L’ancien maire de Vue (Loire-Atlantique) a été jugé mercredi 5 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Nantes pour de nouveaux « outrages » à l’égard de Nadège Placé, son ancienne adjointe qui lui a succédé à la mairie lors des élections municipales de 2020, relate l’agence Presspepper.
Le 2 juin 2023, sur une page Facebook intitulée « Autres Points de Vue », suivie par 300 personnes et désormais supprimée, Pascal Rabevolo avait fait état de ses « questionnements personnels » sur la gestion du budget communal. Son post avait été publié quinze jours après une première condamnation pour « outrage » à l’égard de la maire.
L’ancien élu y évoquait aussi sa « démise de ses fonctions » d’élu au conseil municipal de Vue par le tribunal administratif de Nantes « à la demande » de Nadège Placé et disait « avoir subi deux gardes à vue », « une mesure de contrôle judiciaire jusqu’en 2026 » et avoir juste fait « appel d’une décision de justice qui le condamne à trois mois de sursis simple ».
Mais, selon l’avocat de Nadège Placé, Pascal Ravebolo « impute » également à sa cliente le fait d’avoir fait financer un chemin qui bénéficie « qu’au seul fils de la meilleure amie de Nadège Placé ».
Pour Me Clément Launay, une telle phrase ferait référence à des « détournements de fonds publics » qui porteraient « atteinte à l’honneur » de la maire actuelle de Vue.
La « réitération » d’un « narratif complotiste »
L’avocat a par ailleurs ajouté que c’est Pascal Rabevolo qui avait fait acheter ces parcelles « enclavées » et que la commune avait dû faire créer un chemin, comme son ancien maire en avait « l’intention ».
Le maire déchu de Vue a toutefois réfuté cette interprétation et assuré au tribunal s’être lui-même « retrouvé devant le fait accompli » lors de l’achat des terrains.
Dans son post Facebook, Pascal Rabevolo avait aussi accusé Nadège Placé d’avoir « joué de ses appuis pour obtenir des décisions de justice » en sa faveur. Elle aurait fait « entrave à la justice », ce que l’avocat de la maire actuelle a réfuté.
« Ce n’est pas un plaisir » que sa cliente – « confrontée à la réitération de ce narratif complotiste » – saisit la justice mais elle y a été « contrainte » car l’inverse revenait à « admettre » que ce que son prédécesseur disait était « vrai », a-t-il expliqué.
Me Clément Launay a également demandé au tribunal correctionnel de Nantes d’écarter le « bénéfice de bonne foi » pour exonérer Pascal Rabevolo de toute faute pénale.
Nadège Placé a reçu à ce titre l’appui de l’Association des Maires de France (AMF) de Loire-Atlantique, qui « vient au soutien » des élus qui sont « trop souvent dans la difficulté ».
Me Olivier Méchinaud a appelé les juges à « mettre un stop » à ces propos « diffamatoires » motivés par une « animosité personnelle » à l’encontre de la maire qui l’a battu aux élections.
Le procureur de la République, suite à ces déclarations, n’a lui non plus « pas vu » de « bonne foi » dans les propos de l’ancien maire de Vue : ils sont en réalité animés par « la rancœur » et « une certaine forme d’animosité » à l’égard de Nadège Placé.
« La liberté d’expression est fondamentale mais il faut savoir y mettre des limites », a-t-il rappelé avant d’appeler le tribunal correctionnel de Nantes à infliger « une amende » à Pascal Rabevolo, sans toutefois en préciser le montant.
Une expulsion « sans les cameras complaisantes de M6 »
De son côté, l’avocat de la défense a convenu qu’il n’y avait « pas de doute » sur l’existence d’une « opposition politique » entre Nadège Placé et son client, tout en rappelant que celui-ci avait « reconnu » qu’elle avait « très nettement gagné » lors des élections municipales de 2020 – même s’il y avait eu « certes de la déception ».
« À chaque audience, on vient nous seriner qu’il y aurait quelque chose de » pas digéré « ou de » misogyne « à l’égard de Mme Placé, mais ce n’est pas du tout le cas, a certifié Me Loïc Cabioch. Il ne prétend pas avoir » fait « Mme Placé, mais il a tout de même contribué à ce qu’elle prenne sa place : il ne faut pas oublier que c’est lui qui, initialement, lui a proposé de faire partie de son équipe… »
L’avocat de Pascal Rabevolo a aussi rappelé que la précédente condamnation pour « outrages » de Pascal Rabevolo lui avait valu d’être interdit de paraître à la mairie de Vue pendant trois ans.
Marié dans une autre commune que la sienne
Cela l’a poussé à « se marier à l’automne dans une autre commune », là où un maire les a « acceptés », lui et sa nouvelle épouse, alors qu’ils habitent pourtant « tous les deux à Vue ». L’ancien maire de Vue affirme aussi être « empêché de consulter la page Facebook de la commune ».
La « seule phrase » qui pourrait faire « réfléchir » les juges est celle sur les « travaux de complaisance » dont Pascal Rebevolo accuse la maire actuelle, a repris son avocat.
Mais, dans cette « petite commune de Loire-Atlantique » qu’est Vue, un « débat d’intérêt local » comme celui-ci sur « les finances communales » peut « parfaitement donner lieu à des propos excessifs », car « la jurisprudence » accorde une « tolérance plus importante » dans de tels cas.
Il a en tout cas demandé des dédommagements à Nadège Placé pour « procédure abusive », après avoir rappelé que l’expulsion de son client du conseil municipal de Vue par les gendarmes s’était faite « sous les caméras complaisantes de M6 ».
Le jugement sera rendu dans un mois.
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