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Hélène et les garçons, hommes-falaises, petit gredin casqué… L’œil d’Ovale Masqué sur Irlande-France

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France – Angleterre a toujours été le grand rendez-vous du Tournoi des 6 Nations. On a même donné à cette affiche un surnom, dont personne ne comprend vraiment l’origine ni le sens, et c’est la marque des grands surnoms. Mais cela fait quelques années que le vrai match que l’on attend, c’est celui contre l’Irlande.

Irlande – France : la chronique d’Ovale Masqué

Si habituellement, l’évocation de ce pays fait immédiatement jaillir un imaginaire folklorique plutôt charmant (des pubs bondés, des vertes vallées, des leprechauns, la haine des Anglais et l’alcoolisme…), c’est tout autre chose lorsque l’on parle de rugby. Là, on voit tout de suite une forêt de bras et de jambes verts étalés au sol de façon anarchique, sous le regard impuissant d’un arbitre qui se dit « je peux siffler 78 trucs là, mais comme j’arrive pas à choisir, je vais m’abstenir ».

On revoit le drop irréel de Sexton au Stade de France à la 82e minute. On revoit tout un tas de matchs récents où les 22 mètres adverses paraissaient être une contrée lointaine et chimérique, où on l’on touchait tellement peu le ballon que tous les joueurs du XV de France se transformaient en ailiers de Régionale 1 en plein mois de janvier.

Mercredi : Macron annonce le réarmement de la France. Samedi : un drone neutralise James Lowe lors de l’échauffement. (©France 2)

Battre l’Irlande, c’est déjà compliqué. Mais alors battre l’Irlande à Dublin… l’Aviva Stadium, c’est le plus grand donjon BDSM d’Europe. On ne peut en ressortir qu’en deux états : en homme brisé, ou en héros. Défier les Verts dans leur temple, c’est le test d’endurance physique et mentale ultime. À part un dîner de Noël en famille ou le visionnage d’une émission de Léa Salamé en intégralité, rien ne peut autant tester les limites d’un être humain.

Ça commence mal pour la défense française : Moefana pris par la feinte du PPM (le petit président marrant).
Ça commence mal pour la défense française : Moefana pris par la feinte du PPM (le petit président marrant). (©France 2)
Vidéos :

Samedi, les Bleus ont donc réalisé une des plus belles performances de leur histoire récente, et probablement un des tous meilleurs matchs de l’ère Galthié (une ère où on a déjà battu l’Irlande une paire de fois et la Nouvelle-Zélande à trois reprises – on mange bien quand même non ?). Et ça compte encore plus que les dernières fois puisque cela a été réalisé en partie sans Antoine Dupont, soit l’équivalent du « sans les mains ! » quand on fait du vélo à 6 ans.

Maxime Lucu quand on lui annonce « Dupont est out, tu dois réaliser le plus grand match de ta carrière internationale à Dublin ».
Maxime Lucu quand on lui annonce « Dupont est out, tu dois réaliser le plus grand match de ta carrière internationale à Dublin ». (©Publicité Volkswagen)

Il fallait bien ça pour faire oublier le suicide londonien d’il y a deux semaines et faire taire les critiques sur cette fameuse génération dorée qui semblait avoir la flemme de remplir l’armoire à trophées. Évidemment, on reste la France, une nation magnifique parfaitement capable de se chier dessus contre une Écosse qui est pour l’instant aussi intimidante que Finn Russell torse nu. Ou de fêter une victoire dans le Tournoi en garde à vue. Mais en attendant, on va quand même la savourer, celle-là.

Ce chanteur a typiquement le look du gars dont tu n’a jamais entendu parler mais qu’on t’annonce comme la grande sensation du moment sur le plateau de Quotidien.
Ce chanteur a typiquement le look du gars dont tu n’a jamais entendu parler mais qu’on t’annonce comme la grande sensation du moment sur le plateau de Quotidien. (©France 2)

La composition des Bleus

Clique par ici mais reviens vite (pas comme Antoine Dupont).

Le film du match :

Je ne sais pas vous, mais moi, j’aime bien quand les choses sont à leur place. Quand je vais au McDo, c’est pour manger un bon vieux burger industriel et des frites molles, pas une salade healthy. Et bien quand je regarde un Irlande – France, je veux voir des chandelles irlandaises, et des Français qui se trouent en dessous.

