Quelques jours après son arrestation, un homme de 43 ans, originaire de Nevers mais résident dans la ville préfecture du Cantal depuis des années, a été condamné par le tribunal correctionnel d’Aurillac à 24 mois de prison, dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire.
Il avait tenté de braquer une boulangerie du quartier du Viaduc à Aurillac, lundi 24 février 2025.
Un braquage manqué
Il est environ 14 h 15 lorsque Mathieu* pénètre dans la boulangerie «Le Petit Fournil du Vialenc », à Aurillac.
Cagoulé et armé d’un couteau de 21 cm, il somme la vendeuse de lui remettre « le fond de caisse ». Mais cette dernière, loin d’être impressionnée, reconnaît immédiatement l’homme à sa voix. « Ha mais je vous connais, vous habitez en face », lui lance-t-elle. Pris de panique, le prévenu aurait alors pris la fuite.
L’incident, bien que sans victime ni vol effectif, n’a pas tardé à mobiliser les forces de l’ordre. Arrêté peu après, il a été placé en garde à vue.
Pour un braquage avec arme, vous encourez 7 ans de réclusion.
Une audience sous tension
Lors de son audience devant le tribunal correctionnel d’Aurillac, la défense, assurée par Maître Nathalie Fauron, a tenté d’obtenir une expertise psychiatrique. « Vous êtes en train de juger la misère humaine dans le Cantal » a bondi Maître Fauron.
Quand la mère de l’accusé, venue de Nevers, a été appelée à la barre, elle a évoqué le passé douloureux de son fils : « Mon fils a été violé dans son enfance, il est dépressif et sous traitement médicamenteux lourd. Il n’avait certainement pas toute sa tête ce jour-là ».
Toutefois, le tribunal a rejeté la demande d’expertise. Le procureur de la République estimant que les faits étaient suffisamment graves pour être sanctionnés fermement et vu la préparation du méfait, « Monsieur avait toute sa tête ».
Il a donc requis 18 mois de prison, dont 9 mois assortis d’un sursis probatoire. La défense a plaidé pour une alternative à l’incarcération, proposant une assignation à domicile sous bracelet électronique ou une semi-liberté.
La boulangère, qui s’était constituée partie civile, réclamait le remboursement des frais de justice et 1 000 euros au titre de dommages et intérêts.
Ce n’est pas rien, il faut une peine exemplaire
Au terme des délibérations, l’homme a été reconnu coupable de tentative d’extorsion et condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Il devra purger six mois de prison ferme et a été reconduit à la maison d’arrêt d’Aurillac.
6 mois de prison ferme
« Au vu de la gravité des faits, le tribunal juge cet emprisonnement nécessaire », a déclaré la présidente en annonçant le maintien en détention de l’accusé.
* Le nom du prévenu a été modifié.
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