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« Nous sommes de bonnes personnes »

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« C’est vrai, je l’ai un peu forcé à monter dans la voiture. » Des images de vidéosurveillance le montrent pourtant en train d’asséner deux coups de poing au visage d’un homme.

Cela se passait le 29 décembre 2024 peu avant 18h sur le parking du Super U de Pont-Croix (Finistère). « Il n’y a pas eu d’enlèvement ni de séquestration. Si cela avait été le cas, j’aurais eu le visage caché. » 

« Pas un kidnapping »

L’individu, 32 ans, a comparu au tribunal de Quimper, mardi 25 février 2025. Il était accompagné d’un deuxième individu de 38 ans. Lui aussi a d’abord minimisé sa participation à l’enlèvement. « Il y a bien eu des coups comme on peut le voir sur les images, mais ce n’était pas un kidnapping », a-t-il déclaré avant de se raviser.

Dans le box, il y avait un troisième homme, 40 ans. Lui était au volant de la voiture. L’enquête a pu le faire apparaître comme « l’instigateur » de l’opération. Faux, selon son avocat Me Yann Le Roux : « Aucun élément ne permet d’établir cette hiérarchie. »

Il est cependant allé chercher « ses deux amis » : « Je ne leur ai jamais demandé de l’attraper ou de le taper, mais ils étaient surexcités. » Il a minimisé les violences, et « les coups dans la voiture ».

Il n’y avait aucune intention de l’enlever ni de le séquestrer. Pour preuve, nous l’avons déposé directement chez sa copine, deux heures plus tard. Nous, nous sommes de bonnes personnes. 

Vidéos :

Pas de plainte de la victime

La victime n’a pas porté plainte malgré des blessures au visage sans incapacité totale de travail. Ce mardi, l’homme agressé n’est pas venu au tribunal de Quimper, ne s’est pas constitué partie civile.

En audition, Monsieur a voulu en dire le moins possible, mais cela ne signifie pas que le dossier est vide.

Marie-Noëlle Collobert, la procureure.

Pour elle, il y a bien eu enlèvement. Pour quelles raisons ? C’est ce qu’a voulu savoir Céline Verny, la présidente. La victime devait rembourser au chef présumé de l’expédition, « 1500 euros sur une dette de 3000 à 5000 euros qui remontait à six ou sept ans ».

Trafic de cannabis ?

Sur son téléphone, les enquêteurs ont retrouvé des messages menaçants. « C’était pour que la victime reprenne le trafic ? Car il a 27 mentions à son casier en lien avec les stupéfiants », s’est interrogée la présidente.

« Les trois prévenus sont connus dans ce milieu. Et le contexte de cette affaire est celui d’un règlement de dettes« , a estimé la procureure. De son côté, la défense a appelé à la nuance dans « ce dossier nébuleux ».  

Dans ses réquisitions, le parquet n’a pas fait de détail : trois ans de prison ferme pour chacun. Me Jennifer de Kerckhove s’est élevée contre « ce prix de gros » à l’encontre de son client, « gérant d’un café » à Quimper, sept mentions au casier.

Le prévenu de 32 ans, sans emploi, était poursuivi pour la détention de 70 g de cannabis. Il a déjà 14 mentions au casier ; la dernière, c’était en 2024 dans le cadre d’un refus d’obtempérer. « Lui, c’est le gars qui dit toujours oui. En quelque sorte, il est fidèle à ses amis », a observé son avocat, Me Pierre Gentric.

De 18 mois à trois ans de prison ferme

Le dernier mis en cause, 11 condamnations, est également sans emploi. « Il n’était pas le commanditaire », a répété Me Yann Le Roux. Et d’argumenter : « Il n’a pas commis de violences. Au final, il n’a fait qu’emmener la victime directement chez son amie. »

Pour lui, la séquestration comme le trafic de stupéfiants ne sont pas constitués malgré « les 3 g de cannabis » découverts sur son client. 

Les trois prévenus ont été relaxés sur le volet des drogues. Ils ont toutefois été reconnus coupables pour enlèvement et séquestration. Les deux prévenus de 32 et 40 ans ont écopé de trois ans de prison ferme ; le dernier, de 18 mois. Tous ont été maintenus en détention.



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