Pourtant, il avait pas eu peur de se décoiffer.
Pourtant, il avait pas eu peur de se décoiffer. (©France 2)

Le début de match répond donc parfaitement à mes attentes, avec un premier ballon chipé dans les mains de Romain Ntamack. À partir de là, on sait tous parfaitement ce qui nous attend : un grand et long voyage dans le tambour de la machine à laver irlandaise.

Pendant une bonne vingtaine de minutes, ça va secouer dans tous les sens, et à la fin, il y a peu de chances qu’on reparte avec des vêtements plus propres. Mais c’est ça, le test. Si on survit à ça, on sait qu’on a peut-être fait le plus dur. La preuve avec Damian Penaud : sa mère l’a mis dans le lave-linge quand il était petit, et aujourd’hui il a l’air parfaitement sain mentalement.

Le Grand Stratège français en action.
Le Grand Stratège français en action. (©France 2)

Les Français vont donc être dans le dur dès cette entame de match. Les vagues offensives vertes s’enchaînent, avec à la baguette, la pépite Sam Prendergast : peut-être le seul joueur au monde qui arrive à nous faire penser que Jonathan Sexton était un joueur élégant et véloce.

Un vrai ouvreur des années 70 qui joue sans avoir à courir, et qui s’entraîne sans avoir à faire de musculation. Dans une équipe qui domine son sujet et déroule, cet anachronisme peut avoir son charme. Quand les choses se compliquent, par contre, c’est un peu comme déclarer la guerre à la Russie avec une catapulte rouillée comme seul arme de destruction massive.

Quand les videurs du Basic Fit t'éjectent parce que t'es trop maigre.
Quand les videurs du Basic Fit t’éjectent parce que t’es trop maigre. (©France 2)

Si vous avez envie de revoir ce match mais que vous manquez de temps, regardez juste ces 20 premières minutes. Tout est là. En plus, vous vous épargnerez le crève-coeur de voir Antoine Dupont en larmes. Certes, les Bleus sont assiégés et parfois au bord de l’asphyxie, comme certains gros plans cruels qui m’ont rappelé mes pires cours d’EPS, quand au bout de 10 minutes, mon regard se fixait sur l’horloge du gymnase et me faisant hurler « SEULEMENT ?? ».

Mais les Bleus ne sont pas dominés physiquement. Ils enchaînent les gros plaquages et repoussent les offensives irlandaises les unes après les autres, à l’image d’Alldritt et Boudehent qui retournent Doris dans l’en-but.

Boudehent et Alldritt, plus efficaces pour empêcher la chute d’un irlandais que celle de La Rochelle.
Boudehent et Alldritt, plus efficaces pour empêcher la chute d’un irlandais que celle de La Rochelle. (©France 2)

Tout le monde s’y met. Vraiment tout le monde, puisque selon les statistiques du match Thomas Ramos aurait réalisé trois plaquages, soit trois de plus que sur le reste de sa carrière internationale. Même Bielle-Biarrey et son physique d’acteur d’Hélène et les Garçons se met à coller des timbres comme s’il jouait dans Spartacus.

Le casque est rouge car il est imbibé du sang de ses adversaires.
Le casque est rouge car il est imbibé du sang de ses adversaires. (©France 2)

Bon, tout n’est pas parfait, hein. On tremble un peu en se faisant transpercer au centre du terrain – une sale habitude qui doit faire perdre ses sourcils à Shaun Edwards. Heureusement, Henshaw c’est pas O’Driscoll, et la brèche est rapidement colmatée.

Rassurezè-vous, le saloon de Marcoussis va rapidement fermer ses portes après ça.
Rassurez-vous, le saloon de Marcoussis va rapidement fermer ses portes après ça. (©France 2)

Petit à petit, le moral irlandais s’érode sur les hommes-falaises que sont Boudehent, Alldritt, Guillard, Flament et autres Moefana. Et puis on n’oublie pas de montrer aux Irlandais que nous, les Français, on est aussi et surtout des sacrés gros opportunistes. Une première tentative de contre-attaque éclair est avortée pour un en-avant de passe entre Moefana et Mauvaka. Quelques minutes plus tard, rebelote alors qu’Antoine Dupont était prêt à planter la dague dans le dos de la Verte Erin.

