Home Faits Divers « J’ai eu peur de mourir », le conjoint violent récidiviste reste en prison

« J’ai eu peur de mourir », le conjoint violent récidiviste reste en prison

33
0



Deux mois après avoir été condamné à 12 mois de prison – dont 6 assortis d’un sursis probatoire – pour violences sur sa compagne sous l’emprise de l’alcool, un père de famille de 36 ans a été jugé en comparution immédiate pour le même motif, jeudi 27 février 2025, au tribunal de Lisieux (Calvados).

« C’est désespérant… et condamnable »

Les faits se sont déroulés le 24 février, alors qu’il bénéficiait d’un sursis probatoire et était convoqué le 10 mars – deux semaines plus tard – par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) pour la mise en place d’un bracelet électronique.

De surcroît, le couple avait rendez-vous le lendemain même de cette audience chez le juge pour enfants afin d’envisager un éventuel placement de leur fille de 13 mois. « C’est désespérant… et condamnable », a soupiré la représentante du ministère public.

Des traces de coups au visage

Il était environ 23h30, lundi 24 février, quand les gendarmes interviennent au domicile du trentenaire à Livarot sur appel de sa compagne qui dit avoir été violentée au cours de la soirée. Arrivés sur les lieux, ils constatent que la femme présente des traces de coups au visage.

Vidéos :

Son conjoint est assis tranquillement dans le canapé. Il accueille les militaires avec calme et se soumet sans difficulté au test d’alcoolémie qui affiche un taux de 1,44 gramme par litre de sang à 23h45.

Un échange de coups « réciproques »

Lors de son audition, la victime dira avoir été frappée au visage et saisie à la gorge au point d’avoir des difficultés pour respirer. « J’ai eu peur de mourir », a-t-elle confié aux enquêteurs.

Le certificat médical établi par le médecin de l’unité médico-judiciaire qui l’a examinée relève la présence de contusions au cou laissant supposer une manœuvre de strangulation et des hématomes aux mains ainsi que des ecchymoses au visage compatibles avec ses allégations. Elle se verra prescrire une ITT de 3 jours.

Entendu à son tour par les gendarmes, le père de famille évoque un échange de coups « réciproques » dans un contexte d’alcoolisation « de part et d’autre ». « Je crois qu’on s’est défendus mutuellement », se risque-t-il.

Le couple reformé « plus ou moins »

Les violences sur conjoint commises en présence d’un mineur constituant deux circonstances aggravantes, le mis en cause martèle que son couple s’est reformé « plus ou moins » et que leur fille était dans sa chambre pendant la dispute.

Des répercussions sur leur enfant

L’avocate de la plaignante n’en démord pas. L’appartement étant très mal insonorisé – comme l’ont précisé les enquêteurs -, cette scène de violence risque d’avoir de graves répercussions sur l’équilibre du nourrisson.

« On ne peut que s’inquiéter de son avenir car on sait que tous les bébés ayant subi des traumatismes pendant leur plus tendre enfance en gardent des stigmates à vie ».

Me Florence Vallansan, avocate de la plaignante.

L’homme, qui avait un fusil, une carabine et des munitions chez lui, avait également à répondre de détention sans déclaration d’arme de catégorie C.

Un an de prison ferme

Placé en détention à l’issue de sa garde à vue, le Livarotais est condamné à 12 mois de prison avec maintien en détention. Il a l’interdiction d’entrer en contact avec la plaignante et de paraître à son domicile pendant 3 ans et de détenir une arme pendant 5 ans.

Le tribunal prononce le retrait de l’exercice de son autorité parentale et la confiscation des scellés. Il devra verser 700 € à la plaignante et 1000 € en sa qualité de représentant légale de leur fille au titre de leur préjudice moral et 800 € pour ses frais d’avocat.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here