Avec la fin des travaux sur la place Castellane, il y a quelques semaines, les commerçants de ce secteur du 6e arrondissement de Marseille pensaient pouvoir souffler un peu.
Mais le chantier, qui concerne désormais le bas de la rue de Rome, pour connecter les rails existants à l’extension de la ligne 3 de tramway, vers La Gaye, les fait voir rouge.
Sur place, ils assurent vivre « un enfer ».
Raccordement de rails et déplacement d’arrêt
En ce début du mois de mars, au nord de la place Castellane, la sortie du métro fait face à de grands panneaux grillagés. Installés tout autour de la fontaine et sur le bas de la rue de Rome, ils protègent un nouveau chantier de « raccordement des rails » et de « déplacement de l’arrêt [Castellane], actuel terminus de la ligne, sur l’avenue Cantini », rappelle la Métropole Aix-Marseille Provence.
Ces travaux, commencés le 10 février, doivent se terminer le 6 avril. Mais, pour les commerçants, déjà impactés par la restructuration de la place, c’est long, très long.
« Leur banc ? Il va être squatté »
En regardant les ouvriers s’affairer, depuis l’encadrement de sa porte, Daniel Senbel, le gérant du magasin de prêt-à-porter Côté Rome, semble passablement agacé : depuis le début du chantier, il assure enregistrer une baisse de fréquentation « de l’ordre de 60 % ».
« Et encore, on ne nous a pas encore cassé les trottoirs. On nous dit qu’il y aurait des passerelles, mais qui va avoir envie de les emprunter. On n’est pas sur un bateau », s’agace-t-il.
Même les travaux finis, la ligne 3 du tramway connectant « le nord au sud » de Marseille, il n’est pas certain d’y gagner, ni lui, ni les autres magasins du secteur. « Rien que leur banc de 100m de long [102m exactement, le long de la fontaine], c’est un hôtel cinq étoiles gratuit. Il va être squatté en permanence », pronostique-t-il.
« C’est bouché de partout »
Daniel Senbel attend en tout cas « avec impatience les aides promises par la Métropole », pour compenser la perte de chiffre d’affaires, histoire de « limiter la casse ».
Le gérant du glacier Mimo, de l’autre côté de la rue, à l’opposé de la sortie du métro, n’y aura même pas droit. Ses comptes sont pourtant, eux aussi, « dans le rouge ». « Ils nous ont dit ‘vous avez ouvert récemment [en novembre], vous n’avez droit à rien », expose Jonathan Trabelsi. « Et pourtant, c’est un enfer, c’est bouché de partout. Regardez ! On a personne. »
Les gens ne savent pas par où passer. Encore il y a quelques jours, il y avait un petit passage pour traverser. Ils l’ont enlevé.
« Les travaux suivent bien leur cours »
Pire, selon lui, le chantier aurait « pris retard sur retard ». « Ils viennent de nous annoncer une nouvelle semaine de plus ».
Contactée par actu Marseille, la Métropole indique de son côté que « les travaux suivent bien leurs cours ». Une porte-parole précise tout de même que la collectivité va « très prochainement communiquer sur le sujet ».
En attendant, tous les commerçants rencontrés par notre rédaction assurent « subir ». Cet autre gérant de commerce, spécialisé dans la téléphonie, assure accuser une baisse de son chiffre d’affaires de 50 % à 70 % selon les périodes. « C’est très compliqué » souffle-t-il.
« Ils sont excédés et on peut, nous aussi, les comprendre », lâche un agent de la métropole à ses côtés
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