C'est la dernière fois que vous verrez Antoine Dupont dans un en-but avant 8 mois. Putain 8 mois.
C’est la dernière fois que vous verrez Antoine Dupont dans un en-but avant 8 mois. Putain 8 mois. (©France 2)

Et bien sûr, il y a François Cros, l’homme, la pas-légende car la dernière fois qu’il a touché un ballon Jean Castex était premier ministre donc le grand public ne sait absolument pas qui il est. Il n’aura jamais le titre d’homme du match et les honneurs mais c’est pas grave, les vrais savent.

Après avoir réalisé 22 plaquages en 11 minutes de jeu (c’est pas tout à fait vrai, mais il parait qu’il faut réécrire l’histoire à son avantage, en tout cas si je veux bosser sur RTL un jour ça peut aider) le troisième ligne toulousain réalise un grattage salvateur qui nous permet de respirer un poil.

Peut-être qu'il devrait jouer sans casque pour nous faire admirer cette magnifique chevelure de Sexy Silverfox.
Peut-être qu’il devrait jouer sans casque pour nous faire admirer cette magnifique chevelure de Sexy Silverfox. (©France 2)

L’orage commence à doucement s’éloigner, et le score est toujours de 0-0, Prendergast ayant expédié sa seule tentative de but sur le poteau. C’est le moment de dégoûter tout le monde avec un bon vieil essai contre le cours du jeu. La première étincelle vient de Louis « L1 + Triangle » Bielle-Biarrey, qui, dès qu’il reçoit le ballon dans le couloir, tape à suivre. Un cheat code qui marche presque à chaque fois.

Si ça n’aboutit par sur un essai cette fois, les Bleus vont se retrouver en supériorité numérique après un geste d’anti-jeu assez gratuit de Joe McCarthy sur Thomas Ramos. Les Irlandais perdent donc cet espèce de Paul Willemse à mulet et à la sauce Guinness, un de leurs rares joueurs à pouvoir rivaliser avec la férocité française. 

Comment lui en vouloir, tout le monde a envie de taper Ramos sans raison réellement valable.
Comment lui en vouloir, tout le monde a envie de taper Ramos sans raison réellement valable. (©France 2)

Après les rois du gaspillage à Londres, les Français sont redevenus écolos. Rien n’est gâché : sur une touche bien captée et un ballon porté, Antoine Dupont s’empare du cuir et joue juste pour offrir l’essai à Bielle-Biarrey. Ça s’appelle un essai à une passe, quand les Irlandais n’ont rien obtenu en en faisant 679. Le rugby est injuste, mais quand l’injustice est de notre côté, ça nous va pas si mal.

Encore et toujours toi, petit gredin casqué.
Encore et toujours toi, petit gredin casqué. (©France 2)

0-5. On respire, et même on s’enflamme un tout petit peu, quand LBB se retrouve contaminé par le virus de la zinzinerie de Thomas Ramos en réalisant une passe au pied dans ses 22 mètres. Le genre de truc où tu sais que tu vas te faire défoncer à la vidéo le lundi, mais c’était trop tentant. 

C’est quoi être français ? Se plaindre régulièrement que les Anglais sont arrogants, puis tenter des dingueries de ce genre à chaque match.
C’est quoi être français ? Se plaindre régulièrement que les Anglais sont arrogants, puis tenter des dingueries de ce genre à chaque match. (©France 2)

On pourrait donc dire que tout va bien et que tout est sous contrôle. C’est alors que LE DRAME © va arriver. Sur un regroupement (quelle idée d’aller là-dedans, le rugby à 7 nous l’a vraiment détraqué…) le genou d’Antoine Dupont se connecte sur sncf.com et se réserve un aller direct pour Capbreton. Je sais, je sais, vous êtes en colère, tristes. Vous voulez votre vengeance. Vous voulez du sang, une tête qui roule sur la place publique. Personnellement, deux jours après, je ne sais toujours pas si c’est un attentat ou un accident malheureux comme il en arrive souvent et en arrivera toujours dans un sport aussi idiot et violent.

