C’est ce que l’on pourrait appeler, dans le jargon journalistique, « un marronnier ». À la seule différence qu’ici, le sujet n’a rien de léger ou de simpliste. S’ils reviennent chaque année à la table des conseils municipaux – et, de fait, dans nos colonnes -, c’est que les Débats d’orientation budgétaire (DOB) sont essentiels à la préparation du vote du budget, qui interviendra au mois d’avril. « Je le rappelle, aujourd’hui il s’agit simplement d’exposer les éléments », prévenait d’emblée Laurent Hourquet, le maire de Revel, lors du conseil municipal du jeudi 6 mars 2025.
Une séance justement consacrée en grande partie au DOB. Avec un budget prévisionnel établi, comme l’on s’en doute, dans un contexte particulier : une inflation de 1,8 %, la réduction des aides à l’investissement (Fonds vert, dotation de soutien aux investissements locaux), une hausse des cotisations retraite… Autant d’éléments que les services de la Ville de Revel ont dû prendre en compte afin d’établir un budget « à l’équilibre ».
Vers une hausse des charges…
Comme l’ensemble des collectivités, la cité du meuble d’art va devoir composer, pour l’année 2025, avec une « hausse globale des charges ». « Mais on peut dire qu’elles seront maîtrisées, car elles augmenteraient de 5,90 % », commentait Martine Maréchal, adjointe au maire chargée des finances. Dans le détail, l’élue évoquait « des charges à caractère général qui progresserait de 8 % – en raison notamment de l’inflation et de l’augmentation de certains postes, comme les assurances -, mais aussi une hausse de 5 % des frais de personnel – qui, eux, représentent 60 % des dépenses réelles, soit 7,6 millions d’euros ».
Cette variation est liée pour un gros tiers à des choses qui nous échappent, comme les frais de recensement – puisqu’il a fallu recruter du personnel – et l’augmentation des taux de cotisation des caisses. Elles sont de 3 % cette année, mais, au cumul des quatre prochaines années vont représenter 12 %… Vous imaginez, 12 % sur la masse salariale, ce que cela induit ?
L’édile ne le cache pas : l’impact sur les finances de la commune risque d’être important. Surtout lorsqu’on sait qu’en 2024, la collectivité employait 162 personnes. Mais alors, comment combler ce manque à gagner ?
…et des impôts locaux ?
Une nouvelle révision des taux d’imposition, voilà ce qui pourrait compenser ces frais. C’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre les élus, ce jeudi soir. « En 2024, nous étions sur un produit de 7,6 millions d’euros. Pour 2025, nous devrions bénéficier de l’effet de revalorisation des bases, fixée à 1,7 %. Cela nous rapporterait 164 000 € de plus, faisait savoir Martine Maréchal. Toutefois, pour parvenir à une stabilité des recettes, nous avons calculé une augmentation des taux communaux de 1,5 %. Si on la vote en avril, elle nous ramènerait 115 000 € de plus, pour une recette d’impôt et de taxes de 7,9 millions d’euros. » Soit plus de la moitié de l’enveloppe totale (14,7 millions d’euros) inscrite à la ligne des recettes de fonctionnement.
Ce 1,5 % devrait nous permettre de compenser ces 3 % qui vont perdurer, tout en restant raisonnables sur nos taux d’imposition. Nous sommes très décrochés des communes voisines, avec pratiquement une vingtaine de points d’écart, mais il faut rester raisonnable, sachant que nos leviers de taxe ne jouent désormais principalement plus que sur la taxe foncière, qu’il s’agisse du bâti ou du non-bâti, et donc sur les propriétaires.
8,3 millions d’euros d’investissements
Entre ses 14,7 millions d’euros de recettes de fonctionnement et ses 12,7 millions de dépenses, la Ville de Revel pourrait donc bien dégager une épargne nette d’environ 1,9 million d’euros en 2025. « C’est un départ pour des investissements », se félicitait l’adjointe au maire. Restait à savoir lesquels.
« En 2024, nous avons investi à peu près 8,8 millions d’euros », rappelait-elle. Une enveloppe qui devrait, à peu de chose près, rester similaire en 2025. « Nous avons arrêté un budget de dépenses de 8,266 millions d’euros. » Les investissements récurrents pourraient s’élever à 3,234 millions d’euros en 2025 avec notamment :
- 1,2 million d’euros de travaux de voirie et réseaux ;
- 637 000 € d’achat de matériel, véhicules et mobiliers ;
- 232 000 € de travaux divers sur les bâtiments communaux ;
- 160 000 € de remplacement du matériel d’éclairage public ;
- 150 000 € de travaux de sobriété énergétique.
Les projets du mandat, eux, comptent pour 4,981 millions d’euros, dont :
- 1,782 million d’euros pour l’opération de réhabilitation de la halle et du beffroi sur un total de 2,665 millions d’euros ;
- 625 000 € de subvention à l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) pour la pépinière artisanale, compensés par la cession du bâtiment ;
- 440 000 € pour l’opération de restauration de l’église Notre-Dame-des-Grâces sur un total de 1,320 million d’euros ;
- 430 000 € pour les travaux du réseau pluvial ;
- 350 000 € pour la signalisation directionnelle ;
- 300 000 € pour la requalification de l’avenue de Castelnaudary ;
- 200 000 € pour l’opération de rénovation de l’école maternelle Roger-Sudre sur un total de 2,6 millions d’euros ;
- 195 000 € d’aides à la rénovation des logements (OPAH), des boutiques et la restauration des façades ;
- 178 000 € pour l’assistance et le choix du maître d’œuvre concernant le tour de ville.
Quid de l’emprunt et de la dette ?
Plus globalement, ce sont un peu plus de 11 millions d’euros (nouvelles dépenses et reste à réaliser 2024) que la collectivité va devoir financer en 2025. Comment ? Grâce à des restes de subventions (451 000 €), l’épargne nette (1,35 million d’euros), des recettes propres d’investissement (1,774 million d’euros), mais aussi de nouvelles subventions (1,364 million d’euros). « Pour boucler ce budget, nous emprunterions à hauteur de 2,227 millions d’euros – contre 4,4 millions en 2024 -, tout en utilisant notre excédent de trésorerie de 1,436 million d’euros », précisait Martine Maréchal.
Avant de conclure son propos sur l’encours de la dette : « À fin 2025, nous aurions donc 11,827 millions d’euros de dette avec une épargne brute de 1,984 million, pour un ratio de 5,96 ans, ce qui est tout à fait acceptable. D’autant que dette devrait descendre rapidement après 2028, ce qui permet de dire qu’il pourra y avoir d’autres recours à l’emprunt et des investissements dans les années à venir. »
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