« La vérité, il n’y a qu’eux qui la connaissent. J’attends leurs aveux. Cela va participer à ma reconstruction. » A la barre de la cour d’assises du Val-d’Oise, lors de l’audience en première instance en décembre 2023, le major Dominique avait prié les trois accusés à parler. Que l’un d’eux reconnaisse enfin avoir ouvert le feu à dix reprises sur lui et son collègue Philippe N., deux fonctionnaires de police, avec l’arme de service de Dominique F., à Herblay-sur-Seine le 7 octobre 2020.
Mais les accusés avaient refusé de livrer le nom du tireur tandis que l’enquête n’a jamais pu l’établir formellement. « Je préfère prendre trente ans que balancer », avait lâché l’un d’eux, la cour ayant finalement prononcé une peine commune de 25 ans de prison. Un an et demi plus tard, dès l’ouverture du procès devant la cour d’appel de Versailles (Yvelines) , Bakary D., a fini par reconnaître être l’auteur des tirs. Ce dernier a été condamné 25 ans de réclusion criminelle, vendredi 7 mars. Les deux autres accusés ont pour leur part écopé d’une peine de 20 ans de prison.
Mission de repérage
C’est pour une simple vérification d’adresse d’un garage, dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants et enlèvement, qu’au cours de la soirée du 7 octobre 2020, le gardien de la paix Philippe N. et le major Dominique F., deux policiers du Groupe de répression du banditisme (Grb) de l’antenne de Cergy de la police judiciaire (Drpj) de Versailles s’étaient rendus dans la zone industrielle de l’avenue du Gros-Chêne.
Il était 22h lorsqu’ils arrivent sur place. Les fonctionnaires tombent sur trois individus qui leur demandent de dégager. Philippe N. et Dominique F. leur répondent qu’ils sont policiers, présentant leur carte et montrant respectivement leur arme de service.
» Prenez leurs armes et butez-les ces sales flics ! «
Les trois hommes ont toujours affirmé ne pas avoir cru les policiers, expliquant les avoir pris pour des manouches venus les voler. Ils se sont alors acharnés sur eux, leur portant plusieurs coups de poing et de pied.
En première instance, Dominique M. avait assuré avoir entendu l’un des accusés lancer : « Prenez leurs armes et butez-les ces sales flics ! ». Dans la foulée, le fonctionnaire se fait arracher son arme avant que les coups de feu ne retentissent. Une première balle l’atteint à la jambe. La deuxième se loge dans sa cuisse. Philippe, lui, est touché de quatre balles, en plus de subir un enfoncement du crâne.
Les agresseurs prennent ensuite la fuite, non sans avoir auparavant fait les poches de leurs victimes pour leur voler leurs portables. Ils ne trouvent toutefois pas le téléphone de service dans la poche intérieure de la veste de Dominique, ce qui leur sauve la vie. Le fonctionnaire donne l’alerte, lui et Philippe étant hospitalisés dans des états critiques.
Près de cinq ans plus tard, ces derniers gardent toujours des séquelles physiques, mais également psychologiques. Aucun des deux policiers n’ayant repris leur activité professionnelle.
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