Cette chistéra, c'était vraiment le dernier cadeau du Dieu du rugby avant de monter au ciel.
Cette chistéra, c’était vraiment le dernier cadeau du Dieu du rugby avant de monter au ciel. (©France 2)

Ce qui est sûr, c’est que ça fait chier d’être privé de 8 mois d’Antoine Dupont. C’est au moins 12 minutes d’une vidéo de highlights YouTube qu’on ne verra jamais. C’est au moins 123 tweets (enfin, des blousques plutôt) énamourés de Squidge Rugby qu’on ne lira jamais. Si vous êtes supporter toulousain, j’imagine que vous êtes en deuil et que vous avez mis le polo noir (avec les 6 étoiles quand même, vous pouvez pas vous en empêcher) au boulot ce lundi. Toutes mes condoléances, on est ensemble (enfin pour Paul Graou par contre c’est votre problème pas le mien).

Putain, le pire c'est que pour revoir Dupont on va être obligés de se taper le concert des Enfoirés.
Putain, le pire c’est que pour revoir Dupont on va être obligés de se taper le concert des Enfoirés. (©France 2)

Alors qu’il s’attendait probablement à jouer 6 minutes en 10, en 12 ou à l’aile, Maxime Lucu va donc devoir se taper 50 minutes en n°9. Personnellement, je ne suis pas inquiet. La dernière fois que le Jason Statham basque a dû faire le boulot dans un match de cette envergure, c’était après le carton rouge de Toto contre l’Afrique du Sud en 2022. Et il avait assuré. Finalement, c’est peut-être dans ce rôle de sauveur inattendu que Lucu est le meilleur : quand on est sur le rebord de la fenêtre et prêt à sauter, c’est lui qui se met à plat ventre sur le trottoir et qui nous dit « ça va bien se passer ».

Oui, au moment où Dupont sort, je suis confiant. Rien ne peut nous arriver aujourd’hui. Bon, sauf si Damian Penaud pète un câble, déchire son maillot et décide qu’à partir de maintenant, il jouera pour l’Irlande parce qu’il trouve que le vert c’est joli. Ça, c’est un risque qu’on ne peut jamais écarter.

Avouez, on l'aimerait bien s'il ne faisait pas des trucs parfaitement débiles comme ça.
Avouez, on l’aimerait bien s’il ne faisait pas des trucs parfaitement débiles comme ça. (©France 2)

Prendergast réduit le score sur pénalité, mais les Irlandais se mettent immédiatement à la faute dans la foulée, avec une escorte sous le renvoi. Une erreur inhabituelle qui semble traduire une certaine fébrilité. Ramos sanctionne, 3-8.

Prendergast réduira l’écart à deux points juste avant la pause, sur une belle pénalité de 50 mètres, mais c’est bien la bande à Toto Lulu qui rentre au vestiaire en tête, 6-8. « Il va falloir tenir » nous lancent Matthieu Lartot et Dimitri Yachvili, comme si jouer sans Dupont était jouer à 14. Spoiler : les Bleus ne vont pas se contenter de « tenir ».

Peter O'Mahony, 35 ans. Ressenti : 58 ans quand il doit défendre sur LBB.
Peter O’Mahony, 35 ans. Ressenti : 58 ans quand il doit défendre sur LBB. (©France 2)

Pourtant, le début de seconde période nous fait quelque peu trembler. Les Bleus sont de nouveau sous pression dans leur camp, et Mickaël Guillard se fait sanctionner sur une tentative de grattage à l’irlandaise. Derrière, les bouffeurs de trèfles tapent en touche et après un ballon porté efficace, Sheehan va marquer en coin. La grande cigogne verte passe la transfo en bord de touche et pour la première fois, les locaux mènent au tableau d’affichage, 13-8.

Ce vieux bohomme qui ressemble à un personnage d'alcoolo dans un roman irlandais ne le sait pas encore, mais l'après-midi va très mal tourner pour lui.
Ce vieux bonhomme qui ressemble à un personnage d’alcoolo dans un roman irlandais ne le sait pas encore, mais l’après-midi va très mal tourner pour lui. (©France 2)

Alors que ça pourrait devenir dur, c’est le moment où tout va devenir facile. Lors du premier mandat Galthié, on connaissait la France-Fatale, adepte de la dépossession mais capable de vous tuer en une contre-attaque éclair. On va découvrir une France un peu différente, capable de tenir le ballon et d’enchaîner les temps de jeu. Bon, on est loin des lancements léchés des Irlandais : c’est principalement avec des avants qui touchent le ballon et enfoncent leurs adversaires.

