Le dimanche 23 février dernier, dans la nuit, un chauffeur de poids-lourd est réveillé par son épouse.
Il y a du mouvement autour de son camion qui est stationné devant son domicile, à Saint-Nicolas-du-Pélem, en Centre-Bretagne, dans les Côtes-d’Armor.
L’homme espère pouvoir mettre en fuite les voleurs
Pensant immédiatement à un vol de carburant, l’homme sort de chez lui et s’approche de son poids-lourd.
Un véhicule est arrêté un peu plus loin, un homme est assis à l’intérieur.
Deux autres se trouvent à hauteur du réservoir du camion, ils siphonnent du carburant.
Voyant arriver le chauffeur du camion, téléphone en main, les deux hommes remontent rapidement dans leur voiture et foncent dans sa direction. La victime réussi à prendre la fuite, et ne doit son salut qu’à la présence d’un muret, qui le protège du véhicule fonçant sur lui.
La scène filmée par l’épouse de la victime
L’épouse a filmé la scène. Son avocate indique que par la suite, elle a pensé qu’elle filmait son mari en train de se faire tuer.
Les trois comparses, âgés de 18, 19 et 37 ans, sont rapidement interpellés après les faits et ils arrivent donc à l’audience du jeudi 27 février 2025 du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc sous escortes pénitentiaires. Ils doivent y être jugés dans le cadre d’une comparution immédiate.
Déjà connus de la justice
Ils sont, tous les trois et à des degrés divers, déjà connus de la justice.
Les deux plus jeunes se trouvent même en état de récidive pour vol, à la suite de jugements de 2023 et 2024.
Quant au plus âgé, il purge, depuis hier, une peine de 30 mois d’emprisonnement pour des faits antérieurs.
Une certaine décontraction affichée à la barre du tribunal
À la barre du tribunal, les trois individus semblent « à l’aise » et pas du tout intimidés par le contexte du moment.
Lorsque la présidente interroge l’homme de 37 ans sur ses antécédents, notamment des destructions par incendie, l’intéressé répond tranquillement : « C’était juste des feux de poubelles, de la merde… »
Pas motivé pour travailler !
Quant au jeune homme de 19 ans, titulaire d’un CAP de paysagiste, il déclare à la présidente du tribunal qu’il n’a jamais travaillé dans ce domaine, il n’a jamais trouvé la motivation pour ça. Il a juste « jobé ».
La magistrate lui demande des explications, il enchaine naturellement : « J’ai travaillé illégalement ». Ayant reconnu une consommation de stupéfiants quelques minutes plus tôt, il laisse, du coup, peu de doutes sur la nature de son « travail illégal ».
Le plus jeune parle peu et d’une voix peu audible. C’est le Juge d’application des peines qui a suivi une condamnation antérieure qui visiblement en parle le mieux.
Ce magistrat a conclu dans son rapport que pour le jeune homme, en raison de sa nonchalance, de son mépris et du peu de respect qu’il a accordé à son suivi judiciaire, « seule une incarcération ferme permettra de lui remettre les idées au clair ».
Un important traumatisme pour la victime
Le choc psychologique de la victime est conséquent, un certificat médical prescrivant une ITT (Incapacité Totale de Travail) de 15 jours lui a été délivré. Il n’a quasiment pas dormi depuis les faits. Son épouse est manifestement dans le même état de choc que son mari.
En raison d’un manque d’informations, notamment relatives aux victimes, comme le propriétaire du camion et l’épouse du chauffeur, le tribunal décide du renvoi de cette affaire au lundi 31 mars 2025 à 14 heures.
En attendant cette date et après avoir statué sur la situation des trois prévenus, le tribunal prononce leurs maintiens en détention dans l’attente de cette future audience.
SK
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