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Ce Marseillais a été chauffeur de bus à la RTM pendant 36 ans : « J’ai vu les évolutions »

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Si Robert savoure désormais sa retraite en arpentant les Calanques, il a passé toute sa carrière professionnelle, longue de 36 ans, en tant que chauffeur de bus à la RTM, à Marseille.

De ses années au volant, il garde des souvenirs impérissables, parfois éloignés du quotidien des chauffeurs d’aujourd’hui.

Conducteur pendant 36 ans

Robert a débuté au dépôt de la Capelette avant d’être affecté à celui de Saint-Pierre, où il passera l’essentiel de sa carrière. Chauffeur volant, il changeait régulièrement de lignes de bus. Sa Préférée ? Évidemment, la ligne qui rejoint Madrague-Montredon aux Goudes : « C’était les vacances pour moi ! »

Robert était chauffeur sur la ligne 20, qui rejoint la Madrague de Montredon aux Goudes. (©DR)

À ses débuts dans les années 1970, Marseille n’avait pas encore modernisé toutes ses routes : « on roulait encore sur des pavés. Et quand il pleuvait, ça glissait ! » se remémore-t-il. Coté matériel, c’était également plus sommaire : « Le moindre trou faisait mal au dos. J’ai vu les évolutions… mais je n’ai pas connu la climatisation ! »

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« La violence a toujours existé »

« La violence a toujours existé mais, quand j’ai commencé, on était deux dans le bus », se rappelle Robert. « À l’avant, le conducteur, et à l’arrière, le ‘receveur’ qui contrôlait les titres de transport et accueillait les clients » mais en 1974, la RTM supprime cette fonction, imposant le système d’agent unique : « C’était pourtant plus sécurisant à deux », confie-t-il.

Si l’insécurité dans les transports est aujourd’hui un sujet brûlant, au vu des multiples agressions de chauffeurs, Robert rappelle qu’elle ne date pas d’hier. Une histoire l’a particulièrement marqué, alors qu’il commençait à peine au sein de la RTM :

Un chauffeur que je connaissais me disait qu’il partait bientôt à la retraite et avait hâte de rentrer en Ardèche. Une semaine plus tard, il a été égorgé en plein service, près des Chartreux, sur la ligne 72. Quand ils ont ramené le bus au dépôt, il y avait du sang partout. Je n’en ai pas dormi de la nuit. 

Robert
Chauffeur de bus retraité

C’est à partir de ce drame, qui a eu un retentissement national, que des vitres de protection ont commencé à être installées dans les bus.

« J’aimerais moins être chauffeur en 2025 »

Cependant, selon lui, la violence semble encore plus imprévisible aujourd’hui : « Maintenant, ils sortent le couteau facilement », affirme Robert, qui garde contact avec d’anciens collègues encore en activité.

Les incivilités auraient également évolué : « Avant, les gens disaient bonjour, au revoir. Aujourd’hui, tout le monde est sur son téléphone. » Et les tensions sur la route ne sont pas en reste : « Si on klaxonne, certains descendent de leur voiture avec des battes… Mieux vaut éviter. »

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Toujours en lien avec d’anciens collègues, Robert s’est laissé porter par la nostalgie en reprenant, l’espace de quelques secondes, le siège qu’il a occupé pendant 34 ans. (©DR / actu Marseille)

Malgré tout, Robert est fier de son parcours. Avec plusieurs milliers de kilomètres au compteur, il garde en mémoire des moments précieux, marqués par ses échanges avec les passagers et la camaraderie partagée avec ses collègues.

Une retraite au grand air

Depuis qu’il a quitté le volant, Robert a troqué son uniforme de chauffeur pour un t-shirt floqué « Robert le Calanquais ». Et ce surnom lui va comme un gant. Passionné par les paysages marseillais, il organise des randonnées gratuites et accessibles à tous dans les Calanques : « Je fais ça depuis 2010 et j’ai déjà eu plus de 33.000 participants ! En général, j’en fais 3 par semaine. C’est super enrichissant à chaque fois, j’adore faire ça ! »

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Depuis 2006, Robert dit « Robert le Calanquais », accompagne des groupes pour des randonnées dans les Calanques de Marseille. (©DR / actu Marseille)

Fin connaisseur de la faune et de la flore locales, il accompagne des groupes à la découverte de sites préservés et méconnus, partageant ses connaissances au fil des sentiers. Pour participer, il suffit de s’inscrire sur ce site, dédié à la réservation de randonnées. Attention, les places sont limitées et partent parfois très vite !



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