Une boucherie que Romain Ntamack admire depuis l’autre côté de la vitrine, en se contentant d’intervenir de temps en temps, histoire de dire « on est là quoi ». Ce n’est pas une critique, hein : c’est admirable de jouer aussi juste que lui quand on ne touche que 4 ballons par matchs. Moi, il me faut un texte de 17 pages pour réussir à sortir 4 blagues drôles.

Alldritt et sa tête rouge qui part en chasse : une sorte de Maccarthysme inversé.
Alldritt et sa tête rouge qui part en chasse : une sorte de Maccarthysme inversé. (©France 2)

Celui qui en touche beaucoup, c’est l’ami Maxime Lucu, qui anime parfaitement le jeu français. Et qui va faire la différence avec un aufelode, au relais d’un autre aufelode de Jean-Baptiste Gros. Les Irlandais ne peuvent pas lutter contre cette Ligue Internationale des Chauves des moins de 35 ans. Et au final, c’est Boudehent qui va inscrire le deuxième essai français en force.

À la question « Qui est le plus fort entre l’hippopotame et le rhinocéros ? » la réponse est bién évidemment « Paul Boudehent ».
À la question « Qui est le plus fort entre l’hippopotame et le rhinocéros ? » la réponse est bien évidemment « Paul Boudehent ». (©France 2)

13-15. Au passage, Calvin Nash écope d’un carton jaune pour un plaquage-coup-de-boule sur Barassi. Deuxième supériorité numérique pour la France, qu’on sait pourtant victime d’un éternel complot arbitral de la part des méchants Irlandais de World Rugby. 

- Tu sais que c’est la période idéale pour acheter sur l’île de Ré ? »
- Niveau météo c’est comme l’Irlande ou mieux ?
– Tu sais que c’est la période idéale pour acheter sur l’île de Ré ? »
– Niveau météo c’est comme l’Irlande ou mieux ? (©France 2)

On sentait déjà les Verts au bout de leur vie, à les voir reculer de 12 mètres sur chaque charge. C’est le moment de porter le coup de grâce : après un bon contre-ruck, Penaud hérite du ballon. Il y a un surnombre énorme, du type 12 contre 3. Mais Penaud fait plutôt du Penaud, avec une longue course en travers qui n’a aucun sens, mais qui décale Louis Bielle-Biarrey sur l’aile. Le Bordelais a encore deux joueurs sur les fesses, et c’est loin d’être fait. Mais… oui vous avez deviné, le cheat code. Petit rasant, et essai après avoir évité une collision avec le Transporteur de Saint-Jean-De-Luz, le seul défenseur qui pouvait l’empêcher de marquer dans cette situation.

Deux joueurs de l'UBB dans l'en-but, c'est pas au Stade de France qu'on est prêt de voir ça.
Deux joueurs de l’UBB dans l’en-but, c’est pas au Stade de France qu’on est prêt de voir ça. (©France 2)

13-22. On défonce les Irlandais et… ça parait… normal ? Le score gonfle même à 13-25 après une pénalité de Ramos. Après la sortie définitive de Barassi, Oscar Jégou est entré au centre. Mais Fabien Galthié mérite probablement son trophée aux Mr Bricolage Awards 2025, puisque le Rochelais donne l’impression d’y avoir joué toute sa vie.

Ce joueur sait vraiment tout faire (à part demander le consentement).
Ce joueur sait vraiment tout faire (à part demander le consentement). (©France 2)

Auteur d’une rentrée qui recentrera toutes les critiques sur Hugo Auradou (si tu es très fort, tu as le droit de faire n’importe quoi, sinon ça passera plus mal : c’est la règle apparemment), le polyvalent à bandeau va même claquer le troisième essai français sur un pick and go, après une grosse avancée d’un pack français renforcé par les entrées de Meafou, Marchand, Jelonch, Baille et Aldegheri. Oui, j’ai cité Doudou parce que cette victoire est tellement belle qu’il faut être gentil.

Lui-même ne sait pas ce qu'il fout là, mais il a décidé qu'il allait profiter à fond.
Lui-même ne sait pas ce qu’il fout là, mais il a décidé qu’il allait profiter à fond. (©France 2)

13-32. Mais comment cette équipe a pu perdre contre l’Angleterre ? Le mystère est total. Après, en y réfléchissant bien, si on avait gagné en Angleterre, peut-être qu’on aurait pris une branlée en Irlande. C’est ça la beauté du rugby français. En attendant, les hommes de Andy Farrell (le clône de Ronan O’Gara dont j’ai oublié le nom) semblent perdus.

