.
La quadragénaire a finalement écopé de huit mois de prison ferme. Le tribunal a ordonné son incarcération à l’issue de son procès. Elle a par ailleurs interdiction de contact et de paraître au domicile de son mari pendant trois ans.
Elle devra enfin lui verser 800 euros de dommages et intérêts ; ainsi que 500 euros au gendarme, victime d’insultes et de violences.
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