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« Il faut beaucoup de moyens supplémentaires », répond le ministre au sénateur Bitz

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« Des moyens supplémentaires, oui il en faut et il en faut beaucoup ! » Voilà d’emblée la réponse du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, lancée à Olivier Bitz, mercredi 12 mars 2025, dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg de Paris où se tenait l’hebdomadaire séance de Questions d’actualité au gouvernement (QAG).

La prison anti-narco de Condé en service le 15 octobre

Le sénateur de l’Orne a, pour le groupe de l’Union centriste, interpellé le Garde des Sceaux sur « les indispensables moyens de sécurité supplémentaires » à apporter au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe avant le 15 octobre.

C’est, en effet, cette date que le Garde des Sceaux a choisie pour la mise en service du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe comme prison de haute sécurité qui accueillera les cent plus gros narcotrafiquants détenus en France, sa copie double de Vendin-le-Vieil essuyant les plâtres dès le 31 juillet. Après un tour de France de quatre prisons à retenir pour ce projet, Gérald Darmanin s’est officiellement prononcé sur son choix lors du JT de France 2 jeudi 6 mars.

« Renforcer l’effectif est une évidence »

Sans plus attendre, c’est donc à la séance de QAG qui a suivi ce choix que le sénateur Bitz s’est positionné en faveur d’un nécessaire renforcement des moyens « intérieurs et extérieurs » de la prison de Condé auprès du ministre de la Justice.

« L’administration pénitentiaire joue un rôle fondamental dans le combat engagé par l’État contre la menace que fait peser le narcotrafic sur sa sécurité intérieure », notamment en « empêchant les prévenus de poursuivre leur activité criminelle depuis leur cellule », a précisé Olivier Bitz.

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Le choix du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe est, selon lui, « une vraie reconnaissance du professionnalisme de ses agents dans la prise en charge des détenus les plus dangereux ».

Mais, insiste-t-il, « cette décision appelle des moyens complémentaires au sein du centre pénitentiaire de Condé où renforcer l’effectif est une évidence pour la surveillance de la coursive, avec une équipe locale de sécurité pénitentiaire ou encore des renseignements ».

« Des agents expérimentés »

Le sénateur invite le ministre à se pencher sur les profils qui intégreront cette nouvelle maison centrale dédiée aux narcotrafiquants : « Il faut des profils expérimentés », lâche-t-il. Sous entendu : pas de sorties d’école.

Pour autant, le parlementaire élu dans l’Orne souligne que, dans les affectations d’agents, il ne s’agit pas de « déshabiller le centre de détention d’Argentan situé à 40 km, déjà en manque de personnels ».

Des moyens en magistrats et policiers

Au-delà des agents pénitentiaires, ce sont aussi les magistrats et les forces de l’ordre qui sont impactés dans cette mutation de cette prison sécuritaire de l’Orne. « Le prêt de mains fortes par la police ou la gendarmerie pour les extractions, celle de protections des agents pénitentiaires contre le risque de pression sur eux et leurs familles, celle de la lutte contre les activités illicites de personnes attirées par la présence de ces détenus hors normes à Condé ne pourront pas se traiter à moyens constants, c’est-à-dire ceux d’un département rural comme l’Orne ».

À travers cette question, le sénateur a appelé le ministre de la Justice à « rassurer les Ornais sur le renforcement des moyens de l’État pour la nécessaire réussite de la prison anti-narco de Condé ».

Le sénateur Olivier Bitz a interpellé le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur « le nécessaire besoin de renforts à l’intérieur et à l’extérieur de la prison de Condé » à sa mise en service de prison anti-narco. ©Romaric Larue / L’Orne hebdo

« Ne plus regarder le statut mais la dangerosité »

En réponse Gérald Darmanin a rappelé que le projet du gouvernement était de faire en sorte que les prisons de Vendin-le-Vieil et celles de Condé-sur-Sarthe « accueillent assez rapidement les 100 plus gros narcotrafiquants pour les isoler du reste du territoire national ».

Avant de relever que « Condé est déjà une prison de haute sécurité, c’est la raison pour laquelle nous y avons envoyé Mohamed Amra ».

Mais, insiste le Garde des Sceaux, « l’une des originalités de ce projet du gouvernement », c’est de ne plus effectuer de distinctions entre le statut de prévenu ou de condamné dans le choix de l’affectation du centre de détention « mais de regarder sa dangerosité et adapter le type d’établissement ».

Des agents en binôme contre les menaces et la corruption

Il confirme donc qu’il « faut des moyens supplémentaires, oui il en faut et il en faut beaucoup dans la prison puisque nous aurons un système d’agents habilités à se déplacer toujours par deux pour éviter les risques de menace et de corruption ».

Les moyens matériels sont, eux, chiffrés à « 5 M€ par établissement » pour des travaux : « ondes millimétriques, caillebotis aux fenêtres, lutte anti drone parfaite et surtout des mesures contre la communication quelle qu’elle soit ».

Des visios à 100 % pour éviter les déplacements ?

Le fonctionnement de ces deux prisons anti-narco repose avant tout, selon le ministre de la Justice, sur le régime de détention « que je propose au Parlement en ce moment et qui vise à limiter les déplacements et éviter les extractions en imposant les visios à 100 % pour ces établissements ».

Le texte est, à ce jour, « en attente de l’avis définitif du Conseil d’État ».



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