Alors que la date du procès pour meurtre de Cédric Jubillar vient tout juste d’être confirmée, de source judiciaire, au 22 septembre 2025, devant la cour d’assises du Tarn, l’émotion est toujours palpable à Cagnac-les-Mines (Tarn), commune où l’infirmière de 33 ans a disparu il y a plus de quatre ans maintenant.
Les années passent… les marques restent
À Cagnac-les-Mines, les marques de la disparition de Delphine sont toujours présentes… comme si les années écoulées n’avaient pas existé. « Le village y pense encore », raconte début mars une employée de la seule pharmacie du village. « D’ailleurs, voyez, on a une affiche là et on n’arrive pas à l’enlever », montre-t-elle.
Alors que des battues citoyennes avaient été organisées très rapidement après l’annonce de la disparition de Delphine en 2020, quatre ans après, certains poursuivent les recherches.
Jérémie, qui s’était joint aux toutes premières battues, continue de donner de sa personne. Il persévère de son côté dans les fouilles, tous les deux jours environ : « Certains proches me disent : tu vas trop loin, arrête, tu as autre chose à faire de ta vie. Mais je m’en voudrais de lâcher maintenant. Et puis, je ne peux pas l’oublier, je suis né le même jour ».
Une maison figée
Depuis le début de l’enquête, la maison du couple n’a pas changé. Elle est restée figée, comme suspendue dans le temps. Le muret en béton gris partiellement effondré laisse une pleine vue sur la bâtisse aux parpaings apparents, car jamais terminée par Cédric.
La voiture, une Peugeot 307 au pare-brise enfoncé, est toujours garée devant. Elle non plus n’a pas bougé depuis le début de l’affaire.
Des voisins dévastés

(©Laurent Derne / Actu Toulouse)
Quatre ans plus tard, les voisins du couple restent submergés d’émotion. Olga, petite dame élégante de 73 ans habitant tout proche n’est toujours pas remise de cette nuit, synonyme d’horreur.
Elle et son mari, décédé aujourd’hui, n’ont rien entendu de ce qu’il se déroulait à côté de chez eux. C’est au matin que les gendarmes venus les interroger leur ont appris la nouvelle. « Mon Dieu », souffle-t-elle encore aujourd’hui, se prenant le front dans la main. « On en est tombés tous les deux… ».
Des réponses attendues
Avec l’annonce de la date du procès désormais connue, le 22 septembre 2025, les habitants espèrent des réponses. « On aimerait savoir ce qui s’est passé exactement », confie l’une d’entre eux, souhaitant rester anonyme. « Il faut que la famille puisse faire le deuil à un moment donné. » « On espère tous un dénouement de l’histoire », souffle quant à lui le maire de la commune, Patrice Norkowski.
Après le procès, Olga la voisine du couple, souhaiterait organiser une grande messe pour Delphine. « Ça m’aidera, moi, à avancer. Parce que j’ai besoin de faire quelque chose pour Delphine. »
Rappel des faits
Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Delphine Jubillar a mystérieusement disparu de son domicile de Cagnac-les-Mines. En plein milieu de la nuit, elle a laissé derrière elle son mari, Cédric, et ses deux enfants âgés de 6 ans et 18 mois à l’époque.
L’enquête a montré que le couple Jubillar battait de l’aile. Delphine fréquentait un autre homme avec lequel elle voulait refaire sa vie. L’artisan plaquiste est rapidement devenu le suspect numéro un de l’affaire. Il est aujourd’hui encore soupçonné du meurtre de Delphine, dont le corps n’a pas été retrouvé. Mais n’a jamais cessé de clamer son innocence.
(Avec AFP)
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