Le métier de brasseurs n’est pas réservé aux hommes, la preuve avec Clara Berlioz, 27 ans, Angélique Foulon-Deprince, 30 ans et Manon Langlet, 26 ans. Les trois jeunes femmes, dont deux originaires du Nord, sont brasseuses au sein de la chaîne de restaurants des 3 Brasseurs. Elles ont une actualité : elles viennent de brasser ensemble une bière baptisée « Sororité ». On les a rencontrées.
3 femmes sur 77 brasseurs dans le réseau 3 Brasseurs en France
Dans la famille brasseurs, je demande… les femmes ! Si elles restent minoritaires, les brasseuses existent et veulent se rendre davantage visibles, pour donner envie à d’autres femmes de faire ce métier. Exemple avec les 3 Brasseurs, qui en lançant la bière « Sororité » 100 % féminine, met à l’honneur 3 de ses salariés.

« Chacune de nos 77 brasseries en France compte un brasseur, et sur les 77 brasseurs, nous avons 3 femmes ! » dit Céline Metzger, responsable RSE des 3 Brasseurs. Deux sont situées dans le Nord : Angélique Foulon-Deprince, 30 ans, à Lezennes et Manon Langlet, 26 ans, à Villeneuve d’Ascq. La 3e, Clara Berlioz, 27 ans, est basée à Écully près de Lyon.
Elles sont toutes les 3 passées par l’école Biotech à Douai. Angélique Foulon-Deprince y a suivi un BTS Sciences et techniques des aliments, puis une licence en biotechnologies et génie appliqué aux houblons. Clara Berlioz y a obtenu une licence en apprentissage puis un master spécialisation vins, bières et spiritueux. Manon Langlet a passé un brevet professionnel en alternance.
Des études à Douai chez Biotech
« J’ai commencé à brasser chez moi, en amatrice. J’avais fait une licence en économie, puis j’étais devenue assistante de direction dans un lycée. Pendant le COVID, je me suis remise en question et me suis lancée dans des études brassicoles » dit Manon. En plus de sa casquette de brasseuse, elle est la « madame levure » de la boîte. « Aux 3 Braseurs, on a un laboratoire spéciale où l’on crée nos levures, j’en suis responsable ».
Angélique ne pensait pas devenir brasseuse en intégrant Biotech, « mais il y avait une microbrasserie dans l’établissement. Je sentais les odeurs en passant devant. Au début, je n’aimais pas, puis je me suis habituée. J’ai fait des salons de la bière, et je me suis rendu compte que j’adorais parler de cet univers ! » Elle teste son palais pour apprendre à développer ses connaissances : « J’ai compté : j’ai goûté 800 bières avant de commencer mes études, en allant dans des festivals de la bière ! »
Clara avait entamé des études de BTS en technicienne de laboratoire, mais finalement, « j’ai fait un stage en brasserie par hasard et ce fut une révélation ! Une passion était née ».
Porter du lourd, est-ce un problème de femmes ?
Sur les difficultés du métier en tant que femmes, elles réagissent : « Je n’ai pas ressenti de freins. La première chose qu’on nous disait, c’est : Est-ce que tu sais qu’il faut porter des charges lourdes ?’ N’importe qui peut y arriver avec de l’expérience, c’est petit à petit qu’on apprend à trouver son rythme » détaille Clara.
« Il faut savoir qu’on a des sacs de 25 kg de malt à déplacer, mais il y a plutôt une discrimination positive » dit Angélique. Mais malgré le côté physique du métier, elles y arrivent très bien. « Je devrais faire un peu de muscu pour aider, mais en fait, malgré mes petits muscles, je m’adapte, je divise les charges, il faut réfléchir autrement », ajoute Manon.
D’autant que cette question de poids à porter n’est pas qu’une question de femme, les hommes aussi doivent faire attention à leur santé !
Elles ont créé une bière à 3
Les trois jeunes femmes viennent de vivre pour la première fois un projet à 3 : la création d’une bière, Sororité.
Elles ont l’habitude de créer des bières très régulièrement puisque c’est la marque de fabrique des 3 Brasseurs ! Cette fois-ci, le projet est commun : « On a choisi une IPA de couleur blonde un peu trouble, légère, facile à boire, douce, pas amère, avec des notes de fruits tropicaux et d’agrumes » disent nos brasseuses. « C’est l’occasion de montrer notre travail et de montrer que des brasseuses existent » résume Clara.

Avec du rhum vanillé !
La particularité de Sororité ? « On a fait macérer du rhum ambré avec de la vanille, et on l’a ajouté au brassin ! » dit Angélique. Manon ajoute : « Nous avions une contrainte : utiliser le houblon du groupement Yakima », choisi par l’association Pink Boots Society car ce sont des femmes qui en font partie.
La bière a été faite en un temps record : « Le projet est né en décembre 2024, on a eu quelques visios à 3 pour définir le projet, et on se lançait » précise Angélique.
Pour le lancement officiel dans la brasserie de Villeneuve d’Ascq, un chèque de 1 000 € a été remis à l’association Pink Boots Society par les 3 Brasseurs. Dorothée Van Agt explique : « Nous proposons des formations à nos adhérentes, des partages d’expériences pour prendre confiance et des aides financières de 500 € pour financer des études ». Pour que le nombre de brasseuses se développe en France !
La bière Sororité, à 6°, est une bière éphémère, vendue au prix de 4,80 € le verre de 25 cl, 5,90 € les 33 cl, 7,30 € la pinte de 50 cl. Elle est disponible uniquement dans les 3 restaurants des 3 brasseuses. Elle est déjà lancée dans le 3 Brasseurs de Villeneuve d’Ascq. Il faudra attendre le 21 mars pour le lancement à Lezennes, avec une particularité : elle sera mise en bouteille de 75 cl et vendue au prix de 5,90 € à emporter.
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