Même Damian Penaud est agressif, ils ont dû passer du U2 dans les vestiaires avant le match c'est pas possible.
Même Damian Penaud est agressif, ils ont dû passer du U2 dans les vestiaires avant le match c’est pas possible. (©France 2)

Ils sont certes valeureux, mais se heurtent à l’impitoyable défense française. Sur une action d’essai, Robbie Henshaw se retrouve face à Emmanuel Meafou et fait ce que tout le monde ferait face à Emmanuel Meafou : il panique.

Perso je serais reparti en courant vers l'autre en-but.
Perso je serais reparti en courant vers l’autre en-but. (©France 2)

À l’ouverture, le pauvre Prendergast fait de la peine. Victime de ce qu’on pourrait appeler du harcèlement si on n’était pas sur un terrain de rugby, il se met à enchaîner les tentatives de passes au pied ratées et rend des ballons faciles aux Français.

Moefana a décidé qu'il ne serait plus le petit timide du fond de la cour, et que c’est lui qui allait brutaliser ses camarades.
Moefana a décidé qu’il ne serait plus le petit timide du fond de la cour, et que c’était lui qui allait brutaliser ses camarades. (©France 2)

Cette douloureuse disasterclass va prendre fin sur une énième attaque irlandaise où le Grandisse (seulement par la taille pour l’instant) va se faire intercepter par Chipeur-Ramos. « La flemme de courir 80 mètres », se dit le bougon Mazamétain qui donne le ballon à Penaud qui peut aller égaler ce fameux record de Serge Blanco qu’on nous casse les couilles avec ça alors que franchement on s’en fout un peu et que de toute façon dans trois semaines Bielle-Biarrey l’aura dépassé aussi.

Ce dernier essai, c’est la version vidéo du meme « L’insulte n’était pas nécessaire ».
Ce dernier essai, c’est la version vidéo du meme « L’insulte n’était pas nécessaire ». (©France 2)

13-42. Le XV du Trèfle se lance dans un baroud d’honneur et la défense française se relâche un peu, à l’image de Jégou qui, pour une fois, ne protège pas bien sa ligne et laisse Cian Healy marquer. Un joli moment pour celui qui fêtait sa 137e et dernière sélection devant son public. Seize ans de carrière internationale sans qu’on apprenne jamais à prononcer son prénom de ce côte dé la Manche, c’est beau. Jack Conan ira également dans l’en-but dans la foulée, mais les Barbares étaient bien du côté français, et la pelouse de l’Aviva Stadium aura du mal à repousser après ça. Score final, 27-42.

Il y a deux semaines, nous étions surcotés de ouf, des manchots arrogants coachés par une fraude qui n’a presque rien gagné dans sa carrière. Cette semaine, nous sommes de nouveau les meilleurs, prêts à rouler sur la planète rugby jusqu’à la Coupe du monde 2027 – en plus on n’a même pas vraiment besoin de Dupont pour gagner !

Un jour, on trouvera peut-être le juste milieu, probablement pas en fait, mais c’est pas très grave. Savourons, et tant pis si cette équipe irlandaise pue quand même la fin de cycle : gagner à Dublin n’est jamais anodin. Oui, encore une fois, profitons de cette victoire, de cette période bénie où on peut se dire « j’suis supporter du XV de France, c’est la classe quoi ! ». Car on sait très bien qu’on est toujours à un fait divers ou à une déclaration lunaire de Fabien Galthié d’avoir envie de demander la nationalité géorgienne.

En attendant, il faut prolonger la lune de miel et terminer le boulot contre l’Écosse. Ce sera à la maison, à 21h, avec le pestacle son et lumières Jean-Michel Jarre avant le match. Le contexte est parfait, tout est écrit : le XV du Chardon ne sera qu’un sparring partner et les Bleus vont logiquement remporter le Tournoi en réalisant ce qu’on pourrait appeler un trois-quarts-de-Grand-Chelem. 

Ça va se produire. Ça DOIT se produire. Parce qu’on ne peut quand même pas laisser une équipe d’Angleterre aussi moche gagner le Tournoi.

Doudou la Bringue lâché dans la Rue de la soif à 1h du mat', personne n'est prêt.
Doudou la Bringue lâché dans la Rue de la soif à 1h du mat’, personne n’est prêt. (©France 2)



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