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Nord. Cette commune accueille des combats de coqs, la protestation résonne : « C’est de la torture »

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« On va les voir sortir des coffres ou des banquettes arrières de leurs voitures des cages avec des coqs à l’intérieur. Certains ne reviendront pas vivants. » Une sorte de cortège funèbre, de l’ordre de l’insoutenable pour Sabine Billard et d’autres militants du Parti animaliste. Les samedis 1er et 29 mars 2025, la commune de Beuvry-la-Forêt, dans le Nord, accueillera dans son complexe sportif des « concours de coqs », comme elle les appelle dans son journal municipal mensuel. En réalité, n’est prévue ni épreuve d’habileté, ni notation sur la beauté des oiseaux. Les deux après-midis seront rythmés par des affrontements au sein d’un gallodrome, avec des mises financières, détaille Sabine Billard. Et de se désespérer : « Ils ont la loi pour eux ». 

Des combats de coqs légaux, au nom de la tradition dans le Nord : « On se demande si ça finira un jour ? »

C’est en effet l’objet de l’article 521-1 du Code pénal, au sujet des actes de cruauté envers les animaux. « Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie ». Même chose pour les « courses de taureaux », ou corridas. Ces rixes entre oiseaux perdurent ainsi dans des villages du Nord, du Pas-de-Calais et des DOM-TOM. Toujours est-il que dans un contexte de respect grandissant pour la vie animale et ses droits, le bruit de la protestation s’amplifie, et à Breuvy, c’est une cinquantaine de manifestants qui pourrait se réunir samedi, devant le complexe sportif.

C’est la 3e année qu’on organise ces manifestations. La dernière, en 2024, avait duré 30 minutes, mais là on va rester 2h devant la salle des fêtes. Pour rendre hommage aux coqs qui se sont battus. Ça va être riche en émotions.

Sabine Billard, correspondante du Parti animaliste dans le Nord

Sabine Billard connaît les coulisses de cet événement hors-normes mieux que personne, puisqu’elle habite Beuvry-la-Forêt. Elle déplore ainsi l’enthousiasme inaltéré autour de cette tradition, qu’elle juge anachronique, et désapprouve davantage encore la transmission qui est faite aux plus jeunes. « Il y a des enfants qui assistent à ces combats, et des jeunes qui reprennent le flambeau. On se demande si ça finira un jour ?« 

Des événements organisés dans un bâtiment municipal, mais…

L’entrée se monnaie quelques euros. À l’intérieur de la salle, la militante décrit des dizaines de « coquelleurs » et « coquelleuses » – à distinguer des spectateurs « simples » – et des scènes impliquant « de gros sévices » infligés aux coqs… par leurs congénères. Elle ne mâche pas ses mots : « C’est de la torture. Des coqs meurent, d’autres sont blessés, voire achevés. » 

Si la pratique est tout ce qu’il y a de plus légale, comme dit plus tôt, qu’en pense la Ville ? Puisqu’un bâtiment municipal est mis à disposition. Le maire de Beuvrey-la-Forêt, Thierry Bridault, étant indisponible au moment de notre requête, c’est le conseiller municipal Raphaël Lemoine qui apporte des éléments de réponses.

S’il ne « peut se substituer » à l’édile, il tient à faire la distinction suivante : ce rassemblement du 1er mars se tient bien « dans une salle appartenant à la municipalité ; cependant, il est important de préciser qu’il est organisé par une association locale et non par la mairie elle-même. » Une association de chasse, précisément. Pour Sabine Billard, c’est une maigre justification. « Si la Ville arrêtait de fournir la salle, peut-être que ça s’améliorerait… » 



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