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les craintes des policiers du Val-d’Oise après la décision du parquet de Nanterre

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Ni banderoles, ni prises de paroles en public, ni tracts distribués sur place. C’est dans le calme qu’une cinquantaine de policiers se sont rassemblés devant le commissariat de Cergy (Val-d’Oise), mercredi 5 mars 2025, au surlendemain de l’annonce du parquet de Nanterre de sa volonté de renvoyer Florian M., le policier ayant tiré sur Nahel en juin 2023, devant une cour d’assises pour meurtre.

Un rassemblement qui répondait à l’appel lancé par le syndicat Alliance police nationale, pour soutenir leur collègue, mais également pour faire part de leur incompréhension et leurs craintes pour l’avenir de la profession.

« Notre collègue n’a jamais eu l’intention de tuer »

« Nous ne comprenons pas la décision du parquet », souligne Arnaud Hubert, représentant départemental d’Alliance. « Aujourd’hui, bien que la présomption d’innocence prévaut, notre collègue est considéré comme un meurtrier à la suite de ces réquisitions. Mais il n’a jamais eu l’intention de tuer [Nahel] », insiste le policier. Avant de revenir sur les faits : « Il s’agissait de le stopper à la suite d’un refus d’obtempérer qui durait depuis 26 minutes et non pas depuis quelques secondes comme on a pu le penser en visionnant la vidéo qui a été diffusée. »

« Un policier sort son arme parce qu’il craint pour sa vie »

Arnaud Hubert évoque « les conditions de stress » dans lesquelles Florian M. et estime que celui-ci était en état de légitime défense.

Un policier ne se lève pas le matin avec l’idée d’aller tuer des gens, mais de les arrêter. Lorsqu’un fonctionnaire de police sort son arme de service, c’est pour stopper un danger imminent. C’est parce qu’il craint pour sa vie ou celle d’une tierce personne. 

Arnaud Hubert, représentant départemental du syndicat Alliance police nationale

Le représentant syndical revient ainsi sur un refus d’obtempérer commis en novembre dernier, à Colombes (Hauts-de-Seine), qui avait donné lieu à une course-poursuite jusqu’à Argenteuil. Au terme de celle-ci, un policier municipal avait été percuté à deux reprises par le chauffard. Le second policier avait fait usage de son arme de service.

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Comment doit-on réagir face à ce genre de faits ? Cette question, nous nous la posons tous, relève Arnaud Hubert. Si aujourd’hui un policier peut être jugé comme un meurtrier pour avoir fait face à un refus d’obtempérer, alors demain, plus aucun policier ne pourra intervenir sans craindre les assises. C’est l’ensemble de la profession qui est en danger.

Arnaud Hubert, représentant départemental du syndicat Alliance police nationale

Recrudescence des refus d’obtempérer

Une crainte d’autant plus grande que ce genre de délit est en recrudescence ces dernières années. Sur la période 2016 – 2023, les services de sécurité ont constaté 25 700 délits de refus d’obtempérer routiers en moyenne par an. Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure « près d’un refus d’obtempérer routier sur cinq est un délit aggravé qui, dans neuf cas sur dix, met en danger d’autres usagers de la route. La part de ces délits aggravés est passée de 16 % en 2016, à 21 % en 2023 ».

Pour Arnaud Hubert, « seule une réponse pénale forte peut permettre d’endiguer ce phénomène », commente Arnaud Hubert. Le délégué départemental d’Alliance rappelle ainsi que Nahel avait été « placé en garde à vue pour les mêmes faits quelques jours plus tôt ». Trois pour être exact. Alors que son nom apparaissait pour quatre délits similaires, le dernier remontait en effet au 24 juin. Il devait comparaître devant le tribunal des enfants en septembre de la même année.



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