Fin août 2024 en soirée, le commissariat de Villeparisis a reçu un appel du responsable d’un commerce de grande distribution de la commune de Mitry-Mory (Seine-et-Marne).
Une patrouille a été dépêchée en urgence car un homme assez menaçant venait de voler de l’alcool. Quand les policiers sont arrivés, vers 18h30, il s’était déjà enfui. Ils ont immédiatement relevé et diffusé une description physique et vestimentaire du suspect.
Dans le même temps, ils ont recueilli la déposition du gérant. Après avoir rempli son sac, le voleur s’est dirigé vers une caisse. Mais au lieu de patienter et d’attendre son tour, il s’est faufilé en bousculant les clients. Sitôt repéré et apostrophé, il a forcé le passage et a quitté le magasin précipitamment en direction de la gare, en emportant son butin : trois bouteilles de whisky et des aliments pour un montant estimé de 80€.
Une première tentative infructueuse
Le responsable a ensuite signalé un événement survenu vers 13h, où le même individu avait fait une première tentative. Profitant des quelques minutes de pause du vigile pour agir, il a voulu sortir en empruntant l’entrée. Mais un employé en charge du réassort d’un rayon a réagi dès le déclenchement de l’alarme et l’a intercepté. Quand il lui a demandé de restituer les produits volés, l’homme a commencé par refuser et une bousculade a suivi. Il a fini par lâcher son sac mais pour se dégager et pouvoir se sauver, il n’a pas hésité à exhiber un couteau et à le menacer : « Je te connais. Je reviendrai. Je connais ta voiture et tes horaires. T’inquiètes ! ». Un collègue témoin a confirmé les faits, mais a précisé que la lame du couteau n’avait jamais été dépliée.
Un voleur fortement alcoolisé
L’alerte a circulé très rapidement et Zakarya a été effectivement repéré à la gare. Au moment de l’interpeller, les policiers ont remarqué sa démarche titubante, son élocution pâteuse, son haleine chargée et ses yeux brillants, trahissant un excès d’alcool. Ils l’ont ramené au poste et soumis à l’éthylomètre. Après plusieurs refus, il a accepté et le lendemain à 6h30, l’appareil affichait encore 0,30 mg par litre d’air exprimé soit 0,60 gr par litre de sang.
Après 48 heures de garde à vue et le dépôt de plainte du commerçant, Zakarya a quitté sa cellule. En attendant d’être jugé, il a été placé sous la contrainte d’un contrôle judiciaire assorti d’un pointage et d’une interdiction de fréquenter le magasin.
Déjà incarcéré pour violence avec arme
En novembre 2024, Zakarya a été rattrapé par la mise à exécution d’une peine prononcée précédemment par le tribunal correctionnel de Bobigny pour violence avec arme. Il avait écopé de treize mois de prison ferme, dont sept résultants de la révocation d’un sursis en vigueur. Il avait alors été incarcéré à Fleury-Mérogis. C’est donc sous escorte qu’il est arrivé dans le box du tribunal de Meaux, lundi 3 février.
Aux interrogations de la présidente d’audience : « Pourquoi avoir volé ? Pourquoi un couteau ? », Zakarya – avec l’aide d’une interprète – s’est contenté de répondre : « Il y avait trop d’attente en caisse, j’ai voulu sortir sans payer. Mais le gars m’a attrapé par le bras et m’a insulté. Le couteau, c’est un Opinel pour manger. Je ne l’ai même pas ouvert et j’ai jamais menacé ! ».
Chose assez inhabituelle, la procureure de la République a entamé ses réquisitions par une demande de relaxe. Elle a considéré que les versions divergentes ne permettaient pas de retenir le délit de menace de mort. Par contre, elle a affirmé la culpabilité de Zakarya pour les autres accusations. Estimant qu’il était « resté sourd aux précédents avertissements de l’autorité judiciaire », elle a demandé de la prison ferme.
Le juge a entendu ses arguments et confirmé la relaxe partielle. Il a infligé à Zakarya la cinquième condamnation depuis son arrivée sur le sol français en 2015 : trois mois de prison ferme et mandat de dépôt, interdiction de détenir une arme pendant cinq ans et de paraître dans le magasin concerné pendant deux ans.
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