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avec une technique diabolique, les trois copains dépouillaient le 3e arrondissement pendant les JO

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Une « razzia » dans le quartier du Temple. Ce jeudi 13 mars 2025, trois hommes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Pendant plusieurs mois, ils ont écumé des appartements du 3ᵉ arrondissement de la capitale. Au total : 11 vols. Un immeuble du quartier servait de caverne d’Ali Baba pour ces cambrioleurs bien rodés. Tous ont été condamnés. 

Des clés laissées dans les boîtes aux lettres

Derrière ces nombreux faits, une enquête minutieuse menée par les agents de la brigade de répression du banditisme. Le 30 juillet, un équipage de cette unité spécialisée dans la traque des voleurs en tout genre patrouille dans Paris. En plein Jeux olympiques, la chasse aux détrousseurs de touristes est de mise. Ils vont trouver tout autre chose.

Deux hommes à scooter interpellent les agents, qui décident de les suivre. Ils mettent au jour un étrange manège. Le duo se rend dans plusieurs immeubles de la rue Saint-Martin à l’aide d’un pass Vigik et ressort à chaque fois. Pour le flair de ces policiers expérimentés, ça sent le cambriolage.

La filature continue plusieurs jours, et la méthode de l’équipée, qui se révèle être un trio, se dessine. Ils rentrent dans les résidences de l’arrondissement, et regardent dans les boîtes aux lettres. Pourquoi ? En cette période estivale, des clés peuvent avoir été laissées par les habitants en vacances. S’ils en trouvent une, les suspects les récupèrent et s’en servent pour pénétrer dans l’appartement de la victime absente. Ils font alors main basse sur les objets de valeur.

Butin et outils cachés dans les gaines techniques

Autre élément troublant : les prévenus se rendent très souvent à une même adresse, rue Au Maire dans le 3e arrondissement. Les policiers s’y rendent. Au sous-sol, c’est la cachette au trésor. Dans les gaines techniques, les agents trouvent des clés, des gants, des outils, mais aussi des bijoux et de la maroquinerie. Sous une voiture abandonnée, ils découvrent des ordinateurs. Le lieu semble être un espace de stockage où les cambrioleurs entreposent temporairement leur butin.

Pendant de longues semaines, les enquêteurs suivent les visiteurs inopportuns. La situation est cocasse. À plusieurs reprises, les cambrioleurs sont vus en train de visiter un appartement. Dans l’une des affaires, les policiers apprennent par la victime qu’un carré Hermès lui a été dérobé. Quelques heures après, ils se rendent dans les caves de la rue Au Maire. Surprise : un carré Hermès vient d’apparaître parmi les affaires dissimulées.

Des prévenus étouffés par leurs dettes ?

Ce chassé-croisé entre policiers et cambrioleurs dure plusieurs mois. Des larcins sont encore commis durant l’automne. Ce n’est qu’en janvier 2025 que le trio est interpellé. Fethi C., 30 ans, est suspecté de deux vols. Johan P., 47 ans, en aurait commis 8. Quant à Hocine O., 45 ans, il aurait participé à la totalité des 11 vols constatés par les enquêteurs.

Devant le tribunal, le trio n’a pas fière allure. Les deux plus impliqués ont été placés en détention provisoire. Leur passé judiciaire est chargé, mais ils semblaient avoir stoppé leurs activités délictueuses. S’ils reconnaissent les faits ce jeudi, ils réfutent être des professionnels de la cambriole.

« J’ai recommencé. J’ai fait une erreur. J’ai été malade et on m’a demandé de payer les frais d’hôpitaux », relate Hocine O.

« J’étais chauffeur VTC. Avec les JO, j’ai perdu plein de clients. J’avais besoin d’argent, car l’une de mes filles est malade », affirme Johan C.. 

« On est presque rassurés que les gens qui ont été déprimés par les Jeux olympiques comme monsieur n’aient pas, eux aussi, commis des razzias dans les immeubles de Paris », ne peut s’empêcher de glisser le procureur.

Lourdes peines requises

Tous se connaissent pour avoir grandi dans le 3ᵉ arrondissement. C’est autour d’un café dans le quartier que l’idée de délester les appartements aurait émergé. Plusieurs des objets volés sont d’ailleurs refourgués dans des PMU par les prévenus.

Du côté du parquet, on pointe du doigt des monte-en-l’air expérimentés. « On a des gens qui passent leurs journées à voler des gens. À violer leur intimité. Ils ont en plus été déjà condamnés », clame le magistrat. Pour Hocine O. et Johan P., il demande respectivement trois ans et deux ans de prison ferme avec en plus une année avec sursis. Pour Fethi C., 18 mois de prison, dont 8 mois avec sursis.

Des faits « très crapuleux »

Les avocats de la défense demandent des peines moins sévères. Dans leurs plaidoiries, les prévenus ont replongé pour sortir la tête de l’eau.

« Dans la lecture du dossier, on parle de professionnels du vol qui effectuaient des razzias. Ce sont plutôt des errances. On requiert des peines lourdes, mais il n’y a pas eu d’atteintes aux personnes », affirme l’avocat d’Hocine O.. 

«Mon client, ce n’était pas sa destinée de commettre ces vols. Je pense vraiment qu’il y a autre chose à faire pour lui que de la prison », argue le conseil de Johan P.. 

Si le tribunal se veut plus léger dans son délibéré, il n’a pas été attendri par la situation des cambrioleurs. « Nous avons tenu compte du caractère très crapuleux des trois prévenus. Leur discours sur leurs difficultés est inaudible et choquant », lance le président avant de distribuer les peines.

Pour Hocine O., le plus impliqué, une peine de trois ans de prison est prononcée, dont deux ans ferme. Pour Johan P., 30 mois de prison, dont 12 avec sursis. Pour Fethi C., huit mois avec sursis. Tous devront indemniser les victimes.



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