Aboubacar Fofana avait 22 ans lorsqu’il a été tué par un tir de policier lors d’un contrôle de police en 2018 à Nantes.
Le jeune homme, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour « vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs », a été touché par balles alors qu’il effectuait une marche à arrière pour fuir le contrôle. Blessé au cou, Aboubacar Fofana est décédé à l’hôpital.
La mort du jeune homme avait provoqué plusieurs nuits consécutives de violences urbaines dans les quartiers du Breil et de Bellevue.
Sept ans après les faits et la mise en examen du CRS, le procès va enfin se tenir.
Une affaire « très ancienne »
Des mots même de Me Franck Boëzec, l’avocat de la famille de la victime, l’affaire est « très ancienne ».
« Il y a des explications objectives à ce retard liées à la situation procédurale », explique-t-il à actu Nantes. Il souligne toutefois des « délais hors du raisonnable » dans le cadre de cette affaire.
S’agissant de la mort d’un jeune garçon, du jugement d’un policier, je m’interroge sur la manière dont ce dossier aurait pu être priorisé différemment pour le bien de l’ensemble des parties.
La qualification de l’affaire a de plus été sujette à débat. Le policier qui avait dans un premier temps invoqué la légitime défense, avait finalement assuré avoir tiré « par accident ». Le fonctionnaire de police a été mis en examen pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
« Nous sommes frustrés par cette qualification pénale retenue », remarque Me Boëzec qui souhaitait un procès pour meurtre.
Plusieurs appels
En plus de l’appel de Me Boëzec pour demander la requalification des faits en meurtre, l’avocat du mis en cause, Me Laurent-Franck Liénard, a notamment demandé à la cour d’appel l’abandon des poursuites. Deux demandes refusées. Le policier s’est aussi pourvu en cassation, sans succès.
Le procès aura finalement lieu le 12 janvier jusqu’au 16 janvier 2026 selon Me Boëzec. L’affaire sera jugée par une cour criminelle départementale.
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