Home Faits Divers 18 mois de prison ferme pour son conjoint violent

18 mois de prison ferme pour son conjoint violent

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Un homme de 41 ans avait à répondre lundi 3 février 2025 de deux séries de faits de violences sur sa compagne à leur domicile à Livarot-Pays-d’Auge (Calvados) : le 26 juillet et le 6 décembre 2024. Le tribunal a prononcé la jonction des deux procédures.

En détention provisoire

D’une gravité extrême, le deuxième épisode de violence s’est déroulé durant un délai d’épreuves qui se terminait 6 jours plus tard. Il a valu au quadragénaire d’être placé en détention provisoire 2 jours après les faits, puis présenté au tribunal 2 mois plus tard dans le cadre d’une comparution à délai différé.

Vendredi 6 décembre 2024, les gendarmes de la brigade d’Orbec interviennent une fois de plus au domicile du couple, connu pour ses disputes depuis son installation à Livarot-Pays-d’Auge en novembre 2023.

30 jours d’ITT sous réserve

Ils sont reçus par la fille de la compagne du prévenu. C’est elle qui les a appelés de chez elle vers 8 h 30 après avoir reçu un appel inquiétant de sa mère. Très fortement alcoolisée, elle lui a dit que son conjoint venait de lui sectionner un doigt avec un Opinel au cours d’une altercation.

Dans l’appartement en désordre, les militaires découvrent un bout de doigt ensanglanté posé sur le sol. Il s’agit de la troisième phalange de l’index droit de la mère de famille. Outre la mutilation de sa phalange, elle souffre d’une fracture du nez et d’hématomes à un œil et dans le dos et présente des stigmates de coups sur l’ensemble du corps, dont certains paraissent anciens. Le médecin légiste qui l’a examinée lui a délivré une ITT de 30 jours, sous réserve de constatations ultérieures.

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Soumis à un test d’alcoolémie, l’homme présente à taux de 2,66 g plus d’une heure après son interpellation. Sa compagne, qui avait elle-même 4 g d’alcool, dira aux gendarmes ne pas avoir de souvenir de la scène dont elle aurait été à l’origine. Elle a le vague souvenir d’une insulte, d’un crachat au visage et d’une gifle. « Après, tout est parti en cacahuètes dans la salle », résume-t-elle.

 » Blocage sur l’Opinel « 

Sa fracture du nez et ses ecchymoses seraient, selon elle, accidentelles. Concernant l’allusion à un couteau avec lequel son conjoint lui aurait coupé le doigt, elle dit avoir fait un « blocage sur l’Opinel » et parle d’une morsure. Si elle reste très confuse dans ses explications, elle dit être certaine de ne pas l’avoir « perdu » dans la porte.

C’est pourtant l’explication que martèlera le prévenu tout au long de l’audience. Après leur altercation sur le canapé, il dit s’être réfugié dans la chambre puis avoir poussé le lit contre la porte pour l’empêcher d’entrer.

Lorsqu’elle a réussi à l’entrebâiller, il aurait porté un violent coup de pied pour la refermer, sans voir qu’elle avait engagé sa main entre la porte et le montant. Il ne saura expliquer comment les autres doigts ne présentaient aucune trace de pincement.

Cette version des faits est mise à mal par l’examen médical auquel la plaignante a été soumise. Dans son rapport, l’expert a conclu que les lésions ont été « vraisemblablement » causées par un mécanisme tranchant – tel qu’une arme blanche ou une morsure – et qu’il est « très peu probable » qu’elles résultent d’un écrasement entre une porte et son chambranle.

« Le sang aurait giclé »

« Nous sommes en présence de violences réciproques dans un couple d’alcooliques. » Pour l’avocate du mis en cause, la seule certitude dans ce dossier est que personne ne sait ce qui s’est réellement passé. Balayant de la main l’hypothèse de l’usage d’un Opinel – retrouvé propre dans un tiroir – et celle de la morsure « où le sang aurait giclé », Me Sandra Mercier imagine la scène d’une morsure :

« Il aurait eu le bout de doigts dans la bouche et aurait été maculé de sang. S’il était cannibale, on aurait demandé une expertise psychiatrique. »

L’avocate du prévenu

Selon l’avocate, il ne reste que la thèse du doigt coupé par la porte : « Les experts ont dit que ce n’était pas courant, mais que ce n’était pas impossible. »

Second dossier

Le second dossier, qui était en attente d’une orientation pénale, concerne également des violences sur la mère de famille. Le 26 juillet vers 20 heures, ce sont les voisins qui ont requis les gendarmes pour intervenir chez ces voisins bruyants qui s’invectivaient plus fort que d’habitude.

La femme qui présentait des traces de coups de différentes couleurs évoquant des scènes de violences anciennes avait eu 1 jour d’ITT.

Maintien en détention

Titulaire d’un casier judiciaire fourni de 13 condamnations – dont plusieurs pour violences -, le prévenu est condamné à 2 ans de prison dont 8 mois assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans. Le tribunal ordonne la révocation à hauteur de 2 mois du sursis probatoire prononcé le 11 août 2022 par le président du tribunal de Lisieux, avec incarcération immédiate.

Il devra suivre des soins psychologiques et en lien avec son addiction. Le tribunal ordonne une expertise médicale de la plaignante. Il a l’interdiction de contact et de paraître à son domicile pendant 2 ans avec exécution provisoire et devra lui verser 800 € au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale. L’affaire est renvoyée sur intérêt civil au 19 septembre 2025.



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