Dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 mars 2025, la petite commune de Lescouët-Gouarec, en Centre-Bretagne dans les Côtes-d’Armor, a été secouée par une affaire aussi inattendue que violente.
Une rencontre anodine entre deux sexagénaires dans un bar local a tourné au drame. Au menu de la soirée : alcool, champignons hallucinogènes et agression à l’arme blanche.
De la bière au vin : une soirée qui dérape
Tout commence dans un bar dans lequel deux hommes, dont un ancien militaire vivant dans une caravane sans commodités à Rostrenen, trinquent à la bière.
Après plusieurs verres, l’ex-militaire, Gérard T., demande à son nouvel ami s’il peut utiliser sa douche.
Arrivés chez ce dernier avec un troisième compère, la bière cède la place au vin blanc.
Les discussions s’enflamment autour de la politique, et le troisième homme préfère quitter les lieux.
Champignons hallucinogènes : le point de rupture
C’est alors que le maître de maison dévoile des champignons hallucinogènes rapportés d’Espagne.
Il en consomme un, tandis que Gérard T., qui n’en a jamais pris auparavant, en avale plusieurs.
L’effet est immédiat : un blackout total. Sous l’emprise de l’alcool et des psychotropes, l’ancien militaire sombre dans une spirale incontrôlable.
Une agression sanglante au petit matin
Au lever du jour, l’ami du militaire, blessé, frappe à la porte de sa voisine. Il présente des blessures tranchantes à l’oreille gauche et au cou, stigmates d’une agression survenue dans la nuit.
Les gendarmes, alertés, interpellent Gérard T., encore hébété, avec un taux d’alcool supérieur à un gramme d’alcool par litre de sang.
Selon la victime, l’ex-militaire serait devenu subitement agressif après avoir avalé les champignons, le frappant au visage avec un objet tranchant.
Le 3 mars 2025, Gérard T. est jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.
La victime, la tête bandée, assiste à l’audience, marquée par seulement deux jours d’ITT, mais encore visiblement affectée et traumatisée.
Dans le box, l’accusé reconnaît avoir bu, mais invoque un « trou noir » lié aux champignons, disant n’avoir aucun souvenir des violences.
Un passé judiciaire lourd
Le casier de Gérard T. est éloquent : 14 condamnations, dont une pour tentative de meurtre en 2020 devant la Cour d’Assises du Finistère, qui l’avait envoyé en prison jusqu’en août 2023.
Le procureur pointe une « violence incontrôlable » amplifiée par le mélange drogue-alcool et réclame deux ans de prison ferme.
18 mois ferme et retour en détention
Malgré ses excuses à la victime et la demande d’aménagement de peine de son avocate, le tribunal prononce une peine de 18 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
Encadré par les gendarmes, Gérard T. quitte la salle d’audience pour rejoindre la maison d’arrêt de Vezin-le-Coquet, moins de deux ans après sa dernière libération.
S.K.
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