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2 supporters du FC Nantes reconnus coupables d’être à l’origine de l’infarctus d’un père de famille de Donges

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Le tribunal correctionnel de Nantes a rendu son jugement jeudi 20 mars 2025 dans l’affaire des supporters du FC Nantes accusés d’être à l’origine de l’infarctus d’un père de famille de Donges (Loire-Atlantique) lors du match Nantes-Marseille au stade de la Beaujoire le 1er septembre 2023.

La famille de William Mahé – qui supportait l’Olympique de Marseille et qui était installée en tribune Océane – avait été prise à partie très tôt dans le match, après le premier but de l’OM à la 4e minute de jeu : elle avait été la cible d’insultes mais aussi de « crachats » et de « jets de gobelets de bière et d’urine », avait-il été rapporté lors du procès le 29 janvier 2025.

Vomissements et perte de connaissance

Les tensions avaient redoublé après l’expulsion de Bastien Meupiyou (FCN) dès la 9e minute et l’égalisation des Canaris par Mostafa Mohamed à la 39e minute de jeu.

Le quadragénaire de Donges avait alors été pris de vomissements répétés à la 41e minute, deux minutes après ce but de l’attaquant égyptien du FC Nantes, puis avait perdu connaissance.

Secouru par un autre spectateur, par ailleurs pompier volontaire, il avait ensuite été pris en charge par les secouristes puis réanimé sur le trajet en direction de l’hôpital.

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Le retentissement médiatique de l’affaire avait ensuite permis, sur le plan judiciaire, l’identification de trois supporters de la tribune Loire particulièrement virulents.

L’un d’eux, Laurent X, a vu son procès renvoyé lors de l’audience du mercredi 29 janvier 2025 en raison d’un problème de santé de son avocat…

« Je ne les ai jamais vus »

Mais les deux autres, Stéphane X et Melvin X, avaient pu être jugés par le tribunal correctionnel de Nantes pour « violences aggravées » après que celui-ci ait opté pour une « disjonction » des poursuites.

Le premier, qui habite en Vendée, avait rejeté toute responsabilité dans cet infarctus : il avait admis avoir « craché » sur une « personne seule » qui lui aurait elle-même envoyé un « crachat » et un « gobelet de bière », mais pas sur William Mahé et sa famille.

« Je ne les ai jamais vus », avait assuré cet intérimaire dans le bâtiment de 50 ans, qui venait de faire l’objet d’un licenciement économique :

« Étant moi-même père de famille, jamais je ne m’en serais pris à une famille et un enfant. »

Le second, un jeune de Savenay (Loire-Atlantique) de 22 ans, avait lui aussi reconnu avoir « insulté » et « craché » en direction de la « tribune Océane », mais ces comportements n’étaient « pas destinés à la famille ».

Du côté des parties civiles, les suites de ce match au stade de la Beaujoire ont été compliquées : William Mahé, pompier à la raffinerie TotalEnergies de Donges, a dû se reconvertir comme agent de logistique.

Un cardiologue cité dans le dossier a fait un lien entre son infarctus et le « stress aigu » que lui ont causé ces invectives des supporters.

Traumatisme encore présent

Le père de famille reste aussi affecté de nombreuses « lésions psychologiques », selon un médecin qui l’a examiné.

Lui qui venait simplement accompagner son fils de 6 ans pour son « premier match » dans un « stade de grands » ne pensait pas que cela virerait au « cauchemar ».

Cette « angoisse » de perdre un proche dans ces conditions a généré un « traumatisme qu’on a vécu et que l’on vit encore », explique Alicia, l’épouse de William Mahé.

Le FC Nantes s’est aussi constitué partie civile dans cette affaire pour signifier qu’il « ne cautionne aucun fait de violence dans les stades ».

Prison avec sursis et interdiction de stade

Le procureur de la République avait pour sa part demandé au tribunal correctionnel de Nantes de condamner le premier des deux prévenus, un « brave père de famille sans casier judiciaire », à seize mois de prison avec sursis. Il en avait demandé quatorze pour le jeune de Savenay.

Le tribunal correctionnel de Nantes a rendu son jugement ce jeudi 20 mars 2025 : les deux supporters ont finalement été condamnés à quatorze mois de prison avec sursis simple, ainsi qu’à une peine complémentaire d’interdiction de paraître dans une enceinte sportive pendant trois ans.

La constitution de partie civile du FC Nantes a été reçue mais le club a été débouté de sa demande indemnitaire, « compte tenu des défaillances et des dysfonctionnements » qui avaient eu lieu « le jour du match ».

Ils devront aussi verser plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts au quadragénaire et aux membres de sa famille parties civiles.

Agence PressPepper



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