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Après leur rodéo à moto à Clisson, les deux jeunes se retrouvent au tribunal

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L’enquête avait démarré après que « deux motocycles » aient été aperçus le 15 juillet 2024, vers 13 h rue Cacault, à Clisson, en train de faire « des roues avant » avait recontextualisé le président du tribunal correctionnel de Nantes. La circulation était alors « très dense » et les rues « très fréquentées ». Les gendarmes s’étaient donc lancés à leur poursuite.

Après s’être « engouffré » dans la rue Jean-Prigent « à contresens », un Clissonnais de 22 ans avait finalement été interpellé par les militaires. Ces derniers étaient néanmoins « restés en surveillance » dans l’espoir de voir revenir son complice, qui était parti quant à lui par la rue Saint-Gilles.

C’est à ce moment-là que ce dernier avait « surgi de derrière le garage » : il s’était « caché derrière un mur ». Voulant « sauver la moto », il l’avait enfourchée en passant « à très vivre allure près du véhicule de dotation », selon le récit du premier des deux militaires.

Celui-ci avait alors « été comme happé » en tentant de le rattraper en courant et était « tombé sur l’asphalte » après que ses pieds aient « accroché le bitume ». Le jeune fuyard avait lui « grillé un feu » puis était parti « se cacher », cette fois-ci « dans un parc » de la ville. La moto-cross ne sera finalement « jamais retrouvée », a précisé le président du tribunal correctionnel.

Le jeune homme avait alors été interrogé : il avait admis avoir voulu « faire un tour » au guidon de cette moto-cross qu’il savait « non homologuée » pour rouler sur la route, et « non assurée » qu’il avait achetée à son « ami » du jour.

Lors de l’audience, il a expliqué qu’il n’avait « pas les moyens de se payer une licence » pour pratiquer sur un circuit de moto-cross. D’un point de vue judiciaire, il avait déjà été condamné, par le passé, pour « usage de stupéfiants » et « port d’arme prohibé ».

« Il y avait au moins 5 mètres entre nous »

Son complice avait été ensuite interpellé : ce jeune titulaire d’un bac pro en mécanique – qui a d’ailleurs « un diplôme pour rouler en compétition », et dont la moto est « une passion » – n’a « pas réfléchi » au moment d’enfourcher l’engin. Mais ce jeune de 26 ans de Cugand (Vendée), jusqu’alors inconnu de la justice, maintient n’être allé « en aucun cas » en direction du gendarme de 44 ans et que ce dernier ne l’a « pas touché ».

Il y avait au moins cinq mètres entre nous.

Le prévenu

Des propos qu’il a certifiés aux trois juges du tribunal correctionnel de Nantes.

Aujourd’hui, il travaille – comme son co-prévenu – dans un fast-food mais il se dit « prêt à reprendre » dans la mécanique après avoir eu une mauvaise expérience avec son « ancien patron ».
Sur le plan sanitaire, il estime être « en bonne voie » pour se sortir de son « addiction » au cannabis, qui l’a conduit à fumer jusqu’à « dix joints par jour ».

Maintenant je ne fume que le soir, un ou deux joints.

Un des prévenus

« Il n’y a plus de respect pour l’uniforme »

Il a par ailleurs « complètement arrêté » la cocaïne « il y a un an et demi » et, pour ce qui est de la kétamine, il n’y a « pas retouché » depuis « deux mois ». « Pour le corps c’est de la merde », a-t-il expliqué cette fois-ci au tribunal. Le premier fuyard a, quant à lui, arrêté l’école après la classe de terminale : il a « des soucis de famille » et est parti « directement dans le monde du travail » sans avoir le bac en trouvant des jobs « en usine en intérim ». Il misait sur « les jeux d’argent » pour gagner sa vie « mais il y a un moment où ça ne marche plus ».

L’avocate des parties civiles, quant à elle, a déploré qu‘il n’y ait « plus de respect pour l’uniforme » : le fuyard a « mis en péril la vie » d’un gendarme. Le jeune collègue qui était avec lui ce jour-là a depuis « quitté la gendarmerie » : il a été « tellement impacté » de « voir son camarade à terre » qu’il a « préféré se mettre en retrait »... et intégrer la police nationale.

Il a embrassé d’autres valeurs et a fait un autre choix de carrière que les prévenus, alors qu’ils ont pourtant tous à peu près le même âge.

L’avocate des deux gendarmes.

 Je n’imagine pas que l’absence, de ce second gendarme à l’audience, soit liée au fait que ses déclarations ne soient pas en totale concordance sur les circonstances de la chute, avec celles de son collègue.

L’avocat d’un des jeunes, Sami Khankan, ironique lors de l’audience.

Ces wheelings dans la ville de Clisson embêtent et choquent la population : ils polluent la vie des gens.  Je ne crois pas non plus que le gendarme ait fait une galipette tout seul pour s’amuser.

Le procureur de la République.

Il avait donc requis un an de prison avec sursis pour l’un des jeunes et huit mois avec sursis pour l’autre. Tous deux devaient aussi se voir infliger une interdiction de conduire tout véhicule à moteur pendant deux ans et payer une amende de 500 € au Trésor public, selon lui.

Des scellés brisés dans cette histoire

Début février, après la mise en délibéré, le principal accusé (celui qui a frôlé le gendarme) a finalement été relaxé. Mais il a écopé de dix mois de prison avec sursis et d’une interdiction de conduire tout véhicule à moteur pendant six mois pour son « refus d’obtempérer ». Son complice a lui été condamné à cinq mois de prison avec sursis, à une annulation de son permis de conduire et à une interdiction de le repasser avant six mois.

Les deux devront aussi payer respectivement 1 000 € et 500 € d’amendes au Trésor public. Sur le plan civil, ils devront verser chacun 900 € de dommages et intérêts au gendarme et 600 € à son ancien collègue, mais aussi leur payer ensemble 400 € pour leurs frais de justice. Le jugement a été frappé d’exécution provisoire, ce qui signifie qu’il s’applique dès à présent, même s’ils en faisaient appel.

L’affaire sera par ailleurs rejugée en partie dans un an environ : l’amie d’un des prévenus devait être jugée à leurs côtés car elle est accusée d’avoir « brisé les scellés » posés par la gendarmerie sur leur habitation à Cugand.

Mais celle-ci n’avait « pas de nouvelles » de son avocate le jour de l’audience et est actuellement « enceinte » avait-il été dit. Le tribunal avait donc prononcé une « disjonction » de son affaire pour pouvoir la rejuger seule, ultérieurement.



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