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comment les gendarmes infiltrent les réseaux criminels sur internet

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À Quimper (Finistère), les bureaux de ces gendarmes sont à leur image. Discrets. Très discrets.

Et pour cause : ces enquêteurs nouvelles technologies, les Ntech comme ils se surnomment dans leur jargon, ont pour mission de traquer les criminels sur internet, les réseaux sociaux et le darkweb.

Enquêtes sous pseudonyme

Cette cellule d’experts dépend de la brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires (BDRIJ). « Nous étions trois jusqu’au 15 février 2025. Depuis, nous avons reçu le renfort d’une personne supplémentaire », se réjouit l’adjudant-chef Laurent Suard.

Lui et ses collègues sont tous officiers de police judiciaire ; leur rôle est de collecter « des preuves numériques » pour nourrir les procédures.

Pour cela, ces gendarmes peuvent mener des enquêtes sous pseudonyme. Ce moyen d’intervention leur permet d’investir le même terrain que les malfaiteurs, d’observer leurs pratiques et d’instaurer des échanges avec eux ou leurs lieutenants.

Établir le contact relève d’un travail très minutieux. De même, cela peut prendre du temps de créer une discussion.

L’adjudant-chef Laurent Suard.
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Adaptation à la technologie et à la délinquance

Dans le Finistère, les enquêtes sous pseudonyme concernent principalement la lutte contre la pédopornographie et le trafic de stupéfiants. La gendarmerie peut y avoir recours contre le terrorisme, la traite des êtres humains et la délinquance en bande organisée.

Adaptation, c’est le maître mot de notre métier. Nous suivons les évolutions de la technologie, de délinquance et de ses méthodes.

Laurent Suard.

Dans son équipe, on adapte aussi ses horaires. Il prend l’exemple d’investigations sur des réseaux pédocriminels. « Les contacts entre les auteurs de violences et les victimes ont rarement lieu en journée, à des heures de bureau, et seulement du lundi au vendredi. » 

Laurent Suard, 48 ans, est enquêteur nouvelles technologies depuis 2001. Il est aussi spécialiste en cryptomonnaie. Ces dernières années, il a vu la montée en puissance des investigations sur internet. 

Cyberpatrouilleurs : nouveau service à Brest

Cela devrait continuer. Fin février 2025, le colonel Pierre-Yves Caniotti, le patron du groupement de gendarmerie du Finistère a notamment évoqué le recours aux enquêtes sous pseudonyme pour accentuer « la logique de harcèlement des délinquants ».

De son côté, la police nationale dispose de cyberpatrouilleurs. « Ces postes ont été créés il y a trois ans. Ils se mettent en place progressivement. Dans le Finistère, la création de ce service à Brest remonte à fin février », indique un membre de l’état-major départemental à Côté Quimper

Les missions sont identiques à celles de la gendarmerie ; l’enquête sous pseudonyme fait aussi partie des moyens d’intervention « pour infiltrer des réseaux criminels sur internet et récupérer des preuves ». 

La direction de la police refuse néanmoins de communiquer sur le nombre de cyberpatrouilleurs, désormais en poste dans le Finistère. Discrétion oblige. 



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