Lundi 24 février, lors du dernier conseil municipal, une passe d’armes a eu lieu entre Laurent Hénart, ancien maire de Nancy, et celui qui l’a battu lors des élections en 2020, Mathieu Klein.
Alors que la délibération évoquée concernait le dernier rapport sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la collectivité, Laurent Hénart a choisi d’utiliser son temps de parole pour évoquer la situation de la directrice des bibliothèques et médiathèques, Juliette Lenoir. En fonction depuis 12 ans, elle n’a pas été renouvelée.
« Je ne souhaite pas qu’il s’agisse d’une décision du fait du prince »
Le chef de l’opposition a rappelé les actions de Mme Lenoir au cours de sa carrière : développement de la bibliothèque numérique du sillon lorrain, ouvertures de la médiathèque du quartier Saint-Pierre et de la ludothèque Saint-Nicolas, ou encore le pilotage et le chantier de la médiathèque de la Manufacture.
Je pense que tout le monde connait cette collaboratrice dont la qualité a été vantée à plusieurs reprises en conseil municipal et je ne pense pas que la volonté simple de changer pour changer soit la réelle motivation de son renvoi. Alors peut-être qu’il y a dans l’exercice de son activité professionnelle des difficultés ou des erreurs qui ne nous ont pas été communiquées. Auquel cas, je pense que c’est le moment de le faire. […] Je ne souhaite pas qu’il s’agisse d’une décision du fait du prince.
Mathieu Klein « étonné » de cette prise de parole
Alors que le temps était déjà dépassé de 45 secondes, Mathieu Klein, qui dirige les débats, demande à Laurent Hénart de conclure. « Je me doutais bien que vous me couperiez la parole, donc j’avais prévu de tenir le temps qui m’est imparti », termine-t-il. Réponse du maire actuel de Nancy : « Vous l’avez dépassé d’une minute, c’est dommage ! »
Avant de laisser répondre Bertrand Masson, adjoint délégué à la culture, Mathieu Klein a pris la parole.
Je me permets de m’étonner qu’à l’occasion du rapport sur l’égalité femmes-hommes dans la collectivité, vous interveniez sur un cas personnel, comme si sa situation était liée au fait qu’elle soit une femme. J’aurais imaginé que votre groupe [s’exprime] sur les enjeux de l’égalité femmes-hommes dans la collectivité mais apparemment ce n’est pas le cas.
La majorité justifie cette décision par la volonté d’ouvrir « une nouvelle page »
Avant d’apporter des éléments de réponse, Bertrand Masson s’est dit « choqué que Laurent Hénart utilise ce rapport pour évoquer le cas d’une personne comme si cette décision administrative relevait d’un cas de discrimination ».
L’élu a rappelé que la directrice est « une conservatrice d’État mise à disposition pour trois ans à la Ville de Nancy » et que les institutions culturelles liées par des conventions avec l’État font l’objet de mobilité de leurs directions : « C’est la règle. Elle est posée, elle est connue. »
Nous avons considéré qu’au terme de douze années, il était important d’ouvrir une nouvelle page. Cela ne remet ni en cause les compétences de la directrice, ni même son bilan, auquel j’ai souscrit et je lui ai dit. Mais cela ouvre une nouvelle page et il me semble que cela se produit dans toutes les institutions culturelles du territoire.
Si le débat s’est clôturé ainsi, Mathieu Klein n’a pas hésité à lancer, quelques minutes plus tard, après une délibération concernant le rapport développement durable 2024 : « Aucun agent du service parcs et jardins dont vous souhaiteriez nous évoquer la situation, M. Hénart ? ».
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